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dimanche 6 septembre 2026

Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion (1982) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Trois ans avant d'incarner le professeur de lettres Frédéric Game dans la comédie de Patrick Schulmann P.R.O.F.S, l'acteur, compositeur et interprète Patrick Bruel se plaçait de l'autre côté de la barrière en interprétant dans Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion l'un des élèves d'une grande école privée de gestion dont les médiocres résultats n'eurent rien à envier à ceux obtenus par ceux du cours privé Louis XIV des Sous-doués réalisé cinq ans auparavant par Claude Zidi. L'intrigue ne situe pas ici son action dans une classe d'école courante mais dans un amphithéâtre sous lequel certains des élèves ont aménagé un salon qui leur permet de tricher aux examens et de passer du bon temps. Ne se concentrant pas uniquement sur leurs études mais aussi et surtout sur leurs nombreux loisirs qu'ils auto-alimentent au grand désarroi du directeur, Marcel (Michel Galabru) et de la psychologue de l'établissement, Dominique (Marie Laforêt), Philippe (Patrick Bruel), Michel (Patrice Minet), Robert (Philippe Manesse) et leurs camarades de classe n'en font qu'à leur tête. Bien qu'étant antérieur aux Sous-doués, cet ancêtre de l'une des plus populaires comédies françaises s'inscrivant dans le contexte de l'enseignement lui est éminemment inférieur. Car si Claude Zidi signa une œuvre qui elle-même ne peut être jugée autrement que comme une bouffonnerie certes parfois très amusante mis surtout devenue culte au fil des années, Les Diplômés du dernier rang n'en est qu'un pâle brouillon, où les gags s'enchaînent à un rythme soutenu tout en ne faisant mouche qu'en de très rares occasions ! La comédie de Christian Gion est donc plus proche d'une nanardise telle que Le bahut va craquer que Michel Nerval tourna en 1981 que du très appréciable P.R.O.F.S dans lequel Patrick Schulmann mettait les professeurs en avant ou du sympathique Diabolo menthe que réalisa Diane Kurys la décennie précédente, en 1977...


Dans la grande tradition des comédies franchouillardes mettant en scène leurs personnages dans des situations particulièrement ubuesques, Les Diplômés du dernier rang ne se départit d'une certaine absurdité, comme lorsque l'on découvre pour la première fois la pièce aménagée sous l'amphithéâtre et où les élèves bronzent, allongés sur des transats ou lorsque certains d'entre eux créent une société du nom de TALC (pour Tarte A La Crème) afin de s'adonner au même ''loisir'' que l'entarteur belge Noël Godin qui vient tout juste de nous quitter à l'âge de quatre-vingt ans... Les comédies de l'époque se passant très souvent le relais, Les Diplômés du dernier rang s'inscrit très exactement entre les comédies des Charlots qui très souvent et à une allure métronomique se jouaient de certaines institutions comme l'armée (ici représentée par Charles Gérard dans le rôle d'un colonel de l'Armée de Terre) et celle qui bien après celle-ci remettront en scène certaines figures du genre comme Michel Galabru qui en 1985 interprétera le rôle du commissaire de police Grasset ! Le réalisateur ET scénariste reprenant peu ou prou le même concept que Michel Lang à l'époque d'À nous les petites Anglaises en transportant les élèves de son école privée en Angleterre où ceux-ci vont devoir participer à un match de Rugby organisé par une équipe anglaise. Mise en scène et scénario étant relativement bordéliques, Les Diplômés du dernier rang ressemble davantage à une succession de sketches souvent mièvres qui permettent pourtant et étonnamment de découvrir au détour de quelques séquences des interprètes que l'on ne s'attendait certainement pas à voir dans ce genre de film. On pense bien évidemment en priorité à l'actrice britannique Catriona MacColl dans le rôle de Lucy, une anglaise qui accueille chez elle nos élèves, jusque dans son lit, et qui avant de se perdre dans cette navrante comédie fut tout de même l'héroïne principale de la Trilogie de la Mort de l'italien Lucio Fulci (Frayeurs, L'au-delà et La maison près du cimetière), trois œuvre extrêmement gores et morbides, ainsi que l'une des plus importantes protagonistes de l'angoissante série télévisée française de science-fiction, Noires sont les galaxies en 1981. Au final, Les Diplômés du dernier rang s'avère assez pathétique et l'on conseillera à celles et ceux qui ne connaissent toujours pas les quelques exemples comparatifs cités plus haut de se tourner d''abord vers ceux-ci plutôt que vers la comédie de Christian Gion...

 

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