Éternelle jeunesse,
rites païens, magie blanche, sorcellerie et héritage génétique,
des thématiques chères au cinéma d'horreur et fantastique
auxquelles s'attaquait en 2022 le réalisateur, scénariste, monteur
et producteur mexicain Isaac Ezban, lequel nous a récemment habitué
à mieux (Párvulos : Hijos del Apocalipsis
en 2024). Pourtant, la carrière du cinéaste tente à démontrer
l'instabilité de son œuvre d'un point de vue qualitatif. Car si
même celui-ci est capable du meilleur, El
Incidente
en 2014 et Los Parecidos
réalisé
l'année suivante prouvent que l'on ne peut pas vraiment lui faire
confiance au point de se lancer dans l'une de ses œuvres, les yeux
fermés. Et malheureusement, comme une malédiction s'accrochant
fermement à lui, Mal de Ojo
pèse dans la balance du côté des longs-métrages que l'on aura
très rapidement oublié après les avoir découvert... Développant
les liens familiaux avec si peu de finesse que les prétendus twists
qui émaillent l'intrigue n'en sont plus vraiment, l'antépénultième
long-métrage d'Isaac Ezban démarre comme un conte pour enfant que
l'on prendra malgré tout le soin d'interdire aux plus jeunes d'entre
nous. Passant du cadre de la Dark
Fantasy
à celui du Folk
Horror
sans complexes ni même objectivité lorsqu'il s'agit de restituer
d'un côté comme de l'autre, les bons et les mauvais points du film,
le cinéaste se perd dans des circonvolutions floues et
labyrinthiques qui participent de ce désir de marquer d'une forte
ambiguïté, l'un des personnages centraux de l'histoire. Un récit
qui suit les aventures de Nala (Paola Miguel) et de sa petite sœur
Luna ((Ivanna Sofia Ferro), laquelle s'avère être victime d'une
maladie dont nous ne connaîtrons pas les origines exactes mais qui
la condamne à une mort certaine. Les parents des deux jeunes filles
Rebecca (Samantha Castillo) et Guillermo (Arap Bethke) les confient
alors à Josefa ( Ofelia Medina), leur grand-mère. Une femme que
l'on trouvera très rapidement peu avenante. Le visage marqué par le
temps, des lunettes aux verres opaques qui lui dévorent le visage et
surtout, un comportement qui très vite va laisser planer le doute
sur ses ''origines''. Non pas celles d'une vieille femme perpétuant
des traditions familiales plus que discutables mais celles qui
voudraient qu'elle est une sorcière...
Isaac
Ezban bâtit d'ailleurs un parallèle entre les histoires que
racontera à Nala et à Luna la domestique de Josefa (Paloma Almavar
dans le rôle d'Abigail) et les événements qui se produiront par la
suite. Si Mal de Ojo
possède un petit quelque chose qui le rapproche de The
Visit
du cinéaste américano-indien M. Night Shyamalan qui lui est
antérieur de sept années, la comparaison s'arrête à quelques
menus éléments tant Isaac Ezban ne parvient absolument pas malgré
tout le mal qu'il se donne, à donner du crédit à sa mise en scène
ou aux personnages. Au mieux l'on appréciera une Nala jusque là
méprisable, en pleine adolescente et butant donc avec l'autorité
maternelle même lorsqu'il s'agit d'aider sa jeune sœur et qui par
la force des choses entrera de plain-pied dans une certaine forme de
maturité contrainte par l'arrivée d'un danger imminent. D'un autre
côté, et malgré une ''gueule'' qui vaut bien tous les
effets-spéciaux prosthétiques ou même les CGI qui parfois
s'invitent au récit, la surenchère dont fait preuve Ofelia Medina,
sans doute sous les recommandations du réalisateur, ruine tout effet
de surprise. Des outrances qui passent parfois à l'image comme la
volonté d'abrutir le spectateur supposé incapable de réflexion et
auquel Isaac Ezban impose une vision simpliste du personnage ! À
contrario, celui-ci semble se désintéresser totalement du reste du
casting, à commencer par les parents ou bien même d'Abigail et son
compagnon Pedro (Mauro González). Des personnages secondaires
malheureusement abandonnés au profit du duo que forment donc Ofelia
Medina et Paola Miguel. Passons sur la mise en scène et le scénario
brouillons, sur le montage parfois chaotique ou sur la bande musicale
parfois abusivement épique et inadaptée pour évoquer les
effets-spéciaux numériques. Quelques apparitions sympathiques mais
n'ayant aucune conséquence directe sur le rythme cardiaque du
spectateur. Agrémentées en outre de Jumpscare dont le tour de force
est là encore de n'avoir absolument aucune chance de créer le
moindre sentiment d'effroi. Bref, Mal de Ojo
est un coup d'épée dans l'eau qui vient rejoindre la très longue
liste des petits films d'horreur sans presque aucun intérêt qui
voient le jour chaque année...
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