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mardi 10 septembre 2019

Under Siege 2 - Dark Territory de Geoff Murphy (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆



''Le chemin le plus court pour se faire baiser...'' dixit Marcus Penn, l'un des salopards de ces nouvelles aventures de Casey Ryback. L'homme de toutes les situations, l'ancien Navy SEAL désormais à la retraite et qui désormais travaille comme chef-cuisinier au Mile High Cafe de Denver. Cette fois-ci, c'est à bord d'un train que l'on retrouve celui qui déjoua trois ans auparavant les projets d'un certain William Strannix. Accompagné de sa nièce Sarah (l'actrice Katherine Heigl) dont le père est récemment décédé, Casey va une fois encore faire montre de ses capacités en matière d'arts martiaux, d'emploi d'armes à feu et d'utilisation d'objets d'usage courant à des fins d'explosifs (McGyver aurait-il trouvé en Ryback un fils spirituel?). On quitte ici le décor de l'USS Missouri pour le cadre beaucoup plus restreint d'un train à bord duquel ont embarqué une vingtaine de mercenaires menés par le génie de l'informatique Travis Dane qui avant d'être viré fut employé au ministère de la défense américaine. Ivre de vengeance, il a emporté avec lui tout un appareillage informatique lui permettant de prendre le contrôle du satellite "Grazer One" qui a la particularité de posséder un puissant laser qu'il a bien l'intention de mettre à profit afin de récolter les un milliard de dollars que lui proposent des terroristes du Moyen-Orient si jamais il accepte de faire disparaître la Côte Est des États-Unis. Malheureusement, il y a un hic : Casey Ryback n'a pas l'intention de le laisser faire...

Steven Seagal revient dans la peau de l'ancien Navy SEAL et cuistot trois ans après l'important succès de Under Siege premier du nom à l'époque réalisé par le cinéaste Andrew Davis. Cette fois-ci, c'est au tour de Geoff Murphy de diriger l'acteur dans un contexte similaire mais dans un environnement laissant place à des situations permettant à notre héros d’exploiter davantage encore ses exceptionnelles facultés d'ancien soldat. Désormais, ce n'est plus accompagné par une femme mais d'un porteur de bagage incarné par l'acteur Morris Chestnut qu'il va tout mettre en œuvre afin de ''désarmer'' la vingtaine de mercenaires qui ont pris le contrôle du train. Si l'on retrouve une nouvelle fois un Steven Seagal charismatique, force est de reconnaître que Under Siege 2 - Dark Territory (Piège à Grande Vitesse) est bien moins intense que le premier volet des aventures de Casey Ryback qui n'iront pas au delà de ce second chapitre.

Et pourtant, face à lui, une très belle brochette de sales gueules, de pourris comme le cinéma d'action en génère régulièrement et à la tête desquels nous retrouvons l'acteur américain d'origine arménienne Eric Bogosian qui débuta pratiquement sa carrière au cinéma auprès du réalisateur culte Larry Cohen. À ses côtés, l'immense Everett McGill que l'on pu notamment découvrir dans la géniale série télévisée de David Lynch Mystères à Twin Peaks en 1990, ou dans Le Sous-Sol de la Peur de Wes Craven l'année suivante. Autres présences notables, celle de l'acteur Peter Green en mercenaire, interprète principal du traumatisant Clean, Shaven de Lodge Kerrigan en 1993 ou de Kurtwood Smith, le très antipathique Clarence Boddicker du classique de la science-fiction signée Paul Verhoeven en 1987, Robocop. Bénéficiant d'un budget estimé à soixante millions de dollars (le double de l'épisode précédent), Under Siege 2 - Dark Territory s'avère finalement un peu décevant au regard du premier long-métrage mettant en vedette Casey Ryback. Les séquences d'actions y sont pourtant nombreuses mais le film ne possède pas l'aura et surtout n'a sans doute pas les ambitions de Under Siege malgré l'argent qu'il a coûté à la production. Une semi déception qui tire malgré tout son épingle du jeu grâce à la présence ''froide'' et insensible d'Everett McGill, au charme de Katherine Heigl, et à la ''tenue'' toujours impeccable de Steven Seagal...

lundi 15 octobre 2018

Cycle Stephen King : Silver Bullet de Daniel Attas (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆



