Cinq années après le
sympathique mais néanmoins dispensable Jiko Bukken: Kowai
Madori,
le cinéaste japonais Hideo Nakata revenait en 2025 avec une suite
intitulée Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori
et reposant sur le même principe. Digérant tout un pan de la
J-Horror, cette séquelle qui n'en est pas vraiment une même si là
encore le script met le héros en situation de confrontation avec des
phénomènes paranormaux, repose sur un concept connu sous le nom de
Propriétés Stigmatisées. Comprendre qu'une demeure, qu'il s'agisse
d'un appartement, d'une maison ou d'un lieu tel qu'une auberge ou un
hôtel peut perdre de sa valeur dès lors qu'il confronte
propriétaires et locataires à des événements plus ou moins
inquiétants directement liés à l'histoire des lieux... Considérant
que tout comme le précédent volet Jiko Bukken:
Zoku Kowai Madori se
base sur des faits authentiques et non sur la simple imagination de
son auteur, Hideo Nakata signe avec cette suite une œuvre qui
dépasse de très loin les rares qualités que possédait déjà
Jiko Bukken: Kowai Madori.
Un retour aux sources pour l'auteur d'une pléiade de long-métrages
horrifico-fantastique prenant sans doute leur source dans le folklore
japonais et précisément à travers le terme Yōkai
qui
au Pays du Soleil Levant désigne tout ce qui a trait à des
phénomènes paranormaux de type spectres, fantômes, ectoplasmes et
autres joyeusetés du genre. Parmi les grandes œuvres du cinéaste
japonais, le séminal volet de la franchise Ringu
et sa suite en 1998 et 1999 ou ce qui demeure sans doute le plus
remarquable joyau de la J-Horror avec Honogurai
Mizu no Soko Kara,
sorti à l'internationale sous le titre Dark
Water,
et dont la puissance résonne encore davantage comme une œuvre
prémonitoire lorsque l'on compare le script de Hideo Nakata et des
scénaristes Yoshihiro Nakamura et Ken'ichi Suzuki à l'un des
faits-divers les plus troublants ayant pourtant eu lieu onze ans
après la sortie du film : L'Affaire Elisa Lam, dont le corps
fut retrouvé noyé dans l'un des réservoirs d'eau de l'hôtel Cecil
situé à Los Angeles le 19 février 2013. Mais revenons à Jiko
Bukken: Zoku Kowai Madori
dans lequel le jeune ouvrier en métallurgie Yahiro Kuwata (Shota
Watanabe) rêve de faire de la télé. C'est sur les conseils de son
supérieur hiérarchique qu'il part pour Tokyo retrouver un certain
Fujiyoshi (Kôtarô Yoshida) qui l'aiguille alors vers une émission
pour laquelle le jeune homme devra accepter de vivre dans diverses
demeures ayant été le théâtre de phénomènes étranges...
Là
où Jiko Bukken: Zoku
Kowai Madori
ressemble à son aîné mais diffère de la majorité des films
d'horreur japonais mettant en scène des créatures fantomatiques,
c'est dans son découpage. Sans pour autant arborer réellement les
atours du film à sketches, le long-métrage de Hideo Nakata est
découpé en plusieurs chapitres numérotés et se distinguant par le
plan et le nom des différents lieux qu'investira notre jeune héros.
Surtout, le cinéaste en profite pour développer toute une série de
contextes allant du petit studio en passant par l'auberge et jusqu'à
la colocation. De quoi isoler Yahiro dans certaines conditions tout
en lui opposant des colocataires dans d'autres circonstances. Allant
même jusqu'à réunir autour de lui une équipe de télévision lors
de la séquence se déroulant dans une auberge vidée de clients bien
trop impressionnables... Si avec Jiko
Bukken: Zoku Kowai Madori
ne retrouve pas la fibre angoissante et le génie de ses premières
proposition en matière de J-Horror, ce dernier renoue malgré tout
avec le charme de ces productions horrifiques qui ne perdent que
rarement l'exotisme qui leur est propre. Mais à trop vouloir répéter
Ad Nauseam le même principe comme son compatriote Takashi Shimizu,
le résultat ne peut être que mitigé. Et à moins de n'avoir jamais
connu le grand frisson devant Ringu,
Dark Water
ou encore Janghwa,
Hongryeon du
coréen Kim Jee-woon, la peur se fera malheureusement rare... Et
pourtant, oui, pourtant, le film fonctionne à merveille lorsqu'il
s'agit d'évoquer les différentes manières d'aborder les
phénomènes. D'autant plus que le scénario n'oublie pas d'inclure
un peu de féminité en la personne de Karin (Miku Hatta), un petit
bout de femme fort charmante rencontrée sur une plage par Yahiro
lors du tournage d'une publicité. S'installera alors une complicité
entre les deux protagonistes, cachant en outre un renversement de
situation aussi inattendu qu'émouvant. Bref, Hideo Nakata revenait
l'année dernière en très grande forme avec ses premières amours.
Espérons que cela sera également le cas pour Takashi Shimizu dont
on attend toujours ses deux prochains projets qui demeurent encore
malheureusement à l'état de pré-production, The
Graveyard Apartment
et Kuchi ni Kansuru
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