Habitué du cinéma d'horreur, le réalisateur,scénariste et
producteur américain originaire du Texas Bryan Bertino signa
notamment la série de longs-métrages The Strangers
ainsi que le très sympathique The Monster
en 2016. Quatre ans plus tard, en 2020, il réalise
The Dark and the Wicked
qui chez nous peut se traduit sous le titre ''Les
ténèbres et le maléfique''.
Une ''appellation'' qui certes colle relativement bien avec le
contenu du récit mais qui ne se réduit pas qu'au simple contexte
des différents éléments d'une famille confrontés à une entité
tenace et particulièrement invasive... The
Dark and the Wicked
met prioritairement en scène Louise et son frère Michael
qu'interprètent respectivement Marin Ireland et Michael Abbott Jr.
Une petite fratrie dont les deux seuls représentants vivent chacun
de leur côté jusqu'à ce moment très précis où ils apprennent
que leur père (Michael Zagst) est très gravement malade. Rejoignant
la ferme familiale isolée que leur géniteur partage avec leur mère
(Julie Oliver-Touchstone) et donc l'époux de ce dernier, Louise et
Michael constatent rapidement que quelque chose ne tourne pas rond.
Leur mère leur indique notamment entendre des voix qui
n'appartiennent pas à son mari. Déjà pas mal terrifiée par
l'angoissante situation, un soir celle-ci se coupe plusieurs doigts
en cuisinant avant d'aller se pendre dans la grange de la propriété.
Découverte décédée le lendemain par ses deux enfants, ceux-ci
prennent la décision de rester sur place afin de s'occuper de leur
père alité dans sa chambre, sous respirateur et apparemment
incapable de bouger ou de simplement s'exprimer. Les événements
s'enchaînent alors sur un rythme pas vraiment endiablé, Michael
hésitant à quitter les lieux tandis que sa sœur reste campée sur
sa position en décidant de demeurer sur place...
Le
sujet principal du récit, la famille. Au centre de laquelle la
culpabilité s'installe. Face à la maladie de leur père contre
laquelle ses deux enfants ne peuvent rien, une entité développe son
emprise sur chacun des membres de la famille. Et le ''suicide'' de la
mère telle qu'est conçue son décès ne mettra pas un terme au jeu
macabre que se livrera ce démon venu hanté les nuits de Louise et
de Michael. Plutôt que d'opter pour une vision visuellement très
explicite du Mal, Bryan Bertino préfère conserver une certaine part
de mystère s'agissant de ce qui rôde autour et dans la demeure
familiale. Quelle sont ses origines ? Quel est son but premier ?
Et même, plus simplement, qui est-elle ? Un choix qui permet de
douter dans un premier temps quand à la réalité de cette créature
tapie dans l'ombre et qui n'est majoritairement visible qu'à travers
le regard ou le comportement des protagonistes. Poussant parfois le
spectateur à se poser des questions quant à sa réelle existence.
En inscrivant l'intrigue dans un contexte géographique isolé et
donc à l'écart de toute source pouvant éventuellement apporter de
l'aide à Louise et à son frère, Bryan Bertino augmente le
potentiel d'angoisse du long-métrage. Une source d'inquiétude
supplémentaire qu'il aura d'ailleurs déjà notamment exploité avec
brio lors du tournage de The
Monster.
En dehors de quelques Jumpscares plutôt efficaces, le cinéaste
préfère l'attente à l'action ininterrompue. Signifiant pour le
spectateur, une œuvre au rythme souvent lancinant, lymphatique et à
certains endroits, relativement ennuyeuse. D'une noirceur quasi
généralisée et donc d'un pessimisme qui confine souvent au
nihilisme, The Dark and
the Wicked
''réinvente'' presque les concepts de Home-Invasion et de possession
sans jamais nous donner les clés de son intrigue. D'autant plus
qu'en terme de conclusion, rien ne nous indiquera les motivations et
les origines réelles de l'entité, nous laissant quelque peu sur
notre faim. Un film qui repose davantage sur son étouffante
atmosphère que sur son sujet. Sympa, sans plus...
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