Confié aux bons soins du réalisateur américain Daniel Attias, Silver Bullet, sorti chez nous sous le titre quel que peu pompeux de Peur Bleue, est le dixième long-métrage cinéma inspiré d'une œuvre de l'écrivain Stephen King à sortir sur les écrans de cinéma. Unique long-métrage d'un auteur qui consacrera le reste de sa carrière à la petite lucarne (devenue, depuis, plate et beaucoup plus large). Pour sa seule incartade dans les salles, Daniel Attas s'attaque au roman Cycle of the Werewolf (L'Année du Loup-Garou) qui lui, est déjà à proprement parler, d'une certaine faiblesse. Difficile donc d'introduire des personnages au cinéma à partir d'une matière première relativement peu concluante. Pourtant, nanti d'un budget fort honorable pour l'époque (sept millions de dollars en 1985), Silver Bullet ne mérite sans doute pas la piètre réputation qui le précède. Au contraire, même si l'intrigue se traîne et que la promesse d'une peur bleue promise dans la langue de Molière se fait durement attendre, il y a certainement de bonnes choses à extraire de ce film de loup-garou qui ne risquait pas de faire de l'ombre aux classiques du genre que furent (et demeurent) An American Werewolf in London de John Landis et The Howling de Joe Dante, tous deux sortis la même année, quatre ans auparavant.

Silver Bullet met en scène Marty Coslaw, un gamin paraplégique qui va se retrouver au cœur d'une intrigue tournant autour d'une série de meurtres que la plupart des habitants de Tarker's Mill dans le Maine mettent sur le compte d'un tueur fou. Stephen King et les enfants, ça n'est ici, pas une première. En effet, depuis ses débuts d'écrivain, il n'a jamais cessé de leur offrir les plus beaux rôles, quitte à les mettre en danger et leur offrir parfois un sort peu enviable (comme le prouvent notamment ses romans écrits sous le pseudonyme de Richard Bachman). Incarné par Corey Haim, Marty va cependant mettre un temps insupportable avant de se rendre compte de l'origine du mal. Car oui, Silver Bullet a tendance à traîner de la patte. Un meurtre par ci, un autre par là. L'erreur cruciale dont l'absence aurait sans doute permis au long-métrage de préserver un certain suspens quant à l'origine des meurtres horribles disséminés au compte-goutte est d'avoir choisi l'option de révéler très rapidement l'apparence de la créature. Un point de vue qui désamorce donc toutes les séquences durant lesquelles les habitants de Tarker's Mill se demandent qui donc peut bien s'être rendu responsable de telles atrocités. Du moins, Daniel Attas conserve-t-il tout de même le secret quant à celui (ou celle) qui la nuit venue, se transforme en un horrible loup-garou, se rendant responsable notamment d'une jolie décapitation en début de projection. Finalement assez avare en matière d'hémoglobine et peu (ou pas) effrayant, Silver Bullet repose surtout sur la touchante complicité entre le jeune héros et son oncle Red campé ici par l'acteur Gary Busey. Au fil de l'intrigue nous retrouvons quelques figures du cinéma d'épouvante que les amateurs prendront, à défaut d'autre chose, plaisir à retrouver dans des rôles antérieurs à ceux qui les firent connaître dans nos contrées.

A ce titre, on retrouve dans le rôle du révérend Lowe, l'acteur Everett McGill qui interpréta le rôle d'Ed Hurley dans l'excellente série de David Lynch Twin Peaks au début des années quatre-vingt dix ou celui de « papa » dans The People Under the Stairs de Wes Craven en 1991. Autre figure de l'épouvante et du fantastique, l'acteur d'origine irlandaise Terry O'Quinn, dont le sinistre personnage éponyme du Beau-Père de Joseph Ruben est demeuré dans toutes les mémoires, tout comme celui qu'il incarna pour le petit écran dans l'excellente série Lost entre 2004 et 2010. Redécouvrir Silver Bullet, c'est constater que le film n'a rien perdu de ses qualités et de ses défauts et qu'il reste cependant très agréable à regarder. Un film pourtant mineur dans la longue liste des longs-métrages inspirés de l’œuvre écrite de Stephen King...

