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mercredi 18 mars 2026

Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori de Hideo Nakata (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Cinq années après le sympathique mais néanmoins dispensable Jiko Bukken: Kowai Madori, le cinéaste japonais Hideo Nakata revenait en 2025 avec une suite intitulée Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori et reposant sur le même principe. Digérant tout un pan de la J-Horror, cette séquelle qui n'en est pas vraiment une même si là encore le script met le héros en situation de confrontation avec des phénomènes paranormaux, repose sur un concept connu sous le nom de Propriétés Stigmatisées. Comprendre qu'une demeure, qu'il s'agisse d'un appartement, d'une maison ou d'un lieu tel qu'une auberge ou un hôtel peut perdre de sa valeur dès lors qu'il confronte propriétaires et locataires à des événements plus ou moins inquiétants directement liés à l'histoire des lieux... Considérant que tout comme le précédent volet Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori se base sur des faits authentiques et non sur la simple imagination de son auteur, Hideo Nakata signe avec cette suite une œuvre qui dépasse de très loin les rares qualités que possédait déjà Jiko Bukken: Kowai Madori. Un retour aux sources pour l'auteur d'une pléiade de long-métrages horrifico-fantastique prenant sans doute leur source dans le folklore japonais et précisément à travers le terme Yōkai qui au Pays du Soleil Levant désigne tout ce qui a trait à des phénomènes paranormaux de type spectres, fantômes, ectoplasmes et autres joyeusetés du genre. Parmi les grandes œuvres du cinéaste japonais, le séminal volet de la franchise Ringu et sa suite en 1998 et 1999 ou ce qui demeure sans doute le plus remarquable joyau de la J-Horror avec Honogurai Mizu no Soko Kara, sorti à l'internationale sous le titre Dark Water, et dont la puissance résonne encore davantage comme une œuvre prémonitoire lorsque l'on compare le script de Hideo Nakata et des scénaristes Yoshihiro Nakamura et Ken'ichi Suzuki à l'un des faits-divers les plus troublants ayant pourtant eu lieu onze ans après la sortie du film : L'Affaire Elisa Lam, dont le corps fut retrouvé noyé dans l'un des réservoirs d'eau de l'hôtel Cecil situé à Los Angeles le 19 février 2013. Mais revenons à Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori dans lequel le jeune ouvrier en métallurgie Yahiro Kuwata (Shota Watanabe) rêve de faire de la télé. C'est sur les conseils de son supérieur hiérarchique qu'il part pour Tokyo retrouver un certain Fujiyoshi (Kôtarô Yoshida) qui l'aiguille alors vers une émission pour laquelle le jeune homme devra accepter de vivre dans diverses demeures ayant été le théâtre de phénomènes étranges...


Là où Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori ressemble à son aîné mais diffère de la majorité des films d'horreur japonais mettant en scène des créatures fantomatiques, c'est dans son découpage. Sans pour autant arborer réellement les atours du film à sketches, le long-métrage de Hideo Nakata est découpé en plusieurs chapitres numérotés et se distinguant par le plan et le nom des différents lieux qu'investira notre jeune héros. Surtout, le cinéaste en profite pour développer toute une série de contextes allant du petit studio en passant par l'auberge et jusqu'à la colocation. De quoi isoler Yahiro dans certaines conditions tout en lui opposant des colocataires dans d'autres circonstances. Allant même jusqu'à réunir autour de lui une équipe de télévision lors de la séquence se déroulant dans une auberge vidée de clients bien trop impressionnables... Si avec Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori ne retrouve pas la fibre angoissante et le génie de ses premières proposition en matière de J-Horror, ce dernier renoue malgré tout avec le charme de ces productions horrifiques qui ne perdent que rarement l'exotisme qui leur est propre. Mais à trop vouloir répéter Ad Nauseam le même principe comme son compatriote Takashi Shimizu, le résultat ne peut être que mitigé. Et à moins de n'avoir jamais connu le grand frisson devant Ringu, Dark Water ou encore Janghwa, Hongryeon du coréen Kim Jee-woon, la peur se fera malheureusement rare... Et pourtant, oui, pourtant, le film fonctionne à merveille lorsqu'il s'agit d'évoquer les différentes manières d'aborder les phénomènes. D'autant plus que le scénario n'oublie pas d'inclure un peu de féminité en la personne de Karin (Miku Hatta), un petit bout de femme fort charmante rencontrée sur une plage par Yahiro lors du tournage d'une publicité. S'installera alors une complicité entre les deux protagonistes, cachant en outre un renversement de situation aussi inattendu qu'émouvant. Bref, Hideo Nakata revenait l'année dernière en très grande forme avec ses premières amours. Espérons que cela sera également le cas pour Takashi Shimizu dont on attend toujours ses deux prochains projets qui demeurent encore malheureusement à l'état de pré-production, The Graveyard Apartment et Kuchi ni Kansuru Anketo...

 

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