Cela fait un peu moins
d'un an que je n'avais pas abordé la Blaxploitation et c'est
pourquoi j'ai choisi aujourd'hui d'évoquer Bustin' Loose
d'Oz Scott et Michael Schultz même si ce dernier n'est pas crédité
au générique. S'agissant d'Oz Scott, il débutait là sa carrière
de réalisateur. Poursuivant très sporadiquement et très
tardivement son œuvre sur grand écran puisqu'il ne réalisa que
deux autre longs-métrages avec Spanish
Judges
en 2000, Home Run Showdown
en 2012, il a surtout été l'auteur d'innombrables épisodes de
séries télévisées dont trois épisodes de Fame
en 1986, deux de Cosby Show
en 1990 et 1991, un pour Les experts
en 2001 et a beaucoup plus récemment mis en scène des épisodes
pour Law & Order: Organized Crime,
S.W.A.T,
Kingdom Business
ou encore Agent Stoker...
Quant à Michael Schultz, si celui-ci n'apparaît pas au générique,
il n'en est pas moins aussi important que son homologue puisque avant
de s'être lui aussi tourné vers le petit écran, il réalisa
notamment les comédies musicales cultes Car Wash
et
Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band en
1976 et 1978 ! S'agissant de Bustin' Loose,
ce film datant de 1981 met en scène Richard Pryor ainsi que Cicely
Tyson, deux interprètes de la communauté afro-américaine très
réguliers dans le courant des années soixante-dix/quatre vingt
puisque le premier est notamment connu pour avoir joué dans Silver
Streak d'Arthur
Hiller en 1976, The Wiz
de Sidney Lumet en 1978, Brewster's Millions
(Comment
claquer un million de dollars par jour?)
de Walter Hill en 1985 ou encore Critical
Condition
(Toubib malgré lui)
de Michael Apted deux ans plus tard alors que la seconde est apparue
dans l'excellente mini-série Roots (Racines)
en 1977, le film catastrophe The Concorde...
Airport '79
de David Lowell Rich ou encore dans un certain nombre de téléfilms
dont The Marva Collins Story
de
Peter Levin dans lequel elle incarna le rôle d'une enseignante
afro-américaine très impliquée dans l'éducation de ses élèves
malgré la désapprobation du directeur de l'établissement qui
condamnait ses méthodes d'enseignement. Une personnalité ayant
d'ailleurs réellement existé et dont l'approche et l'attention
auprès des adolescents sont similaires ou presque à celles de
Vivian Perry, personnage cette fois-ci de fiction qu'incarnait donc
déjà en 1981 Cicely Tyson...
Personnalité
forte, qui après la fermeture de l'école où elle donnait des cours
à des élèves difficiles cherche à prendre sous son aile huit
d'entre eux qui n'ont toujours pas trouvé de place dans un nouvel
établissement, Vivian va pouvoir compter sur le soutien de Joe
Braxton. Un petit criminel sans réelle envergure qui jusque là
volait et abusait d'honnêtes citoyens. Tandis qu'il échappe de
justesse à la prison, son avocat Donald Kinsey le contraint à
accepter de conduire un bus en très mauvais état afin d’accompagner
sa petite amie Vivian ainsi que ses huit élèves jusqu'à une ferme
appartenant à sa tante située à des milliers de kilomètres de
distance. Plutôt réfractaire, Joe finit par accepter. Le voyage est
long et difficile. L'homme a beaucoup de mal à supporter les cris
des enfants et d'être traité comme simple chauffeur de bus par
Vivian. Mais au contact de Martin, de Samantha, d'Ernesto, de Harold,
d'Anthony, de Linda, de Julio et d'Annie, Joe va s'assagir et même
se faire accepter par Vivian qui jusque là se montrait plutôt
réticente envers lui... Comédie sociale dramatique sous forme de
road movie, Bustin' Loose
n'est certes pas le genre de long-métrage dont on conserve un
souvenir impérissable. Et pourtant ces quelques portraits
d'adolescents dont une jeune nymphomane, un aveugle, un mythomane ou
encore un pyromane sont parfois touchants. Sans pour autant verser
dans le larmoyant, Richard Pryor est très exactement à la place à
laquelle on a l'habitude de le voir : dans le plus pur style qui
est le sien et qui le montre une fois encore dans le rôle du pitre
qui se dépatouille dans des situations parfois improbables. Le film
d'Oz Scott et Michael Schultz est également interprété par
l'acteur afro-américain Robert Christian qui dans sa courte carrière
a tout de même joué dans ...And Justice for All
de Norman Jewison en 1979 ou bien Prince of the
City
de Sidney Lumet en 1981. Dans le cas de Bustin'
Loose,
il interprète l'antagoniste du récit en la personne de l'avocat de
Joe et du fiancé de Vivian qui après un quiproquo va tenter de
mettre des bâtons dans les roues du petit groupe de voyageurs en
partance pour l’état de Washington. Le film sera en outre
l'occasion pour nos personnages de croiser la route de membres du Ku
Klux Klan et celle d'un banquier véreux et de ses sbires. Sympa,
sans plus...
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