mardi 10 avril 2018

Section VHS : Le Sous-Sol de la Peur de Wes Craven (1991) - ★★★★★★★☆☆☆



Allez, on réinstalle le 'six têtes de lecture', on rebranche le câble péritel, on passe du numérique à l'analogique et du format dvd au format vhs. Terminé le ré-encodage en Haute Définition, bienvenue aux bandes magnétiques qui à force de lectures se sont pris des balafres autrement plus impressionnantes que celle d'Al 'Scarface' Capone. On commence le marathon avec Le Sous-Sol de la Peur de Wes Craven. Ce génie du shocker qui nous avait asséné coup sur coup en début de carrière deux longs-métrages cultissimes intitulés La Dernière Maison sur la Gauche et La Colline a des Yeux revenait en 1991 avec un douzième longs-métrages plein de promesses. Certains critiques s'étaient même risqués à l'époque d'évoquer Massacre à la Tronçonneuse comme point de comparaison. Après les excellents Griffes de la Nuit et L'emprise des Ténèbres (entourés d'autres films plus ou moins réussis) et avant le désastre artistique connu sous le nom de Scream (ainsi que ses suites), L'un des maîtres es films d'horreur allait pondre l'une de ses plus jouissives productions avec ce The People Under The Stairs (dans sa version originale). Tout commence d'abord par une musique assez navrante rappelant les actioners incarnés par Monsieur Alain Delon en personne dans les années quatre-vingt. Du saxophone alors que le petit black du récit monte les étages d'un immeuble sordide grouillant de pauvres ères, dans lequel il vit avec sa (très jolie) sœur et leur maman, très malade, cela sonne comme une mauvaise partition. Comme la plupart des airs composés par Don Peake et Graeme Revell, d'ailleurs. C'est là qu'intervient Leroy, le copain, soit-disant, de Ruby (la sœur en question), une petite frappe qui aimerait bien s'approprier la fortune que cache dans sa demeure le couple propriétaire de l'infâme ghetto dans lequel vit notamment Dexter, le petit black en question, et les siens.

Tout l'intérêt de ce Sous-Sol de la Peur repose alors dans ce qui va suivre. Cambriolant la demeure du couple se faisant appeler Papa et Maman, Dexter (surnommé Tou Fou) va découvrir enfermés dans les murs de la belle (surtout de l'extérieur) et grande demeure, des gamins affamés par un couple qui s'avère en fait, totalement barge. La chasse à l'homme peut alors commencer, d'autant plus que le gamin et Leroy ne s'attendaient pas non plus à ce que la baraque soit farcie de pièges. Alors que Leroy va très vite passer de vie à trépas, Tout Fou, aidé par deux des nombreux gamins qu'ont enlevé Papa et Maman, va tenter de fuir ce lieu de perdition...

Wouaw ! Wes Craven se sert dans le vivier des personnages tous aussi timbrés les uns que les autres de l'excellente série de David Lynch Twin Peaks pour en extraire les acteurs Everett McGill et Wendy Robie qui y formaient déjà le couple Hurley. En exploitant leur incroyable physique, Wes Craven fait de ces propriétaires racistes deux des plus beaux spécimens de boggeymen du septième art. Toute la folie retenue des Hurley de la série de David Lynch s'exprime enfin à travers ce nouveau couple incestueux kidnappant des enfants (parce que maman rêve depuis toujours d'en avoir). De l'extérieur, la maison demeure (!) anodine, mais à l'intérieur, en effet, on pourrait presque la comparer à celle de la famille Tronçonneuse du classique de Tobe Hooper. Everett McGill et Wendy Robie sont carrément épatants. Les deux acteurs ne ménagent pas leurs efforts et l'on a souvent droit à des scènes totalement ahurissantes en terme d'interprétation. N'oublions pas le jeune Brandon Adams qui dans le rôle du courageux et malin Dexter assure le spectacle face à l'un des couples de malades les plus gravement atteints de la matière grise. Les moments d'anthologie sont nombreux, mais on retiendra sans doute surtout l'accoutrement que porte Everett McGill lorsqu'il se lance à la poursuite des gosses dans la demeure. A ce titre, la maison servant de décor au film peut être envisagée comme un personnage à part entière. La jeune Alice incarnée par l'actrice A. J. Langer renvoie quant à elle étonnamment aux gamines chantant la fameuse berceuse entendue dans les différents épisodes de la saga mettant en vedette le célèbre brûlé Freddy Krugger (le génial Robert Englund). Si Le Sous-Sol de la Peur ne fiche pas véritablement la trouille tout en demeurant à certains moment anxiogène (???), on retiendra parmi les nombreuses scènes de course-poursuite dans la demeure, celle durant laquelle Papa éviscère Leroy dans la cave. Une scène particulièrement glauque durant laquelle on découvre notamment que le couple de frère et sœur se livrent au cannibalisme. Le final démentiel lui-même est sans doute demeuré dans la mémoire de ceux qui ont découvert le film à l'époque. L’œuvre de Wes Craven demeure comme un excellent souvenir qui n'a finalement pas trop mal vieilli. Un long-métrage qui n'économise pas son énergie et offre un spectacle macabre finalement pas si éloigné de certains faits-divers qui défraient parfois la chronique américaine...
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