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mardi 20 mai 2025

Ted Bundy : American Boogeyman de Daniel Farrands (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

À moins d'avoir été en premier lieu passionnés par leur métier, la plupart des chanteurs et des acteurs se rêvent d'être stars. Beaucoup de tueurs en série également. Si Ted Bundy était encore en vie, on peut supposer qu'il serait bien moins fier des œuvres télévisuelles ou cinématographiques qui lui lui furent consacrées que des nombreux assassinats de jeunes femmes qu'il commis durant son abominable carrière de Serial Killer. Né le 24 novembre 1946 et grillé sur la chaise électrique de la prison d'État de Floride, le 24 janvier 1989, cet ancien étudiant en droit, plutôt bel homme, sera reconnu coupable d'avoir tué plusieurs dizaines de femmes, certains évoquant même la possibilité qu'il ait atteint le vertigineux nombre de cent victimes. Un cas pareil ne pouvait évidemment pas laisser indifférents les différents médias. Entre fictions et documentaires, le cinéma, la télévision et les plate-formes de streaming se sont emparés de ce véritable phénomène à travers des créations aux valeurs artistiques et techniques plus ou moins importantes. En 1995, les criminologues en herbe purent en outre découvrir dans l'un des ouvrages de la série de magazines intitulés Affaires criminelles, Enquêtes sur les grands crimes de notre temps de Christophe Lagrange, un numéro consacré à ce tueur sous le titre ''Ted Bundy, tueur de collégiennes''. En 2019, la plate-forme Netflix proposa l'excellent documentaire Conversations with a Killer: The Ted Bundy Tapes. Côté fiction, ça n'est pas franchement la panacée. Et même si les faits commis par Ted Bundy ont inspiré nombre de réalisateurs et scénaristes, peu sont ceux qui réussirent à mettre en scène des œuvres passionnantes. Et pourtant, il en existe au moins deux, dont les approches sont diamétralement opposées, mais dont les qualités sont comparables. Pour trouver la première, il faut remonter jusqu'en 1986, année durant laquelle est diffusé l'excellent téléfilm The Deliberate Stranger de Marvin J. Chomsky. Une adaptation du roman écrit par le journaliste du Seattle Times Richard W. Larsen au tout début des années quatre-vingt et qui demeure relativement fidèle aux événements qui se produisirent entre le 1er février 1974 et le 9 février 1978. Sur grand écran, l'on retiendra principalement le superbe No Man of God d'Amber Sealey en 2021, lequel relate la rencontre entre le tueur (incarné par Luke Kirby) et l'ancien analyste du FBI Bill Hagmaier (Elijah Wood) qui fut notamment l'un des cinq premiers agents à intégrer la fameuse Behavior Analysis Unit (BAU) chargée d'étudier le comportement criminel. Maintenant, revenons au film qui nous intéresse ici.


Friand de criminalité, le réalisateur Daniel Farrands a tout d'abord consacré sa carrière de metteur en scène à divers documentaires retraçant quelques grandes franchises du cinéma d'horreur telles que Vendredi 13 ou Scream. Il a ensuite réalisé en 2018 son premier véritable long-métrage intitulé The Amityville Murders. Un volet plutôt honorable de la franchise Amityville au vu des nombreuses purges qui pour la plupart la constituent. Puis dès 2019, Daniel Farrands s'intéresse à d'authentiques cas de meurtriers en réalisant des fictions autour du meurtre de Sharon Tate, de Nicole Brown Simpson, jusqu'à proposer en 2021, deux portraits très librement inspirés des crimes commis par Aileen Wuornos ainsi que ceux de Ted Bundy à travers Ted Bundy : American Boogeyman... Il va falloir se faire très rapidement à l'idée que ce long-métrage inspiré de faits réels prend de grandes libertés avec le fait-divers. Romancé à outrance, Ted Bundy : American Boogeyman aborde le sujet à travers un montage chaotique qui ne permet pas toujours de situer les lieux et les dates relatives aux événements. En outre, Daniel Farrands iconise son tueur ici incarné par Chad Michael Murray lors d'un court entretien entre un psychiatre et l'héroïne du récit, l'agent Kathleen Mchesney (Holland Roden). Le spécialiste explique ainsi que Ted Bundy est non seulement un homme extrêmement dangereux mais qu'il serait également capable de devenir invisible. Un concept inattendu que le spectateur prendra forcément sous sa forme allégorique avant que le fait ne puisse être vérifié lors du massacre final. Absurde ! Ted Bundy : American Boogeyman pue la production bas de gamme. Le téléfilm fauché. Si Chad Michael Murray est plutôt bel homme (comme l'était d'ailleurs Ted Bundy), le charisme de son personnage est ici réduit à une peau de chagrin. Jamais l'acteur ne parvient à nous impressionner. Quant à la mise en scène, elle demeure d'une monotonie absolue. Même les quelques saillies de violence ne parviennent pas à rendre l'horreur des actes commis à l'époque par le tueur en série. Le long-métrage bénéficie en outre d'une reconstitution des années soixante-dix relativement piteuse qui ne permet par de s'immerger dans le contexte de l'époque. Bref, mieux vaut se pencher sur les quelques exemples cités plus haut que sur ce médiocre (télé)film...

