Difficile, parfois, de s'y retrouver parmi la quinzaine d'adaptations
cinématographiques qui tournent autour du roman de l'écrivain
japonais Koji Suzuki, Ringu. Entre le premier long-métrage,
un téléfilm datant de 1995 qui contredit ce que j'écrivais dans le
précédent article consacré à Ring Virus
et dans lequel j'affirmais que le premier film était celui que
réalisa Hideo Nakata en 1998 et ses nombreuses variantes commes
celle de George Iida intitulée Spiral
(Rasen)
la même année ou celles qui donneront beaucoup plus tard leur nom à
l'héroïne maléfique de la saga comme par exemple Sadako
3D
en 2012, il est parfois compliqué en effet de ne pas se mélanger
les pinceaux. Comme son nom l'indique, Sadako 3D
2
est la suite du précédent volet de la franchise. Toujours réalisé
par Tsutomu Hanabusa, cette séquelle permet de retrouver à l'écran
l'actrice Satomi
Ishihara qui tout comme dans le précédent long-métrage interprète
le rôle d'Akane Ayukawa. À la différence où cette fois-ci
celle-ci n'incarne plus l'héroïne du récit puisqu'elle apparaitra
de manière sporadique car désormais, Akane est officiellement
reconnue comme étant décédée. La jeune femme a laissé derrière
elle une petite fille prénommée Nagi (Kokoro Hirasawa) qu'elle a eu
avec Takanori Andō (toujours interprété par l'acteur (Kōji Seto)
et dont s'occupe désormais sa tante Fūko Andō (Miori Takimoto) qui
n'est autre que la sœur de Takanori. La technologie ayant évoluée
depuis la fin des années quatre-vingt dix, la transmission de la
malédiction propre à la célèbre franchise de J-Horror a abandonné
la cassette-vidéo alors déjà très obsolète il y a près de
trente ans pour se propager à travers les téléphones cellulaires
et les ordinateurs portables.... D'un côté, les indécrottables
fans de la saga écriront que Sadako
3D 2
est une franche réussite tandis que ceux qui ne font que passer par
là exprimeront leur désaccord en affirmant que ce nouveau reboot de
la franchise s'avère bien inutile. Et puis, demeurent ceux qui, en
toute raison, essaient d'expliquer ce qui va et ce qui dérange dans
cette œuvre dont on peut objectivement reconnaître qu'elle
n'apporte pas grand chose, avec ses twists ridicules et inappropriés.
Comme l'une des quelques révélations qui prétend que la jeune Nagi
ne serait pas la fille d'Akane mais celle de la démoniaque Sadako
Yamamura ! Ouais, ok, pourquoi pas ?
Mais
lorsque l'on ose nous dire qu'Akane est toujours bien vivante et
qu'elle a été écartée de tout contact avec celle que l'on prenait
jusqu'ici pour sa fille afin d'éviter que Sadako ne ressurgisse, il
est fort probable que soit l'on nous prenne pour des idiots, soit les
scénaristes Daisuke Hosaka et Noriaki Sugihara aient oublié en
cours de route qu'avant cette révélation, divers événements
surnaturels ont eu lieu durant le récit. Parce que si vraiment
écarter de tout contact Nagi de sa mère avait dû préserver
quiconque de toute menace, d'où viennent alors toutes ces victimes
qui vont périr dès que la gamine exprimera la moindre contrariété ?
Comparé au Ringu
réalisé par Hideo Nakata en 1998, ce Sadako
3D 2
mis en scène par Tsutomu Hanabusa fait malheureusement pâle
figure. Surtout pour une œuvre qui se veut être un retour aux
sources (biaisées) redéfinissant une saga où plusieurs des
éléments essentiels sont purement et simplement ignorés. L'on a
même parfois l'impression que les scénaristes et le réalisateur se
sont davantage inspirés de l'excellent Exte
(Ekusute)
que réalisa Sion Sono six ans auparavant que du roman, des comics ou
des précédentes adaptations cinématographiques de Ringu.
Visuellement, rien de remarquable si ce n'est qu'aucun effort
particulier n'a été effectué du côté de la photographie. C'est
plat et à la limite du DTV
même si de ce point de vue là, la géniale série en douze épisodes
Rasen
de Yoshihiro Kitayama réalisée en 1999 prouve qu'on peut mettre de
côté l'aspect visuel d'une œuvre pour se concentrer sur un
scénario vraiment solide. Très répétitif, le film vaut surtout
pour la présence à l'écran de la très jeune Kokoro Hirasawa qui
étonnamment incarne une Nagi supposément diabolique plutôt
convaincante ou pour le raz de marée sanglant lorsque notre héroïne
et sa nièce sont emportées par un flot de sang avant d'être
engloutie dans un océan par contre visuellement raté. Des
effets-spéciaux en majorités peu crédibles conçus avec les moyens
du bord. Ce qui n'empêchera pas la franchise de se poursuivre en
2016 puisque le réalisateur Kōji Shiraishi prendra à son tour la
relève avec Sadako vs.
Kayako
(Sadako bāsasu Kayako)
dont nous parlerons très prochainement...

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