N'ayant rien de
particulier à faire de ses journées depuis les trois dernières
années, l'ancien coureur moto Philippe Darland (Thierry Lhermite)
accepte d'aider son oncle en occupant un poste de détective privé
dans son agence. Un soir, en se rendant chez Elisabeth Leroy
(incarnée par la très jolie Véronique Jannot), il apprend que sa
sœur Valérie (Annabelle Mouloudji, la fille du célèbre chanteur
Marcel Mouloudji) a disparu depuis trois mois. En enquêtant dans un
bar, Darland apprend que la jeune femme est sans doute liée à une
histoire de drogue et de prostitution. Lors d'un interrogatoire mené
dans l'appartement d'une prostituée, l'homme est sévèrement battu
par trois proxénètes qui ensuite le droguent à la cocaïne et le
laissent pour mort. Se réfugiant chez Elisabeth avec laquelle il a
débuté une relation qui dépasse de loin le cadre du détective et
de celle qui l'a employé, Darland fait une promesse : aller
jusqu'au bout de son enquête. Pour Elisabeth, pour sa sœur et pour
lui... Petit polar non influent sorti au beau milieu des années
quatre-vingt, L'été meurtrier
de Michael Schock dont il s'agira du second des trois seuls
longs-métrages cinématographiques qu'il tournera durant sa carrière
de réalisateur, scénariste et acteur n'est effectivement pas de
ceux dont on se souvient généralement en premier lorsque l'on
évoque le polar ''à la française'', un genre qui pullula en nombre
plus ou moins important dans les années quatre-vingt et qui donna
naissance à quelques références notables, tel Tchao
Pantin
de Claude Berri, La balance
de Bob Swaim, Rue Barbare
de Gilles Béhat, L'addition
de Denis Amar et, excusez du peu, du géniallissime Mort
un dimanche de pluie
de Joël Santoni qui confinait même dans sa dernière partie au film
d'horreur... Pour Un été d'enfer
dont le script du réalisateur ainsi que du scénariste Claude de
Givray s'inspire du roman Thriller
de Jean-Pierre Thomacini, Michael Schock convie donc un acteur qui à
l'époque a surtout pour habitude de nager dans des eaux beaucoup
moins troubles puisque Thierry Lhermitte a alors en effet davantage
pour habitude d'interpréter des rôles comiques avec ou sans ses
potes de la Troupe du Splendid. Davantage mais pas systématiquement
puisque avant cela, il était tout de même apparu dans Légitime
Violence
et L'indic de
Serge Leroy en 1982 et 1983...
À
ses côtés, la magnifique Véronique Jannot dont la carrière sur
grand écran débuta en 1979 avec French
Postcards
de Willard Huyck dans lequel elle interpréta le petit rôle de Malsy
avant son premier grand rôle dans Le
Toubib
de Pierre Granier-Deferre aux côtés d'Alain Delon. Mais l'essentiel
de sa carrière, Véronique Jannot l'effectuera sur le petit écran,
à travers de nombreux téléfilms et séries télévisées dont
l'une des plus mémorables reste bien évidemment Pause
Café
de Serge Leroy en 1981 et sa suite Joëlle
Mazart de
Jean-Claude Charnay l'année suivante (on oubliera rapidement le
retour de l'assistante sociale en 1989 dans la très dispensable
troisième saison intitulée Pause-café
pause-tendresse
une fois de plus réalisée par Serge Leroy). Côté cinéma, l'on
notera sa petite participation dans l'excellent ''vigilante'' Tir
groupé
de Jean-Claude Missiaen dans lequel elle disparait après seulement
quelques minutes mais revient régulièrement à travers divers
flashbacks après avoir été agressée puis assassinée par trois
loubards que son compagnon incarné par Gérard Lanvin traquera afin
de les éliminer! Dans Un
été d'enfer
elle incarne donc Elisabeth Leroy, jeune femme séduisante mais
anéantie par la disparition de sa petite sœur. Ce qui ne
l'empêchera pas d'entretenir une relation avec Philippe Darland. Du
côté des personnages notables, pensons à l'acteur espagnol Joaquín
Hinojosa qui incarne Kurant, un photographe suivant de très près
mais dans l'ombre le détective mais aussi et surtout Daniel Duval
qui dans le rôle du commissaire Turielle incarne un flic corrompu
jusqu'à la moelle. Autant dire qu'il ne faut absolument pas compter
sur son soutien pour retrouver la jeune Valérie ! Sans être un
désastre, Un été
d'enfer
reste relativement mineur dans le genre. Accompagné par la musique
parfois sirupeuse de François Valéry, le film est malgré tout doté
des charmes non négligeables de Véronique Jannot mais aussi de
quelques rares séquences plutôt intéressantes. Comme l'agression
particulièrement violente de Philippe Darland par trois crapules à
la gueule incroyable ou l'une des dernières séquences durant
laquelle le détective règle de manière explosive ses comptes avec
Turielle...



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