 

vendredi 16 juin 2023

Left Behind de Vic Armstrong (2014) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Peut-être suis-je en manque de vitamines B ou de sommeil ? Ou bien ai-je pris un coup de vieux ? Pire : il se peut même que je sois devenu gâteux... C'est en tout cas la question que je me pose à l'issue de cette projection qui d'emblée aurait dû me pousser à m'assoupir, puis m'endormir pour un long, très long sommeil. À rejeter son contenu digne des pires DTV ou téléfilms des familles qui pullulent en milieu d'après-midi sur le réseau hertzien et le câble. D'une suavité qui confine à l’écœurement, lisse comme la peau d'un tout jeune enfant, l'âme aussi pure que l'eau des glaciers islandais ou religieusement pieux, Left Behind de Vic Armstrong a de quoi filer des boutons aux athées et autres agnostiques. S'infliger un truc pareil, ça peut être comme de forcer un vampire à bouffer un aïoli maison ou offrir une gourmette en argent à un loup-garou ! À la question : Suis-je un bon chrétien ou un mécréant, il existe ici deux manières de tester sa foi ou son rejet de la croyance envers Dieu. Voir Left Behind en version originale ou doublé dans notre langue. Si déjà, vous supportez l'idée de le suivre avec les voix originales des interprètes, tentez donc ensuite de le découvrir en français. Car la seconde, d'une mièvrerie sans nom, pousse irrémédiablement à se pencher sur la première. Une véritable atteinte à l'intégralité mentale de celles et ceux qui continuent d'apprécier Nicolas Cage, même lorsqu'il ose se compromettre dans d'infâmes bandes vidéos mises directement sur le marché par la voie du DTV. Bon, mais qu'est-ce que ça raconte ? Et quels sont les éléments qui permettent d'affirmer que le long-métrage de Vic Armstrong n'est qu'une vaste fumisterie propre à faire trépigner de joie les seuls bigots pullulant sur le territoire américain ? Son synopsis : les coutumiers de l’œuvre du romancier Stephen King n'étant pas nés de la dernière pluie, le film possède de base cette même saveur que le récit s'inscrivant au cœur de la nouvelle Les langoliers publiée en 1990 dans le recueil Four Past Midnight. À l'époque, Stephen King imagine un vol entre Los Angeles et Boston lors duquel, une grande majorité des passagers disparaissaient, laissant derrière eux, vêtements, perruques, dentiers et tout autre objets étant étrangers à toute forme de constitution organique. Une dizaine de ''survivants'' découvraient alors estomaqués, qu'un phénomène d'origine inconnue avait, entre autres ''petits'' détails, effacé une grande partie de l'humanité de la surface de notre planète...


