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lundi 16 février 2026

Baramulla d'Aditya Suhas Jambhale (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur indien Aditya Suhas Jambhale aborde pour la seconde fois les troubles qui agitent le Cachemire depuis 1947. Tandis qu'un maharaja hindou choisit à l'époque de rattacher le territoire à l’Inde alors que le Pakistan et la Chine le revendiquent, une guerre indo-pakistanaise éclate. Divisé entre les trois pays, le Cachemire est représenté par différentes factions. D'un côté, l'armée indienne. Et de l'autre, des groupes séparatistes qui réclament l'indépendance ainsi que des groupes islamistes lourdement armés et soutenus par le Pakistan. Dans les années 90, une insurrection armée prend le pouvoir sur les autorités indiennes officielles tandis que de nombreux Pandits kashmiris partent en exode face à la menace d'être assassinés. En 2019, c'est carrément l'Autonomie Spéciale du Jammu-et-Cachemire qui est remise en question et qui jusque là reconnaissait le droit à cet ancien État du nord de l'Inde d'avoir sa propre constitution, une large autonomie financière, un drapeau régional et permettait notamment à ses résidents permanents d'acheter et de posséder des terres, de bénéficier d'aides spécifiques ou d'occuper des emplois publics. Et même si certains aspects des troubles qui agitent le Cachemire ne sont pas tous clairement définis à travers cet étrange film hybride qu'est aujourd'hui Baramulla, l’œuvre réalisée et scénarisée par Aditya Suhas Jambhale (soutenu à l'écriture par Aditya Dhar) aborde le conflit sous l'angle du combat mené par les autorités indiennes officielles à travers notamment le personnage du DSP Ridwaan Shafi Sayyed (l'acteur Manav Kaul) nouvellement affecté à Baramulla, une petite ville appartenant au district du même nom rattaché au territoire du Jammu-et-Cachemire. Chargé d'enquêter sur de mystérieuses disparitions d'enfants, il s'installe avec son épouse Gulnaar (Bhasha Sumbli) et leurs deux enfants, Norrie (Arista Mehta) et Ayaan (Singh Rohaan) dans une grande demeure qui va se révéler être lourdement chargée par un passif dramatique qui sera au cœur de ce récit qui mêle donc histoire politico-religieuse et fantastique. L'occasion pour Aditya Suhas Jambhale de traiter de l'état du pays à travers une enquête policière plus ou moins complexe du fait qu'elle s'inscrive dans un méli-mélo de sous-intrigues qu'il va falloir rapidement démêler pour que chaque segment s'éclaircisse...


Traités indépendamment les uns des autres, les thèmes sont nets et précis. L'on a d'un côté des disparitions d'enfants inexpliquées. Puis intervient cette famille qui en s'installant dans sa nouvelle demeure va être témoin d'événements étranges. Survient ensuite la présence d'un groupe islamiste dirigé par un mystérieux individu connu sous le nom de Bhaijaan (lequel demeurera d'ailleurs invisible tout au long du récit) et visant à endoctriner les filles et les fils de ceux qui vivent dans la région. En toute logique, la première idée qui traverse l'esprit est que les principaux responsables sont donc Bahijaan ainsi que Khalid (Ashwini Koul) et Juneid Shaikh (Shahid Latief), ce dernier étant directement implémenté dans la communauté de Baramulla. Les principaux ''employés'' d'un réseau terroriste visant à former de jeunes recrues au djihadisme. Mais là où Baramulla prend un tournant décisif, c'est lorsque intervient l'élément surnaturel. Et bien que dans la majorité des cas la présences d'esprits, de fantômes ou autres ectoplasmes est généralement liée au principe d'antagonisme, il se pourrait que s'agissant des esprits des Sapru, famille qui fut au cœur d'un drame terrible des années en arrière, là même où vivent désormais les Sayyed, ces derniers jouent un rôle fondamental dans la préservation des enfants que le groupe islamiste tente de dérober à leurs parents... Sans être un très grand film, Baramulla n'en est pas moins intéressant. Mettant notamment en lumière les conflits qui agitent le pays, le film aborde en outre le fantastique sous un angle plutôt original. Alors que les débuts sont laborieux, chargés de tant d'information que l'on prend le risque de s'y noyer, l'intrigue se met peu à peu en place pour nous délivrer en fin de récit le combat d'un pays pour sa préservation. L’avènement ici d'un phénomène d'ordre surnaturel s'ancrant relativement bien au réalisme que constitue ce témoignage plutôt touchant d'une famille bouleversée par son propre contexte familial mais aussi par tout ce qui va tourner autour de l'enquête. Disponible sur Netflix, Baramulla est donc plutôt une bonne surprise...

 

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