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vendredi 27 mars 2026

Mal de Ojo d'Isaac Ezban (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Éternelle jeunesse, rites païens, magie blanche, sorcellerie et héritage génétique, des thématiques chères au cinéma d'horreur et fantastique auxquelles s'attaquait en 2022 le réalisateur, scénariste, monteur et producteur mexicain Isaac Ezban, lequel nous a récemment habitué à mieux (Párvulos : Hijos del Apocalipsis en 2024). Pourtant, la carrière du cinéaste tente à démontrer l'instabilité de son œuvre d'un point de vue qualitatif. Car si même celui-ci est capable du meilleur, El Incidente en 2014 et Los Parecidos réalisé l'année suivante prouvent que l'on ne peut pas vraiment lui faire confiance au point de se lancer dans l'une de ses œuvres, les yeux fermés. Et malheureusement, comme une malédiction s'accrochant fermement à lui, Mal de Ojo pèse dans la balance du côté des longs-métrages que l'on aura très rapidement oublié après les avoir découvert... Développant les liens familiaux avec si peu de finesse que les prétendus twists qui émaillent l'intrigue n'en sont plus vraiment, l'antépénultième long-métrage d'Isaac Ezban démarre comme un conte pour enfant que l'on prendra malgré tout le soin d'interdire aux plus jeunes d'entre nous. Passant du cadre de la Dark Fantasy à celui du Folk Horror sans complexes ni même objectivité lorsqu'il s'agit de restituer d'un côté comme de l'autre, les bons et les mauvais points du film, le cinéaste se perd dans des circonvolutions floues et labyrinthiques qui participent de ce désir de marquer d'une forte ambiguïté, l'un des personnages centraux de l'histoire. Un récit qui suit les aventures de Nala (Paola Miguel) et de sa petite sœur Luna ((Ivanna Sofia Ferro), laquelle s'avère être victime d'une maladie dont nous ne connaîtrons pas les origines exactes mais qui la condamne à une mort certaine. Les parents des deux jeunes filles Rebecca (Samantha Castillo) et Guillermo (Arap Bethke) les confient alors à Josefa ( Ofelia Medina), leur grand-mère. Une femme que l'on trouvera très rapidement peu avenante. Le visage marqué par le temps, des lunettes aux verres opaques qui lui dévorent le visage et surtout, un comportement qui très vite va laisser planer le doute sur ses ''origines''. Non pas celles d'une vieille femme perpétuant des traditions familiales plus que discutables mais celles qui voudraient qu'elle est une sorcière...


Isaac Ezban bâtit d'ailleurs un parallèle entre les histoires que racontera à Nala et à Luna la domestique de Josefa (Paloma Almavar dans le rôle d'Abigail) et les événements qui se produiront par la suite. Si Mal de Ojo possède un petit quelque chose qui le rapproche de The Visit du cinéaste américano-indien M. Night Shyamalan qui lui est antérieur de sept années, la comparaison s'arrête à quelques menus éléments tant Isaac Ezban ne parvient absolument pas malgré tout le mal qu'il se donne, à donner du crédit à sa mise en scène ou aux personnages. Au mieux l'on appréciera une Nala jusque là méprisable, en pleine adolescente et butant donc avec l'autorité maternelle même lorsqu'il s'agit d'aider sa jeune sœur et qui par la force des choses entrera de plain-pied dans une certaine forme de maturité contrainte par l'arrivée d'un danger imminent. D'un autre côté, et malgré une ''gueule'' qui vaut bien tous les effets-spéciaux prosthétiques ou même les CGI qui parfois s'invitent au récit, la surenchère dont fait preuve Ofelia Medina, sans doute sous les recommandations du réalisateur, ruine tout effet de surprise. Des outrances qui passent parfois à l'image comme la volonté d'abrutir le spectateur supposé incapable de réflexion et auquel Isaac Ezban impose une vision simpliste du personnage ! À contrario, celui-ci semble se désintéresser totalement du reste du casting, à commencer par les parents ou bien même d'Abigail et son compagnon Pedro (Mauro González). Des personnages secondaires malheureusement abandonnés au profit du duo que forment donc Ofelia Medina et Paola Miguel. Passons sur la mise en scène et le scénario brouillons, sur le montage parfois chaotique ou sur la bande musicale parfois abusivement épique et inadaptée pour évoquer les effets-spéciaux numériques. Quelques apparitions sympathiques mais n'ayant aucune conséquence directe sur le rythme cardiaque du spectateur. Agrémentées en outre de Jumpscare dont le tour de force est là encore de n'avoir absolument aucune chance de créer le moindre sentiment d'effroi. Bref, Mal de Ojo est un coup d'épée dans l'eau qui vient rejoindre la très longue liste des petits films d'horreur sans presque aucun intérêt qui voient le jour chaque année...

 

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