Ici, les ambitions sont similaires. Alors que Chloe Steele (l'actrice Cassi Thomson) promène son jeune frère Raymie (Major Dodson) dans un centre commercial, voici qu'un phénomène apparemment similaire s'y produit à l'échelle mondiale, touchant principalement les enfants, mais pas que... Dans les airs, son père Rayford (Nicolas Cage, rasé de très près) est aux commandes d'un avion de ligne à bord duquel une partie des passagers ne sera pas épargnée. L'ambition du projet n'intervenant qu'après une succession de séquences d'une navrante naïveté, l'effet de surprise meure dans l’œuf dès les premiers instants. On sent bien que même si le réalisateur tente de nous immerger au cœur d'un fléau planétaire, la chose sera traitée sur un ton tout sauf mobilisateur. Plus que l'étrange phénomène, c'est bien Dieu, la foi, les croyances et certains écrits qui sont au centre de ce salmigondis d'inepties que prétendent de fidèles ''lecteurs'' de la Bible. On ne touche pas à Dieu ni à ses brebis. Même lorsque le seul musulman du récit intervient afin de calmer les esprits, celui-ci (Alec Rayme dans le rôle de Hassid) annihile toute mauvaise pensée qui pourrait s'interposer entre ces bons chrétiens auxquels le Seigneur assignera la lourde charge de disparaître des écrans-radars et cet homme dont la foi resta sans doute longtemps renégate dans l'esprit du peuple américain (les événements du 11 septembre 2001). Left Behind pousse ses ouailles à la rédemption. Mais sous sa forme, le sujet prend des airs ironiques. Les enfants dont l'innocence n'est visiblement plus à prouver et les fidèles de certaines lectures saintes sont les premiers à ''bouffer'' du cataclysme puisque disparaissant tandis que les autres, pécheurs de toutes natures, restent piégés d'un monde dont le coup de semonce qui les a séparé des leurs apparaît comme le premier d'une longue série. C'est à croire que le long-métrage était envisagé comme le pilote d'une future série morte après seulement une première tentative. Paroissiens, paroissiennes, rassurez-vous, tout se termine bien. L'avion ne s'écrasera pas, aidé au sol par une Chloe étonnamment clairvoyante. C'est cul-cul la praline à souhait, interprété avec la fadeur du tofu et aussi méprisant qu'un acte d'indifférence commis à l'encontre d'un individu. Pourquoi ? Parce que si après vous être coltiné les près de deux heures que dure Left Behind vous espérez avoir une explication franche sur les événements, vous pouvez d'ors et déjà vous fourrer le doigt dans l’œil !!!

 

vendredi 2 décembre 2022

La maison de cire (House of Wax) de Jaume Collet-Serra (2005) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Réalisé par l'espagnol Jaume Collet-Serra auquel l'on devra notamment les années suivantes Esther en 2009, The Passenger en 2018 ou dernièrement Black Adam, La maison de cire (House of Wax) est son premier long-métrage. Une œuvre inspirée de L'homme au masque de cire d'André de Toth datant de 1953 puisqu'il semble en être le remake officiel. Principalement interprété à l'origine par Vincent Price, la version 2005 met en scène un groupe de jeunes adultes (ou d'adolescents proches de la ''maturité'' ?) traversant une région paumée des États-Unis (ce que l'on a coutume de nommer chez nous sous le nom de trou du cul du monde !) dans l'espoir de rejoindre le site d'un match de football américain. Le temps passant plus vite qu'il n'y paraît, Carly (l'actrice Elisha Cuthbert), son frère jumeau Nick (Chad Michael Murray) et leurs amis s'arrêtent un soir sur un terrain afin d'y passer la nuit. Dans la soirée, une camionnette s'arrête aux abords du champ avant de repartir comme elle était arrivée. Le lendemain matin, au moment de reprendre la route, Wade, le compagnon de Carly (l'acteur Jared Padalecki), constate que la courroie du ventilateur de son véhicule a disparue. Alors que le groupe fait la rencontre d'un étrange habitant du coin lors de circonstances particulièrement troublantes, ce dernier propose à Wade de l'emmener jusqu'à la ville voisine afin de s'y procurer une courroie de rechange. Insistant pour accompagner son petit ami, Carly monte dans le véhicule du type en question aux côtés de Wade tandis que les autres membres du groupe partent rejoindre les lieux du match de football. Bien que le samaritain s'avère d'un comportement douteux, Carly et Wade arrivent à bon port dans la ville d'Ambrose, laquelle semble abandonnée. Le propriétaire du seul garage du patelin étant absent, le couple décide de visiter la ville. Ils font la visite d'une étrange demeure entièrement construite en cire et à l'intérieur de laquelle des dizaines de mannequins fabriqués dans cette même matière sont exposés. C'est à l'église où a lieu une cérémonie d'enterrement qu'il rencontrent ensuite Bo, le propriétaire du garage...


