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dimanche 18 octobre 2026

L'Ordre et la Sécurité du monde de Claude d'Anna (1978) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Derrière le rigorisme et l'austérité de son titre, L'Ordre et la Sécurité du monde du réalisateur et scénariste français Claude d'Anna cache effectivement un sujet sous-jacent relativement complexe à détailler sous sa forme purement politique et financière mais le cinéaste, fort heureusement, nous épargne les détails les plus laborieux à déchiffrer pour le commun des mortels pour mieux se concentrer sur l'étonnante rencontre qui a lieu entre Hélène Lehman interprétée par l'actrice Marie-France Bonin qui sous son habituel pseudonyme de Laure Deschanel apparaîtra deux ans plus tard en 1980 dans le film érotique de David Hamilton, Tendres cousines et un journaliste. Ici, elle incarne l'épouse d'un homme riche qu'elle trompe avec un amant qu'elle a prévu de rejoindre à Zurich. Dans le train qui l'emmène de Paris jusqu'en Suisse, elle fait par hasard la rencontre du journaliste Lucas Richter qu'incarne le toujours impeccable Bruno Cremer. Détenant un dossier compromettant dont l'existence doit servir à faire plier une multinationale américaine afin qu'un adversaire obtienne d'importantes parts dans un marché concurrentiel, lui aussi se rend à Zurich afin d'y rencontrer certaines personnes. Partageant le même compartiment, lors du contrôle de leur passeport par un douanier, ceux-ci sont intervertis et Hélène se retrouve avec celui de Lucas. La jeune femme ne s'en rend compte qu'une fois arrivée à l'hôtel et cherche à joindre le journaliste qu'elle sait devoir reprendre tout comme elle le train vers la France le soir-même. Téléphonant chez Lucas afin d'avoir des informations sur le lieu hypothétique de son rendez-vous à Zurich, elle se rend devant son hôtel et patiente. Jusqu'à ce qu'un américain relativement inquiétant n'exige d'elle qu'elle lui remettre le passeport de Lucas. Ce qu'Hélène, bien entendu, refuse...


Produit par Dedalus Productions, Le Seuil Audiovisuel et FR3 Cinéma, L'Ordre et la Sécurité du monde met en scène des interprètes d'origines diverses. Outre les français Bruno Kremer, Marie-France Bonin ainsi que Michel Bouquet qui de son côté incarne le banquier Muller et Pierre Santini celui de Martial Kauffer, l'on retrouve l'italien Gabriele Ferzetti dans le rôle de Herzog, un personnage appartenant à certains réseaux de pouvoir et autres sphères financières. Autre acteur international, l'américain Dennis Hooper qui ici incarne le mystérieux Medford, l'homme qui retrouva Hélène devant l'hôtel de Lucas et exigea d'elle le passeport du journaliste. L'on découvre bientôt qu'il est armé. Il s'agirait donc sans doute d'un assassin chargé de récupérer les documents qu'a en sa possession Lucas. Dennis Hooper incarne donc un personnage relativement menaçant qui ne cesse de traquer nos deux héros, jusqu'à même prendre place dans le wagon qui les ramène ensuite en France. L'occasion d'assister plus tard à une course-poursuite entre le journaliste et lui avec à la clé, une mort plutôt saisissante ! Notons enfin la présence de l'acteur britannique Donald Pleasence qui lorsque à l'époque n'est pas en train de traquer l'un des plus fameux tueurs masqués dans la série de films originaux de la franchise Halloween interprète donc ici l'un des éléments essentiels d'un réseau d'espionnage. Pourtant, malgré l'importance du personnage, l'acteur est malheureusement sous employé et n'apparaît que de manière très sporadique à l'image. Œuvre relativement austère comme le définissent assez bien le titre et le contexte du récit, L'Ordre et la Sécurité du monde se divise en diverses étapes entrecoupées d'interventions extérieures au séquences consacrées au duo principal. Débutant et se concluant pratiquement sur des scènes tournées à bord de trains reléguant Paris à Zurich et vice versa, le film propose au programme un climat lourd et ascétique ce qui ne l'empêche pas malgré tout d'être plutôt divertissant. Une œuvre majoritairement tournée à Zurich, de nuit, pour une imprégnation totale de son atmosphère nocturne particulièrement marquante. Surtout lorsque le personnage d'Hélène se retrouve seule ou poursuivie par Medford, déambulant dans une cité enluminée et pourtant très anxiogène. Une ambiance lourde notamment accentuée par la bande originale composée par Claude Nougaro et Maurice Vander. Une œuvre méconnue, atmosphérique, sombre et ma foi, très intéressante à (re)découvrir... 

 

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