Dans la série rattrapage,
on continue avec un petit film sans prétention mais Ô combien
intéressant... Quel propriétaire de chien n'a jamais éprouvé
cette étrange sensation d'une présence étrangère dans sa demeure
lorsque son animal de compagnie se fige à l'entrée d'une pièce ?
Le museau pointant vers un mur ou en direction du plafond ? Fixant
sans geindre ni bouger un endroit très précis sans que nous ne
puissions percevoir ce qui l'intrigue ? Les fantômes existent-ils ?
Seul un chien est-il en mesure de répondre à cette question ? Good
Boy tend à rendre visible ce qui ne l'est pas. À travers,
justement le regard de ce chien, protagoniste principal d'une œuvre
qui risque fort de faire avant tout des adeptes parmi ceux qui aiment
ces animaux. Alors, Good Boy ?
Film à réserver aux cynophiles ou bien même les ailurophiles
y trouveront leur compte ? Réponse : le premier
long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur américain
Ben Leonberg tend à démontrer qu'il est possible pour un camp comme
pour l'autre d'éprouver les mêmes sentiments même si les seconds
peuvent parfois éprouver de l'aversion pour ces bêtes hurlantes et
très dépendantes que sont souvent les chiens. Si le scénario de
Ben Leonberg et d'Alex Cannon semble original, qu'il le soit ou non
dans son traitement du concept de maison hantée et de fantôme,
l'intervention d'un chien n'est pas tout à fait unique dans
l'histoire du cinéma d'horreur et d'épouvante. Évacuons tout de
suite toute une série de longs-métrages où la race canine n'est
pas tout à fait au premier plan du récit pour rappeler aux mémoires
défaillantes trois exemples. À Commencer par Cujo
de
Lewis Teague en 1983, adaptation d'un roman de Stephen King. Du nom
d'un Saint-Bernard mordu par une chauve-souris enragée et qui après
avoir lui-même contracté la maladie s'attaquait à une mère et son
fils. Puis Max, le meilleur ami de l'homme
réalisé par John Lafia en 1993 et dans lequel un dogue du Tibet
génétiquement modifié s'en prenait aux habitants d'une ville. Mais
pensons tout d'abord à Baxter
de Jérôme Boivin. Très grande réussite du cinéma fantastique
hexagonal qui remporta en 1989 la Mention
spéciale du jury
au très regretté Festival
international du film fantastique d'Avoriaz.
Du point de vue de l'objectivité de l'animal, c'est bien de ce film
là dont se rapproche le plus Good Boy.
Mettant ainsi en scène un chien dans le rôle principal. Et comme
dans Baxter,
dans lequel un Bull Terrier capable de penser et de réfléchir
étudiait les hommes, Good Boy
est filmé à hauteur d'animal. Ce qui pourrait avoir l'air d'un
exercice de torture pour les cervicales s'avère en fait un très bon
moyen de hisser le spectateur lui-même à la hauteur d'un animal de
compagnie...
Permettant
ainsi de percevoir les mêmes choses que notre héros canin. Tandis
que d'autres se sont essayés quelques années en arrière à un
exercice d'une prétention sans nom au sujet des Fantômes et autres
Maison Hantées, tel A Ghost Story
de David Lowery ou plus récemment, Presence
de Steven Soderbergh, Good Boy
tend
à attirer dans ses filets tout amateur d'animal de compagnie tout en
réussissant le pari d'écrire et de mettre en scène un script qui
vaut bien la plupart des classiques du genre. Quelques JumpScares
dont un ou deux sont relativement efficaces, des apparitions plutôt
Creepy,
une ambiance lourde et mortifère ne serait-ce qu'à travers les
éclairages, l'isolement du chien et de son maître ou plus
simplement en raison de la très grave maladie dont est atteint ce
dernier, et puis, bien évidemment, on pense d'abord et avant tout à
deux choses. Au chien, un Retriever de la Nouvelle-Écosse tout à
fait adorable prénommé Indy dans la vie comme dans le film et qui
obéit au doigt et à l’œil. Ensuite, à la mise en scène et le
choix des différents cadrages. En effet, en artiste complet,
ajoutant à ses différentes casquettes celle de monteur et de
directeur de la photographie, Ben Leonberg sait très précisément
où placer sa caméra et cela se voit très clairement à l'image.
Sublimant ainsi la plupart des plans, ajoutant une donnée très
humaniste chez l'espèce canine qui sous son regard d'observatrice
communique une émotion tout à fait palpable. Accroché à l'idée
de faire d'Indy la seule et véritable vedette du long-métrage, le
cinéaste s'emploie à mettre dans l'ombre au sens propre comme au
figuré l'acteur Shane Jensen qui dans le rôle de Todd l'accompagne
quasiment durant toute l'aventure. Au final, l'on tient là une œuvre
qui ne se moque ni des amoureux des animaux, ni des amateurs de
cinéma d'épouvante. Le résultat à l'écran est efficace et pour
un premier long-métrage, Ben Leonberg parvient à atteindre ses
principaux objectifs. Artistique, à travers la lumière, les décors
et la photographie. Narratif, à travers l'intervention du chien
comme élément principal. Et enfin, émotionnel, s'agissant des
perceptions d'Indy et de sa relation avec son maître... Bref, un
petit bijou...
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