Après l'échec
commercial de sa comédie policière Les Vécés étaient
fermés de l’intérieur avec
Coluche et Jean Rocheford qui vient de sortir alors que nous sommes
en 1976, mais avant le succès des Bronzés
deux ans plus tard, Patrice Leconte est alors en plein doute. Ce qui
ne l'empêche pas de rapidement remonter à cheval pour entreprendre
aux côtés de l'auteur de bandes dessinées René Pétillon,
l'écriture d'une nouvelle comédie que le cinéaste envisage cette
fois-ci sous la forme d'une parodie de mélodrame bourgeois située
vers la fin du dix-neuvième siècle. Après avoir découvert la
pièce de théâtre de la Troupe du Splendid Amour,
coquillages et crustacés
qu'il ne cesse depuis d'encenser, Patrice Leconte approche ses
membres afin de leur proposer un tout nouveau synopsis intitulé Une
épouvantable méprise.
Devenant rapidement proche de Gérard Jugnot, Christian Clavier,
Marie-Anne Chazel, Josiane Balasko, Michel Blanc, Thierry Lhermitte
et Bruno Moynot, il propose à toute la troupe de jouer dans son
prochain film. Le cinéaste leur tend le script, que chacun trouve
particulièrement amusant, mais au moment de trouver des
financements, aucun producteur n'a assez de courage pour se lancer
dans l'aventure. Et d'une certaine manière, cela peut se comprendre
puisque après seulement un long-métrage à son actif et qui plus
est qui n'a pas marché en salle, Patrice Leconte se retrouve devant
un mur qui paraît infranchissable. Et pourtant, c'est peut-être
sans doute face à l'impossibilité de trouver de l'argent pour
monter son projet que Patrice Leconte va avoir la chance de réaliser
ce qui deviendra l'une des comédies les plus cultes du cinéma
français : Les bronzés.
En effet, après le succès de la pièce écrite et interprétée par
les membres du Splendid, le producteur Yves
Rousset-Rouard
souhaite vivement l'adapter sur grand écran. Pour autant, celui-ci
désire que le film soit réalisé par un cinéaste confirmé et
c'est finalement grâce à l'impulsion du Splendid qui lui impose le
nom de Patrice Leconte que celui-ci se retrouve finalement derrière
la caméra...
S'agissant
du projet avorté intitulé Une épouvantable
méprise,
Patrice Leconte avait donc bien l'intention de tourner un film en
costumes parodiant les mélodrames bourgeois du dix-neuvième siècle.
L'on sait dans les grandes lignes les thèmes que le réalisateur et
scénariste français avait l'intention d'aborder. Secrets de
familles, drames, passions mais aussi et surtout, malentendus.
Ceux-là même qui se réfèrent au titre et qui auraient
probablement donné lieu à une quantité non négligeable de
quiproquos ! Malheureusement, il semblerait que ce soit
justement ce décalage entre comédie, parodie et film plus ou moins
historique interprété en costumes qui refroidit les producteurs qui
furent envisagés. Un destin finalement ironique pour un projet
abandonné alors que Patrice Leconte réalisera presque trois
décennies plus tard, le film Ridicule
qui lui-même se déroulera dans la France du dix-huitième siècle !
Pour résumer, ce que l'on sait donc de source sûre au sujet de Une
épouvantable méprise
est donc la participation du dessinateur René Pétillon à
l'écriture, que les membres de la Troupe du Splendid étaient prêt
à participer au projet en tant qu'interprètes, que le film aurait
été une comédie parodique situant son action à la fin du
dix-neuvième siècle mais que l'incapacité du réalisateur à
trouver des financiers lui a ouvert les portes du succès avec Les
bronzés !
Enfin, du propre aveu de Patrice Leconte dont la filmographie se
compte en dizaines de longs-métrages, il existe autant de projets
avortés auxquels il n'a donc pas donné suite. Et si Une
épouvantable méprise
marque une date importante dans sa carrière, le plus fameux exemple
semble demeurer La maison vide
que Patrice Leconte avait prévu de tourner en 2018 avec Juliette
Binoche et Alain Delon juste avant que celui-ci ne mette un terme
définitif à sa carrière. Un drame romantique qui n'a donc jamais
été concrétisé mais sur lequel nous reviendrons peut-être un
jour...



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