La maison de cire est de ces petits films d'horreur au scénario relativement ambitieux qui demeurent dans les mémoires. Bien qu'il s'agisse officiellement du remake de l’œuvre signée d'André de Toth plus d'un demi-siècle en arrière, le spectateur se rendra rapidement compte que le film de Jaume Collet-Serra est aussi et surtout fait de cette même matière qui fit de Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, La colline a des yeux de Wes Craven, de son remake signé du français Alkexandra Aja l''année de sortie de La maison de cire ou de la franchise Détour mortel d'authentiques bandes horrifiques mettant en scène d'effrayants représentants de l'(in)humanité. Une œuvre bicéphale qui reprend le concept de l'âge d'or de l'épouvante britannique des années cinquante et de ses créatures fantastiques ici hybridé avec celles beaucoup plus réalistes et violentes du cinéma américain des années soixante-dix. Si le contraste entre l'un et l'autre est saisissant, les deux se fondent cependant admirablement pour nous proposer un spectacle aussi attrayant que réellement flippant ! Parmi les points positifs à retenir de La maison de cire, son tueur. Ou plutôt, ses tueurs. Au nombre de deux. Et surtout, celui-là même qui se trouve au cœur de cet édifice entièrement constitué de cire. Du sol au plafond. Même l'immense escalier menant au premier étage. Et puis, il y a ces sous-sols que n'aurait sans doute pas renié un certain Freddy Krugger. Sorte de fonderie où l'un des frangins cinglés du récit prépare ses victimes pour de futures et très macabres expositions. Si le long-métrage de Jaume Collet-Serra cultive nécessairement des rapports avec les films cités plus hauts, les meurtres sont en revanche très originaux. Voire même parfois éprouvants comme cette horrible séquence lors de laquelle l'un des jeunes est fixé à tout un tas d'attirails métalliques avant d'être aspergé à l'aide de cire bouillante. Et puis, bien sûr, il y a ce final apocalyptique dont je ne révélerai pas la teneur. Un spectacle hors du commun, visuellement bluffant, qui clôt de la plus belle manière une œuvre parvenant sans mal à atteindre son but. Horrifier les spectateurs et créer un boogeyman d'un genre nouveau. Un artiste dérangé, au passé douloureux mais créatif et dont l'attitude rappellera parfois un certain Leatherface... à noter que la toute fin laisser présager d'une séquelle mais depuis, rien de nouveau sous le plombant soleil d'Ambrose...

 

jeudi 17 février 2022

Fortress (Sécurité maximale) de James Cullen Bressack (2021) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'on sait que derrière Fortress (Sécurité maximale) se cache l'auteur de Survive the Game, véritable purge sortie l'an passé, il y a de quoi se faire du mouron. Quand en plus l'on apprend qu'y sont présents en vedettes Bruce Willis et Chad Michael Murray qui pour la troisième fois sont réunis ensemble, c'est sûr, ce dernier projet que les trois hommes partagent ensemble a de fortes chances pour être du niveau des précédents. Bruce Willis... cette ancienne star du cinéma d'action qui ressemble de plus en plus à vieillard en maison de retraite à force de passer son temps assis sur des chaises pour n'ouvrir la bouche que ponctuellement. Dans ce nouveau film d'action dans lequel il retrouve également l'acteur Jesse Metcalfe un an après l'avoir croisé sur le tournage de Hard Kill de Matt Eskandari, Bruce Willis incarne le rôle de Robert, un ancien agent des renseignements coulant des jours heureux dans une zone de villégiature protégée par une enceinte inviolable. C'est là qu'au bout de quelques années il reçoit la visite de son fils Paul qui a besoin d'une importante somme d'argent pour faire tourner sa toute nouvelle entreprise. Malheureusement pour le père et le fils, c'est aussi le moment qu'a choisi un certain Balzary et sa bande de mercenaires pour débarquer afin de récupérer plusieurs millions de dollars que Robert lui avait dérobé il y a longtemps... D'une simplicité enfantine, le scénario de Fortress (écrit par Alan Horsnail sur une idée d'Emile Hirsch et Randall Emmett) ne rassure malheureusement pas sur le sort accordé à celui qui incarna le héro de la franchise Die Hard et qui depuis une bonne dizaine d'années maintenant n'est plus qu'une caricature de lui-même. Bruce Willis a certes pris un coup de vieux mais vue l'allure du bonhomme, on ne s'attendait tout de même à ce qu'il soit traité comme une vieille relique tout juste capable d'aligner quelques lignes de dialogue assis le plus clair du temps sur une chaise. Une attitude qu'ont malheureusement l'habitude de prendre avec lui des réalisateurs comptant sans doute sur son ancienne popularité pour engranger du billet vert...


