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lundi 2 février 2026

Good Boy de Ben Leonberg (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans la série rattrapage, on continue avec un petit film sans prétention mais Ô combien intéressant... Quel propriétaire de chien n'a jamais éprouvé cette étrange sensation d'une présence étrangère dans sa demeure lorsque son animal de compagnie se fige à l'entrée d'une pièce ? Le museau pointant vers un mur ou en direction du plafond ? Fixant sans geindre ni bouger un endroit très précis sans que nous ne puissions percevoir ce qui l'intrigue ? Les fantômes existent-ils ? Seul un chien est-il en mesure de répondre à cette question ? Good Boy tend à rendre visible ce qui ne l'est pas. À travers, justement le regard de ce chien, protagoniste principal d'une œuvre qui risque fort de faire avant tout des adeptes parmi ceux qui aiment ces animaux. Alors, Good Boy ? Film à réserver aux cynophiles ou bien même les ailurophiles y trouveront leur compte ? Réponse : le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur américain Ben Leonberg tend à démontrer qu'il est possible pour un camp comme pour l'autre d'éprouver les mêmes sentiments même si les seconds peuvent parfois éprouver de l'aversion pour ces bêtes hurlantes et très dépendantes que sont souvent les chiens. Si le scénario de Ben Leonberg et d'Alex Cannon semble original, qu'il le soit ou non dans son traitement du concept de maison hantée et de fantôme, l'intervention d'un chien n'est pas tout à fait unique dans l'histoire du cinéma d'horreur et d'épouvante. Évacuons tout de suite toute une série de longs-métrages où la race canine n'est pas tout à fait au premier plan du récit pour rappeler aux mémoires défaillantes trois exemples. À Commencer par Cujo de Lewis Teague en 1983, adaptation d'un roman de Stephen King. Du nom d'un Saint-Bernard mordu par une chauve-souris enragée et qui après avoir lui-même contracté la maladie s'attaquait à une mère et son fils. Puis Max, le meilleur ami de l'homme réalisé par John Lafia en 1993 et dans lequel un dogue du Tibet génétiquement modifié s'en prenait aux habitants d'une ville. Mais pensons tout d'abord à Baxter de Jérôme Boivin. Très grande réussite du cinéma fantastique hexagonal qui remporta en 1989 la Mention spéciale du jury au très regretté Festival international du film fantastique d'Avoriaz. Du point de vue de l'objectivité de l'animal, c'est bien de ce film là dont se rapproche le plus Good Boy. Mettant ainsi en scène un chien dans le rôle principal. Et comme dans Baxter, dans lequel un Bull Terrier capable de penser et de réfléchir étudiait les hommes, Good Boy est filmé à hauteur d'animal. Ce qui pourrait avoir l'air d'un exercice de torture pour les cervicales s'avère en fait un très bon moyen de hisser le spectateur lui-même à la hauteur d'un animal de compagnie...


Permettant ainsi de percevoir les mêmes choses que notre héros canin. Tandis que d'autres se sont essayés quelques années en arrière à un exercice d'une prétention sans nom au sujet des Fantômes et autres Maison Hantées, tel A Ghost Story de David Lowery ou plus récemment, Presence de Steven Soderbergh, Good Boy tend à attirer dans ses filets tout amateur d'animal de compagnie tout en réussissant le pari d'écrire et de mettre en scène un script qui vaut bien la plupart des classiques du genre. Quelques JumpScares dont un ou deux sont relativement efficaces, des apparitions plutôt Creepy, une ambiance lourde et mortifère ne serait-ce qu'à travers les éclairages, l'isolement du chien et de son maître ou plus simplement en raison de la très grave maladie dont est atteint ce dernier, et puis, bien évidemment, on pense d'abord et avant tout à deux choses. Au chien, un Retriever de la Nouvelle-Écosse tout à fait adorable prénommé Indy dans la vie comme dans le film et qui obéit au doigt et à l’œil. Ensuite, à la mise en scène et le choix des différents cadrages. En effet, en artiste complet, ajoutant à ses différentes casquettes celle de monteur et de directeur de la photographie, Ben Leonberg sait très précisément où placer sa caméra et cela se voit très clairement à l'image. Sublimant ainsi la plupart des plans, ajoutant une donnée très humaniste chez l'espèce canine qui sous son regard d'observatrice communique une émotion tout à fait palpable. Accroché à l'idée de faire d'Indy la seule et véritable vedette du long-métrage, le cinéaste s'emploie à mettre dans l'ombre au sens propre comme au figuré l'acteur Shane Jensen qui dans le rôle de Todd l'accompagne quasiment durant toute l'aventure. Au final, l'on tient là une œuvre qui ne se moque ni des amoureux des animaux, ni des amateurs de cinéma d'épouvante. Le résultat à l'écran est efficace et pour un premier long-métrage, Ben Leonberg parvient à atteindre ses principaux objectifs. Artistique, à travers la lumière, les décors et la photographie. Narratif, à travers l'intervention du chien comme élément principal. Et enfin, émotionnel, s'agissant des perceptions d'Indy et de sa relation avec son maître... Bref, un petit bijou...

 

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