''Optio ironiae activata...''
Deux heures et neuf minutes plus tard... Cent vingt-neuf minutes,
sept-mille sept-cent quarante secondes, sept-mille sept-cent quarante
milliards de nanosecondes................ Vu sous cet angle, cela
peut paraître une éternité. Mais à l'échelle d'une vie ou d'une
année, c'est peu de chose. Par contre, à celle d'une journée, il
faut être préparé à n'avoir rien prévu de particulier qu'il
s'agisse que l'on prévoie de projeter le film en matinée, dans
l'après-midi ou plus ou moins tard dans la soirée... L'important
étant tout d'abord de se mettre dans d'excellentes conditions si
l'on veut pouvoir bénéficier des qualités qu'il faut pour digérer
ce qui semble être non seulement le meilleur film de Luc Besson, la
nouvelle référence en matière de vampirisme au cinéma, et donc la
plus remarquable adaptation du roman de l'écrivain irlandais Bram
Stoker ! Parce que sorti de cette expérience parmi les plus
inoubliables dans l'existence d'un cinéphile ou d'un cinéphage,
l'on ne peut qu'accorder à Luc Besson le crédit d'avoir renoué
avec le meilleur de son art tout en calmant les ardeurs de ses plus
virulents détracteurs... Oubliez donc la vision de Francis Ford
Coppola qui en 1992 signait Dracula,
un authentique navet
auquel ressemble il est vrai Dracula : A
Love Tale
de Luc Besson. Détail qui fut notamment relevé par les fans de
l'américain mais qui se justifie ici amplement lorsque l'on découvre
devant notre écran l'ampleur du travail accordé aux costumes, aux
décors, aux effets-spéciaux, à la mise en scène ou à
l'interprétation. Dès les premières minutes et cet épique combat
face à l'Empire Ottoman, le Prince Vladimir joue de sa superbe, de
sa force, de son courage et d'un charisme indéniable. Chorégraphie
au cordeau, maintenant ainsi une lecture simple mais parfaitement
lisible des affrontements. L'on devine déjà que le cinéaste
français n'est pas là pour rire mais bien pour donner une leçon à
toutes celles et ceux qui souvent le critiquent. Gonflé à bloc et
produisant une œuvre qui n'a pas peur de s'écarter du roman
original, Luc Besson ose tout. Jusqu'à même laisser diffuser des
messages très contemporains mais qui pourtant n'avaient pas cours à
l'époque où se déroule l'action. Sans évoquer ouvertement le
personnage d'Abraham Van Helsing, Luc Besson confie à l'acteur
austro-allemand Christoph
Waltz le rôle d'un prêtre chasseur de vampires. Plus étonnant,
Guillaume de Tonquédec incarne celui du docteur Dumont. Et tandis
que Zoë Bleu incarne la Princesse Elisabeta ainsi que Mina Murray et
que de son côté Ewens Abid interprète le jeune clerc de notaire
Jonathan Harker, l'on s'étonne moins de retrouver Caleb Landry Jones
dans le rôle-titre puisque Luc Besson l'avait déjà engagé sur son
dernier long-métrage en 2023, Dogman.....
S'agi[crssshhh]t, de la bande mus[pschhhhhh] de Danny
El[Frrrrrrrr]n...................
''Optio ironiae desactivata... ''
Et
merde ! Mon esprit s'était mis en mode ''second degré''... Vu
que je n'ai pas l'intention de tout reprendre depuis le début, je
vais essayer d'être concis : Dracula :
A Love Tale,
c'est quoi ? Juste un énième exercice de style engagé par un
Luc Besson qui comme souvent n'en fait qu'à sa tête. Résultat, ce
film, qui copie de manière éhontée l’œuvre remarquable de
Francis Ford Coppola est d'abord un agréable divertissement si tant
est que l'on s'accorde sur le fait qu'il n'est rien d'autre qu'un
nanar sans doute involontairement drôle pourtant typé ''Premier
degré''. Malgré tout, une question subsiste généralement :
Luc Besson fut-il conscient au moment de tourner son dernier
long-métrage du ridicule qu'il mettait en œuvre lors de séquences
aussi remarquablement navrantes que la scène du bal ou celle,
justement, de ''l'épique combat'' entre l'armée du Prince Vladimir
et celle de l'Empire Ottoman ? Lucas Fabiani... Retenez bien ce
nom. Réalisateur d'une tripotée de courts-métrages et de clip
musicaux, il est surtout ici le monteur du film de Besson. Et que
dire si ce n'est qu'entre le montage lors de l'affrontement dont la
lisibilité est presque aussi désastreuse que celle de l'infâme
Taken 3
signé de ce tâcheron d'Olivier Megaton en 2015, des fondus et des
effets-visuels qui confinent au plus haut grade pour Lucas Fabiani de
Maître es de l'archaïsme, Dracula :
A Love Tale
est surtout l'occasion de voir combien le cinéma de Luc Besson est
dépassé, voire ridicule. Passéiste dans son ADN et incapable de se
remettre en question, il agit en outre comme un enfant se croyant à
l'abri du regard des adultes. Surtout lorsque sans vergogne il
''pique'', allez, on va dire qu'il ''s'inspire'', de l'une des
affiches du Nosferatu
de Robert Eggers sorti un an auparavant (genre, ça va pas s'voir) ou
qu'il emprunte justement au Dracula
de Coppola la plus part des idées scénaristiques et esthétiques.
Bref, rien de vraiment nouveau sous le soleil puisque Luc Besson
continue ponctuellement d'offrir de douces gourmandises. De quoi
fournir aux critiques acerbes de ses détracteurs matière à se
foutre de lui tout en alimentant la fascination qu'il exerce encore
chez certains d'entre nous. D'autant plus dommage que le film profite
parfois de décors ou de costumes réellement stupéfiants et d'une
bande musicale signée de Danny Elfman en accord avec son sujet...
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