Rien de nouveau sous l'horizon puisque Fortress est ''digne'' des quelques exemples cités plus haut et auxquels on ajoutera au hasard les immondes Anti Life, Cosmic Sin ou Apex sortis l'année dernière. Alors qu'une dizaine de longs-métrages ayant pour vedette Bruce Willis ont déjà été finalisés ou sont déjà en post-production, sachez que malgré ses piètres qualités, deux séquelles de Fortress sont déjà prévues au programme. Pourtant, lorsque l'on voit le résultat du premier volet de cette trilogie à l'écran, on se dit qu'il y en a qui ont de l'argent à jeter par les fenêtres. Pour un film d'action, le long-métrage de James Cullen Bressack est terriblement bavard. Des lignes de dialogue interminables opposant les différents interprètes masculins dont un Chad Michael Murray absolument pathétique. L'acteur en fait des caisses, surjoue systématiquement et termine de tourner son personnage en ridicule. Autant dire que l'inquiétant antagoniste du film se mue immédiatement en caricature absurde qui a surtout tendance à faire sourire. Et ce, dans le meilleur des cas puisqu'au final, la nervosité du spectateur s'expliquera surtout à travers l'interprétation pleine de ''manières'' de Chad Michael Murray qui a plutôt tendance à s'avérer agaçant. La touche féminine est assurée par Kelly Greyson, Katalina Viteri ainsi que Shannen Doherty, la Brenda de la série culte Beverly Hills entre 1990 et 1994. Visuellement, Fortress est souvent d'une laideur et d'un minimalisme peu communs et son directeur de la photographie Bryan Koss semble surtout s'être inspiré de l'esthétique générale du jeu vidéo Mirror's Edge développé par le studio suédois DICE il y a maintenant quinze ans. Étant donné que deux suites sont prévues, cette première partie nous assène un final en queue de poisson contraignant les plus courageux à patienter jusqu'au second volet intitulé Fortress: Sniper's Eye qui ne devrait plus tarder à voir le jour. Mais la question reste posée : qui après la découverte de cette nouvelle purge interprétée par Bruce Willis et réalisée par James Cullen Bressack aura le courage de patienter jusqu'à la sortie de Fortress: Sniper's Eye... ?

 

samedi 7 août 2021

Survive the Night de Matt Eskandari (2020) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Survivre, la vengeance ne dort jamais... J'en ai vu des titres français débiles, mais là, qu'est-ce que ça peut être con...! Et pourquoi pas '''Les petits pois ou les enceintes de ma chaîne hi-fi ne dorment jamais'' ? On a réussi à faire plus stupide chez nous qu'au Québec, pays de Charlebois, de Tell ou de Dufresne, mais aussi pays des titres qui ne veulent rien dire mais qui pour une fois est resté raisonnable en traduisant Survive the Night de Matt Eskandari par Jusqu'à l'aube. En même temps, tant que le film ne s’intitule pas Die Hard 14 : une belle journée pour se faire chier devant un navet, on s'en fiche. D'autant plus qu'il y a belle lurette que l'on n'attend plus grand chose de sa vedette Bruce Willis, cette ancienne star du cinéma d'action qui se plante aujourd'hui au beau milieu de ses films, aussi inerte et inexpressif qu'un mannequin d'exposition. Il a bien raison l'ancien redresseur de torts, le John McClane des trois premiers volets de la saga Die Hard dont nous étions tous fans il y a trente-cinq ans ou presque et sur laquelle nous nous ruons ponctuellement histoire de ne pas oublier que Bruce Willis fut l'un des plus grands dans sa catégorie. Bien raison en effet de sauter sur tout ce qui bouge et d'accepter tous les rôles qu'on lui propose. Car comme le disait il y a longtemps un certain philosophe connu sous le nom de Jean-Claude Dusse : ''oublie qu't'as aucune chance (de retrouver, ici en l'occurrence, l'époque de la grandeur), vas-y fonce!'' Et c'est ce que semble avoir décidé de faire Bruce Willis. Plus d'une vingtaine de longs-métrages rien que pour ces cinq dernières années et forcément, quelques pépites destinées à égayer les soirées des amateurs de nanars.


