Je sens que je vais encore me faire des ennemis s'agissant de Primate
de Johannes Roberts mais que voulez-vous, je n'ai pas aimé !
Après avoir découvert sur le tard et de ce même auteur 47
Meters Down
et sa séquelle ainsi que Resident Evil :
Bienvenue à Raccoon City lors
de sa sortie en salle, je ne m'attendais de toute manière pas à
découvrir l'un de ces grands films d'horreur qui inaugurent une
année en promettant monts et merveilles, victimes d'un buzz qui
laisserait entendre qu'ils pourraient faire partie du catalogue des
œuvres à posséder impérativement dans toute vidéothèque qui se
respecte. Alors, bien sûr, Primate
n'est pas non plus l'un de ces gros navets, ni même l'un de ces
pseudo-nanars qui constituent la grande majorité des films qui
sortent en salle ou directement sur les plateformes de streaming
légales. Mais de là à le considérer comme nombre de critiques
professionnels ou de spectateurs l'ayant découvert sur grand écran
comme étant une grande réussite dans le domaine, j'en suis encore à
me demander ce qui a pu à ce point motiver de si nombreuses éloges.
Car au fond, qu'est-ce que Primate ?
Un énième film d'horreur tournant autour d'une agression animale.
Mais si le singe est en soit une créature que l'on a sans doute trop
peu vue dans ce genre de production, il serait bon de rappeler aux
''écervelés'' qui ont la mémoire défaillante ou à ceux qui sont
bien trop jeunes pour les avoir découvert à l'époque que quelques
longs-métrages avaient déjà traité ce genre de thématique. On
pense bien évidemment à Link de
Richard Franklin et son vieil orang-outan, à Monkey
Shines
de George Romero et son singe capucin que devait affronter son
propriétaire, un tétraplégique, et son entourage, ou encore au
beaucoup moins connu Shakma de
Hugh Parks et Tom Logan dans lequel un babouin devenait
particulièrement agressif après avoir reçu une injection qui
devait supposément avoir l'effet inverse... Alors, tout ''bon'' fan
de cinéma d'horreur et d'épouvante signifiera sans doute que tout
ce que l'on demande au genre est de faire peur tout en déversant son
comptant d'hémoglobine. Certes, le long-métrage de Johannes Roberts
n'est pas avare en matière de séquences gores. Il se peut même que
quelques plans il est vrai plutôt angoissants aient leur petit effet
sur une partie du public n'étant pas vraiment habituée à ce genre
de spectacle. Mais de là à l'encenser de telle manière que le film
ne peut que nous attirer irrésistiblement vers la première salle le
projetant, je ne comprends pas. Aurais-je eu la mauvaise idée
d'avoir un niveau d'exigence un peu trop élevé ?
Peut-être,
mais avec les années et cette habitude de dévorer des films
d'horreur par dizaines et même par centaines, une certaine lassitude
s'est installée et accepter de devoir subir une œuvre qui fait fi
de tout réel travail de fond en matière d'écriture a fini par
rendre chaque expérience ou presque relativement pénible. On louera
cependant l'interprétation du singe Ben qui dans le cas de primate
n'est pas le pur produit d'un travail d'équipe dévolu aux images de
synthèse mais se trouve être bel et bien interprété par l'acteur
Miguel Torres Umba. Maquillage plutôt efficace, regard menaçant, il
faut quand même avouer que l'attitude du chimpanzé est l'occasion
de sacrées barres de rires. Car comment prêter au singe certaines
attitudes propres à l'homme et qui de mon point de vue personnel
passent très mal à l'écran ? Ensuite, les personnages. Si les
filles n'ont absolument rien de fantastique ou d'innovant à nous
raconter sur leur existence personnelle, les mecs sont plus cons que
jamais. Des clichés en pagaille, volontairement inclus dans le
récit. Je veux bien jouer le jeu de la carte des ''poncifs'' mais
pas celui d'être pris pour un idiot qui serait en mesure d'accepter
de payer sa place de cinéma pour aller voir un film qui n'apporte
jamais ô grand jamais sa pierre à l'édifice du cinéma. Les codes
de l'horreur et de l'épouvante sont si bien imbriqués et
généralisés que oui, je l'avoue, je me suis ennuyé. Drôle
d'impression que d'avoir été le témoin d'un spectacle qui au fond
ne fait appel qu'au procédé des slashers
tout en remplaçant le tueur en série lambda par un singe !
D'ailleurs, s'agissant de ce dernier, l'auteur pousse la ressemblance
avec les grands noms du genre que sont Michael Myers ou Jason
Voorhees en faisant ressurgir Ben alors qu'on le croyait mort,
''tué'' d'un tesson de bouteille planté en plein cœur... À dire
vrai, et pour être tout à fait honnête, il n'est pas étonnant que
le film ait rencontré le succès en salle. Seulement, mieux vaut
s'être lancé dans l'aventure sans le moindre préjugé. Une prise
de conscience qui malheureusement chez moi n'a absolument pas opéré.
Reste un petit film d'horreur qui devrait, je pense, objectivement
disparaître des mémoires le temps voulu. Un bon point cependant
pour la bande musicale analogique signée d'Adrian Johnston qui
rappellera aux anciens les heures de gloire du cinéma de John
Carpenter ou de celui de Dario Argento...
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