Trois ans avant d'incarner le professeur de lettres Frédéric Game
dans la comédie de Patrick Schulmann P.R.O.F.S,
l'acteur, compositeur et interprète Patrick Bruel se plaçait de
l'autre côté de la barrière en interprétant dans Les
Diplômés du dernier rang
de Christian Gion l'un des élèves d'une grande école privée de
gestion dont les médiocres résultats n'eurent rien à envier à
ceux obtenus par ceux du cours privé Louis XIV des Sous-doués
réalisé cinq ans auparavant par Claude Zidi. L'intrigue ne situe
pas ici son action dans une classe d'école courante mais dans un
amphithéâtre sous lequel certains des élèves ont aménagé un
salon qui leur permet de tricher aux examens et de passer du bon
temps. Ne se concentrant pas uniquement sur leurs études mais aussi
et surtout sur leurs nombreux loisirs qu'ils auto-alimentent au grand
désarroi du directeur, Marcel (Michel Galabru) et de la psychologue
de l'établissement, Dominique (Marie Laforêt), Philippe (Patrick
Bruel), Michel (Patrice Minet), Robert (Philippe Manesse) et leurs
camarades de classe n'en font qu'à leur tête. Bien qu'étant
antérieur aux Sous-doués,
cet ancêtre de l'une des plus populaires comédies françaises
s'inscrivant dans le contexte de l'enseignement lui est éminemment inférieur. Car si Claude Zidi signa une œuvre qui elle-même ne
peut être jugée autrement que comme une bouffonnerie certes parfois
très amusante mis surtout devenue culte au fil des années, Les
Diplômés du dernier rang n'en
est qu'un pâle brouillon, où les gags s'enchaînent à un rythme
soutenu tout en ne faisant mouche qu'en de très rares occasions !
La comédie de Christian Gion est donc plus proche d'une nanardise
telle que Le bahut va craquer
que Michel Nerval tourna en 1981 que du très appréciable P.R.O.F.S
dans lequel Patrick Schulmann mettait les professeurs en avant ou du
sympathique Diabolo menthe
que réalisa Diane Kurys la décennie précédente, en 1977...
Dans
la grande tradition des comédies franchouillardes mettant en scène
leurs personnages dans des situations particulièrement ubuesques,
Les Diplômés du dernier rang
ne se départit d'une certaine absurdité, comme lorsque l'on
découvre pour la première fois la pièce aménagée sous
l'amphithéâtre et où les élèves bronzent, allongés sur des
transats ou lorsque certains d'entre eux créent une société du nom
de TALC
(pour Tarte A La Crème) afin de s'adonner au même ''loisir'' que
l'entarteur belge Noël Godin qui vient tout juste de nous quitter à
l'âge de quatre-vingt ans... Les comédies de l'époque se passant
très souvent le relais, Les Diplômés du
dernier rang s'inscrit
très exactement entre les comédies des Charlots qui très souvent
et à une allure métronomique se jouaient de certaines institutions
comme l'armée (ici représentée par Charles Gérard dans le rôle
d'un colonel de l'Armée de Terre) et celle qui bien après celle-ci
remettront en scène certaines figures du genre comme Michel Galabru
qui en 1985 interprétera le rôle du commissaire de police Grasset !
Le réalisateur ET scénariste reprenant peu ou prou le même concept
que Michel Lang à l'époque d'À nous les
petites Anglaises
en transportant les élèves de son école privée en Angleterre où
ceux-ci vont devoir participer à un match de Rugby organisé par une
équipe anglaise. Mise en scène et scénario étant relativement
bordéliques, Les Diplômés du dernier rang
ressemble davantage à une succession de sketches souvent mièvres
qui permettent pourtant et étonnamment de découvrir au détour de
quelques séquences des interprètes que l'on ne s'attendait
certainement pas à voir dans ce genre de film. On pense bien
évidemment en priorité à l'actrice britannique Catriona
MacColl dans le rôle de Lucy, une anglaise qui accueille chez elle
nos élèves, jusque dans son lit, et qui avant de se perdre dans
cette navrante comédie fut tout de même l'héroïne principale de
la Trilogie
de la Mort
de l'italien Lucio Fulci (Frayeurs,
L'au-delà
et La maison près du
cimetière),
trois œuvre extrêmement gores et morbides, ainsi que l'une des plus
importantes protagonistes de l'angoissante série télévisée
française de science-fiction, Noires
sont les galaxies
en 1981. Au final, Les
Diplômés du dernier rang s'avère
assez pathétique et l'on conseillera à celles et ceux qui ne
connaissent toujours pas les quelques exemples comparatifs cités
plus haut de se tourner d''abord vers ceux-ci plutôt que vers la
comédie de Christian Gion...
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