Considéré comme le
quatrième et dernier opus de la franchise Men Behind the Sun
démarrée en 1988 par le réalisateur Tun-Fei Mou et poursuivie en
1992 et 1994 par Godfrey Ho avec les volets Men
Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil et
Men Behind the Sun 3: A Narrow Escape,
le réalisateur à l'origine du premier revenait en force en cette
année 1995 pour offrir aux spectateurs une conclusion très
éloignées des préoccupations des trois premiers longs-métrages.
En effet, alors que les deux premiers s'intéressaient aux horreurs
perpétrées par le Japon lors de la seconde guerre mondiale dans un
camp de prisonnier/laboratoire connu sous le nom d'Unité 731,
le troisième évoquait le départ précipité à bord d'un train de
celles et ceux qui participèrent aux expériences inhumaines qui y
furent conduites... Dans ce quatrième opus désormais intitulé
Black Sun: The Nanking Massacre
(Hei
Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha)
et dans lequel nous retrouvons bon nombre d'interprètes et de
figurants qui n'iront pas plus loin dans leur carrière d'interprète
ou de simple silhouette que cette seule expérience, Tun-Fei Mou
revient sur l'un des faits les plus marquants qui aient entaché la
seconde guerre mondiale, la Chine et le Japon. Alors que l'Unité
731
où étaient menées des expériences scientifiques sur des armes
bactériologiques n'est ici pas au centre du récit, l'action
s'inscrit cependant pile au milieu de la période où eurent lieu les
horreurs commises à Harbin dans la Mandchourie. Le réalisateur
délocalise les horreurs perpétuées par l'armée japonaise jusqu'à
Nankin à l'issue de la bataille qui opposa l'Armée impériale
japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise. En cette
fin d'année 1937, des troupes chinoises constituées de cent-mille
hommes environ sont laissées sur place par le chef du Kuomintang (ou
parti nationaliste chinois) Chiang Kaï-shek. Alors que le
Gouvernement chinois en place décide de déserter les lieux face à
l'arrivée prochaine de l'armée japonaise, Nankin est confiée à un
comité international dirigé par l'homme d'affaires et dirigeant
allemand du parti nazi, John Rabe...
Mais
face aux envahisseurs, ce défenseur des droits internationaux ne
fera pas le poids... comme le montreront rapidement les images de ce
film où les horreurs de la guerre y sont décrites sans le moindre
filtre. En effet, Tun-Fei Mou repousse avec Black
Sun: The Nanking Massacre
les limites de l'horreur à travers des actes de barbarie rarement
vue jusque là sur un écran de cinéma. Traduisible sous le titre de
Soleil noir : le
massacre de Nankin,
l’œuvre du réalisateur taïwanais est un véritable catalogue
d'atrocités dont certaines repoussent les limites de l'envisageable.
Surtout lorsque l'armée japonaise s'en prend à des femmes ou des
enfants. Derrière son contexte politico-militaire visant à décrire
les intérêts des uns et des autres des généraux de l'armée
japonaise, derrière aussi l'histoire de cet homme, père de deux
enfants et témoin des horreurs qui sont commises autour de lui,
Black Sun: The Nanking Massacre
multiplie les séquences d'horreur. Du plus ''classique'' dans ce
type de contexte génocidaire avec ces dizaines et même ces
centaines de soldats désarmés, de civils faits d'hommes et de
femmes de tout âge, abattus par arme à feu ou décapités à l'aide
d'un sabre. Une scène de crime en forme de colline où s'effondrent
les cadavres qui viennent de tomber sous les balles tandis que des
centaines d'autres prisonniers attendent leur tour à quelque pas de
là. Jusqu'aux horreurs les plus inenvisageables. Comme cette femme
éventrée dont on arrache le fœtus à l'aide d'une baïonnette. Ou
cette autre que des soldats violent avant de contraindre un moine
bouddhiste d'en faire autant. Comme ce bébé jeté au sol avant
d'être poignardé. Ou cet autre qui devant les yeux de sa mère est
jeté quant à lui dans une marmite d'eau bouillante. Le réalisateur
ne ménage effectivement pas ses effets, quitte à faire dans le
gratuit histoire de remuer les estomacs. Malgré la facilité avec
laquelle il incorpore ensuite à ses scènes d'horreur des photos ou
des vidéos d'époque parfaitement authentiques, Tun-Fei Mou a
malgré tout un réel sens de la mise en scène. Des milliers de
figurants exécutant les directive du réalisateur pour un film de
guerre en forme de charnier souvent éprouvant...
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