Traduction quelque peu erronée de L'Uomo più Velenoso del
Cobra,
Plus vénéneux que le cobra du
réalisateur, scénariste et directeur de la photographie italien
Bitto Albertini se voudrait certainement calife à la place du calife
avec son titre très proche d'un genre dont s'est fait le maître
transalpin Dario Argento mais en réalité, le film n'a pas grand
chose à voir avec le Giallo ! Car si L'Uomo
più Velenoso del Cobra est
effectivement parsemé de meurtres et si les raisons pour lesquelles
les victimes tombent les unes après les autres ne sont pas
clairement évoquées dès le départ, certaines spécificités
propres au genre sont ici éludées. Pas de traumatisme lié à
l'enfance, de sexualité ou d'aliénation. Mais plus encore, le
visage du tueur est ici visible dès la perpétration du premier
assassinat ! Et donc, pas de mains gantées de noir cachant
l'identité du meurtrier... Dans le cas de L'Uomo
più Velenoso del Cobra,
le réalisateur s'intéresse à Tony Garden (l'acteur George
Ardisson), homme retranché en Europe qui après l'annonce de la mort
de son frère revient aux États-Unis bien que certaines personnes
n'aient pas très envie d'apprendre son retour après qu'elles aient
été foncièrement agacézs par son comportement passé. Avec un
prénom qui sans doute ne lui a pas apporté autant de problèmes
dans son pays d'origine qu'il n'en aurait probablement eu dans les
cours d'école françaises, Bitto Albertini, aussi peu connu soit-il
sur notre territoire fut tout de même à l'origine des deux premiers
volets de la série de longs-métrages intitulés Black
Emmanuelle
que reprirent notamment à leur compte et coup sur coup Joe D'Amato
dans les années soixante-dix puis Bruno Mattei et Claudio Fragasso
la décennie suivante. Auteur en outre de l'improbable trilogie Les
Trois Fantastiques Supermen,
l'homme signa également parmi une filmographie constituée de plus
de vingt longs-métrages, Giochi Erotici Nella
Terza Galassia,
fausse suite de Starcrash : Le Choc des étoiles
de Luigi Cozzi intitulée chez nous StarCrash 2 :
Les Évadés de la galaxie III !
Le synopsis de L'Uomo più Velenoso del Cobra
écrit par Ernesto Gastaldi, Eduardo Manzanos Brochero et Luciano
Martino ne vous rappelle-t-il pas celui de Full
Contact
de Sheldon Lettich dans lequel Jean-Claude Vandamme incarna dix-neuf
ans plus tard le rôle de Léon Gautier qui après avoir fuit la
Légion Étrangère revenait aux États-Unis pour retrouver l'épouse
et la fille de son frère jumeau, lequel fut la victime d'un
meurtre ?
Partant
d'un postulat de base similaire, les deux films prennent cependant
des voies bien différentes puisque Full Contact
reste tout d'abord et avant tout un film d'action essentiellement
tourné vers les combats au corps à corps. Également interprété
par Erika Blanc, actrice qui fut la première à incarner l'iconique
Emmanuelle du roman éponyme d'Emmanuelle Arsan avec Io,
Emmanuelle tandis
que le personnage deviendra réellement célèbre au cinéma après
avoir été interprété en 1971 par le mannequin néerlandais Sylvia
Kristel dans le film de Just Jaeckin Emmanuelle,
celle-ci joue ici le rôle de Leslie Garden, la belle-sœur du héros.
Ensemble, ils vont essayer de trouver l'assassin de Johnny, le frère
de Tony. Plusieurs pistes s'imposent alors à eux. Dont celle d'un
certain Louis Mortimer (Luciano Pigozzi) qui sera pourtant tué dans
d'horribles circonstances par le même assassin. Quittant ensuite
l'Amérique pour rejoindre le continent africain, le ''couple'' suit
alors la piste d'un certain George MacGreves (Alberto de Mendoza),
une ancienne relation qui vit désormais au Kenya... Avec son
contexte dans lequel les deux frères avaient à une époque
l'habitude de traîner dans les cercles mafieux, on pense rapidement
que la messe est dite. Et si la résolution de l'énigme a pour effet
de nous réserver une surprise relativement surprenante et que le
titre semble promettre l'une de ces histoires bien tordues propres au
Giallo, L'Uomo più Velenoso del Cobra
démontre surtout que son auteur n'est absolument pas à la hauteur
des enjeux. Et que dire de l'acteur George Ardisson ? Son
interprétation hautement fadasse n'arrange rien. Bitto Albertini a
eu beau diriger la photographie de plus de soixante projets
cinématographiques, il semble ici avoir négligé l'un des aspects
artistiques et techniques les plus fondamentaux. Le film est laid,
mal cadré et tout comme le prouve la séquence du safari, tout ou
presque sonne faux. Bref, un ratage quasi complet d'où n'émerge
donc qu'une révélation finale inattendue...
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