Out of Death de Mike Burns, Breach de John (pas de) Suits (dans les idées....humpf!) ou Troma Center de Matt Eskandari, vous les avez vu ? Moi, oui ! Et j'peux vous dire que ça envoie du lourd question navets ! Survive the Night ne peut donc être pire que ces quelques exemples. En tout cas, c'est ce que nous allons voir... Bon, pour commencer, je sais, faut pas dire de mal sur le physique des interprètes. Déjà que pour son âge (soixante-six ans!), je rêverais de lui ressembler même avec dix-sept ans de moins que lui. Mais bon, z'êtes sûr que Survive the Night a bien été réalisé en 2020 et pas en 2030 ? Parce que d'entrée de jeu, Bruce Willis semble avoir pris un sérieux coup de vieux. À ce titre, je tiens à remercier les maquilleuses et l'éclairagiste de nous consoler en nous faisant profiter du visage constellé de rides de la star. Le temps passe, même pour les vedettes de cinéma ! Autant se rassurer tout de suite. Pas de risque d'être victime d'un choc anaphylactique vu que le contraste entre Survive the Night et les purges habituelles dans lesquelles se fourvoie Bruce Willis est insignifiant. La production n'ayant apparemment pas payé sa note d'électricité, le film est plongé dans une certaine opacité qui empêche de suivre confortablement le récit. Et par une chaude et lumineuse journée d'été, quel dommage que de devoir fermer tous les volets. Car à moins d'être nyctalope comme le tarsier, vous allez pleurer du sang les amis.


Ensuite, concernant le récit, c'est du vu à peu près partout ailleurs sur notre planète et en particulier, chez Bruce Willis puisqu'en 2005, le réalisateur français Florent Siri l'avait déjà embarqué dans une aventure similaire intitulée Otages d'un bien meilleur cru. Là, on a droit à rien de plus rien de moins que l'équivalent d'un thriller télévisuel, accompagné d'une bande-son efficace mais impersonnelle et d'une mise en scène très souvent catatonique. C'est pas nul, mais merde ce que ça peut être parfois mou. Deux lascars (Tyler Jon Olson et Shea Buckner dans les rôles de Mathias et Jamie) braquent une station-service Mais les choses tournent mal lorsque le pompiste blesse à la cuisse l'un des deux voyous. Après s'être rendus aux urgences, Jamie décide de suivre un médecin en fin de service jusque chez lui afin de le contraindre d'opérer son frangin. Commence alors une nuit de cauchemar pour Rich (Chad Michael Murray), son épouse Jan (Lydia Hull), leur fille ainsi que son père Frank qu'incarne donc Bruce Willis. Rien de particulier à retenir de ce Survive the Night à part qu'il s'avère moins bon que la moyenne du genre même si la poudre et les coups y parlent un peu. Mais sans doute aussi moins discutable que les trois exemples cités plus haut. Ce qui laisse une marge assez large d’appréciation. Enfin, et ce sera là, la seule bonne nouvelle (quoique) : le doubleur français Patrick Poivey qui doubla l'acteur américain dans la plupart de ses plus grands succès y est également au rendez-vous. Et ce pour la dernière fois de sa carrière puisqu'il nous quittera malheureusement le 16 juin de la même année...

 

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