Après avoir évalué les dégâts de manière je l'espère, tout à
fait respectueuse tout en compressant mon muscle du plancher pelvien
pour ne pas me pisser dessus de rire concernant la pathétique
projection de Que justice soit faite
de F. Gary Gray, il fallait bien un petit reshoot de Taken
premier du nom signé en 2008 par le réalisateur et directeur de la
photographie français Pierre Morel pour réévaluer l'état de santé
du thriller de la fin des années 2000. Preuve que ça n'est pas
systématiquement dans les vieux pots que l'on fait la meilleure
confiture puisque l'un et l'autre ne sont séparés que d'une année
seulement. Quatre ans après le dystopique Banlieue
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qui donnait une image à l'époque peu glorieuse de notre société
et qui pourtant de nos jours lui ressemble de plus en plus, Pierre
Morel signait donc en 2008 un petit film d'action qui sous couvert
d'avoir été notamment produit par Luc Besson reste encore
aujourd'hui comme l'un des plus efficaces thrillers dans lequel le
cinéaste français eu la bonne idée de mettre des billes. Autour de
plusieurs sociétés de production qui comme elles celle de Luc
Besson a choisi de faire confiance au projet, c'est donc bien par
l'entremise d'Europacorp
que l'auteur du Grand bleu,
de Subway,
du Cinquième élément
ou du pitoyable Valérian et la Cité des mille
planètes
et producteur de Haute tension
d'Alexandre Aja, Danny the Dog
de Louis Leterrier ou la série des Taxi
a investi dans ce thriller nerveux littéralement habité par un Liam
Neeson ultra-charismatique. Dans le rôle de Bryan Mills, un ancien
agent secret américain, l'acteur promet à celui qui vient d'enlever
sa fille qui venait tout juste de débarquer à Paris avec sa
meilleure amie de le chercher, de le trouver et de le tuer !
Protecteur au point d'étouffer la charmante Kim (Maggie Grace), sa
fille donc, Bryan possède des compétences et des relations qui vont
lui permettre de remonter jusqu'à la source. Un réseau de trafic
sexuel qui agit notamment sur le territoire français. Pour le père
de l'adolescente, c'est tout d'abord le choc. Mais pas de temps à
perdre puisque l'un de ses anciens partenaires lui prédit que si
dans les quatre-vingt seize heures il n'a pas retrouvé sa fille, il
ne la reverra jamais... Dans le rôle de l'ex-épouse du héros,
l'actrice et mannequin néerlandaise Famke
Janssen que l'on connaît notamment pour son rôle de Jean Grey dans
la franchise X-Men.
Elle
interprète dans Taken
l'exact opposé de son ex. acceptant de donner toujours plus de
liberté à leur fille, le long-métrage oppose donc tout d'abord
deux attitudes. Un aspect qui sera rapidement relégué au second
plan puisque l'essentiel de l'histoire est donc moins dans la
description d'une cellule familiale éclatée que dans le récit
d'une course contre la montre d'un père remontant un réseau
criminel par étapes. Ici, pas de chichis. Les morts se comptent par
dizaines pour le plaisir des amateurs de gunhfights et de combats au
corps à corps mais aussi pour un public beaucoup plus large tant
Pierre Morel parvient à produire une œuvre dynamique interprétée
en outre par un Liam Neeson qui en impose tout d'abord par sa stature
d'un mètre quatre-vingt treize et ensuite par ses prouesses
physiques directement issues de l’entraînement qu'il suivit
scrupuleusement auprès de l'ancien soldat du SAS Mick Gould qui lui
inculqua le combat à mains nues et l'usage de différentes armes.
Pierre Morel a surtout compris qu'il fallait faire avancer l'intrigue
par échelon et ne surtout pas trop en donner au spectateur dès le
début. Ne serait-ce qu'en matière de combat au corps à corps, il
ne faut pas s'attendre à des contacts physiques qui perdurent dans
le temps et ça n'est que lors de l'assaut final à bord du yacht
d'un richissime homme d'affaire arabe incarné par Nabil Massad
opposant Bryan au chef de la sécurité Ali (Jalil Naciri) que l'on
assistera à un duel qui vaut bien la plupart des scènes d'action
visibles dans les film d'origines philippine, coréenne ou encore
thaïlandaise... Taken
brosse le portrait de bons gros méchants qui passeront tous pour
notre bonheur à la casserole. À commencer par l'albanais Marko
Hoxha (Arben Bajraktaraj) qui kidnappa Kim, le directeur adjoint de
la DST Jean-Claude Pitrel interprété par le français Olivier
Rabourdin, sans oublier celui qui organise la vente des jeunes femmes
à de richissimes individus, Patrice Saint-Clair qu'incarne quant à
lui le franco-britannique Gérard Watkins. Bref, Taken
assume complètement son statut de thriller simple et sans prise de
tête. De l'action, des combats, une pluie de balles pour un très
jouissif défouloir...
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