Cette fois-ci, ça n'est
pas sur la recommandation d'un ami (depuis renié pour m'avoir fait
perdre plus d'une heure trente de mon temps devant Que justice
soit faite)
mais sur celle de l'un de ces jeunes vidéastes (influenceurs ?) qui
s'amusent à compiler par thèmes bien précis certains courants
cinématographiques comme l'horreur avec, à la clé, la promesse
d'une expérience relativement intense. Et une fois encore, berné
par cette petite voix qui ne cesse de me répéter que je n'ai pas
ressenti de réel effroi devant un film depuis de nombreuses années
et que je devrais par conséquent me laisser tenter, j'ai plongé !
Mais comment ne pas tomber dans le piège d'un script qui à
l'origine peut effectivement éveiller une certaine envie de
découvrir quelque chose de nouveau ? Quelque chose de neuf,
d'innovant et pourquoi pas, oui, de réellement angoissant ?
Imaginer qu'une jeune femme victime d'effrayants phénomènes puisse
découvrir par exemple l'existence d'un frère jumeau mort à sa
naissance. Que le script du réalisateur et scénariste David S.
Goyer puisse ensuite évoquer occultisme et trauma de la seconde
guerre mondiale à travers les propos d'une vieille dame qui n'est
autre que la grand-mère de l'héroïne. Que certains des dits
phénomènes renvoient dans leur physionomie crépusculaire à
certains éléments propres à la mythologie Silent
Hill.
Que la jeune femme soit alors poursuivie par une entité maléfique
qui la traque et qu'avec l'aide d'un rabbin celle-ci cherche à
définitivement s'en débarrasser. Casey Beldon (l'actrice Odette
Annable) se lance dans une enquête familiale qui la rapprochera
toujours plus de la terrible vérité qui l'englobe elle, sa famille
et des expérience occultes menées par les nazis. On pense alors aux
travaux notamment menés par Heinrich Himmler et plusieurs
responsables de la SS qui tous se penchèrent sur d'anciennes
traditions nordiques, sur le mysticisme germanique et pire,
s'intéressèrent à l’ésotérisme et aux théories raciales. Une
pseudo-science visant comme on le sait à créer une population de
pure race germanique. Dans le cas de Unborn,
le concept demeure pourtant relativement flou et renvoie même
parfois aux horreurs pratiquées par un Josef Mengele de triste
mémoire. Mais tout ceci, aussi passionnant que puisse être ce
mélange détonnant entre idéologie nazie et satanisme ne servent
qu'à justifier un propos qui trouve rapidement ses limites.
L'ajout
de ce gamin dont l'allure supposément effrayante n'est que la énième
itération de l'Enfance Diabolique chère au cinéma d'épouvante.
Alors que le genre s'empare depuis toujours des mythes, des cultures
et des croyances religieuses du monde entier tout en connaissant une
forte recrudescence dans ce domaine depuis une bonne grosse dizaine
ou vingtaine d'années, Unborn
s'emmêle les pinceaux en étirant son concept sans jamais produire
l'effet escompté. Malgré l'originalité du scénario, l'on est très
vite sûr d'une chose : Le long-métrage de David S. Goyer
n'apporte aucune eau au moulin de l'épouvante malgré des visions
qui parfois, il faut l'avouer, s'avèrent plutôt efficaces. Pas de
quoi cependant se laisser glisser sous les draps au terme de la
projection jusqu'à ce que la nuit passe et que le jour se lève.
Usant de tous les subterfuges vus, connus et rebattus du cinéma
d'horreur consistant à placer aux bons moments des jumpscares qui
feront peut-être sursauter les plus sensibles, Unborn
apparaît presque immédiatement comme le film ringard que l'on ne
pouvait cependant pas pressentir à la lecture du scénario. D'autant
plus que l'on espérait à travers la présence de Gary Oldman dans
le rôle du rabbin Sendak que le film soit un tant soit peu
convaincant. Au crédit du réalisateur et des concepteurs des
effets-spéciaux numériques nous concéderont que certains plans
révèlent un vertigineux potentiel. De ces murs qui se dégradent
pour libérer des hordes d'insectes jusqu'à ces quelques séquences
qui mettent en scène humains et animaux la tête complètement
renversée nous pouvions là encore espérer le miracle se voir
accomplir. Et pourtant, Unborn
n'est au final qu'un énième petit film d'horreur inefficace que
l'on oubliera très rapidement...
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