De manière presque inévitable, Girl in the Basement
d'Elisabeth Röhm évoque un autre drame tiré lui aussi d'un
fait-divers épouvantable. The Girl Next Door de
Gregory M. Wilson, adaptation du roman éponyme de Jack Ketchum
lui-même inspiré du terrifiant cas de Sylvia Likens, une
adolescente américaine qui dans les années soixante fut torturée
et assassinée par une certaine Gertrude Baniszewski qui en avait la
garde, avec la complicité de ses propres enfants ainsi que d'autres
gamins habitant dans le même quartier. Sous ses allures de téléfilm
du dimanche après-midi, The Girl Next Door
demeure au même titre qu'un Megan is Missing
signé de Michael Goi en 2011, l'une des expériences
cinématographiques parmi les plus inconfortables. Le genre de
production que l'on se promet généralement de ne plus jamais
revoir... Girl in the Basement
partage
avec lui cette propension à nous éclairer sur la nature humaine
dans ce qu'elle peut avoir de plus abjecte ! À l'origine du
récit dont le script a tout d'abord été adapté par la scénariste
Barbara Marshall, un fait-divers sordide comme les tabloïds se
régalent à en déverser à chaque parution mais dont l'horreur fut
telle qu'elle dépassa le simple cadre de ces torchons qui pour
vendre font dans le sensationnel... On se souvient tous de l'affaire
Natascha Kampusch. Cette jeune autrichienne qui à l'âge de dix ans
fut kidnappée par un inconnu avant d'être séquestrée dans un abri
anti-atomique situé sous la demeure de son ravisseur pendant huit
ans. De cette traumatisante expérience, la jeune victime tira en
2010 une autobiographie intitulée 3096
Jours
et correspondant à la durée de sa captivité. Un ouvrage fut
ensuite adapté sur grand écran trois ans plus tard par la
réalisatrice germano-américaine Sherry Hormann. Subissant des
sévices sexuels et des violences physiques, il devint après cela
impensable qu'un tel événement puisse de nouveau faire la une des
journaux. Et pourtant, alors que l'affaire Natascha Kampusch allait
être révélée au monde entier, une fois de plus en Autriche, sans
que personne ne puisse s'en douter, la jeune Elisabeth Fritzl vivait
déjà recluse par son père dans la cave de la demeure familiale
depuis vingt-deux années ! Auxquelles il aura fallut ajouter
deux ans de plus avant qu'elle ne parvienne enfin à s'extraire de
l'enfer dans lequel l'avait amenée son géniteur. Si l'on ne
s'accorde que sur la longueur des séquestrations dont furent les
victimes les deux jeunes autrichiennes, Elisabeth Fritzl ''remporte
haut la main'' le titre de la plus longue captivité avec pas moins
de vingt-quatre ans ! Une durée d'ailleurs très légèrement
raccourcie s'agissant de Girl in the Basement...
Ce
qui, au titre du fait-divers le plus horrible n'est absolument pas
réducteur lorsque l'on sait ce que dû subir l'adolescente. Tout
comme son homologue qui allait donc être libérée deux ans avant
qu'elle-même puisse fuir sa condition de captive, Elisabeth Fritzl
subit elle aussi des violences physiques ainsi que des sévices
sexuels. Mais là où l'abjecte atteint son point culminant, c'est
lorsque l'on apprend alors que son propre père la viola à tant de
reprises que l'adolescente donna naissance à sept enfants (quatre
s'agissant du long-métrage)... Avec un tel sujet, le souvenir de
The Girl Next Door
nous hante forcément. D'autant plus que pour le coup, le téléfilm
d'Elisabeth Röhm offre là encore une esthétique très proche du
concept de programme télévisé. Autant dire que visuellement, Girl
in the Basement
n'a pour l’œil attentif de l'expert es cinéma, rien de palpitant.
Suivi par une mise en scène relativement plan-plan. Du cinéma qui
aurait presque pu être familial si le sujet n'était pas aussi cruel
et sans précautions particulières. Car si la réalisatrice préfère
souvent les fondus au noir aux actes réellement démonstratifs, le
calvaire subit par l'adolescente devenue ensuite une jeune femme est
évocateur de l'enfer dans lequel la mena son père. Pour le coup,
nous nous trouvons face à un huis-clos souterrain, nu, glauque mais
''habillé'' au fil des années par la ''bonne volonté'' d'un père
(Judd Nelson dans le rôle de Don Cody) qui torture aussi bien
physiquement qu’intellectuellement sa fille, la violant sans cesse,
lui donnant quatre enfants (dont l'un mourra tandis qu'un autre
connaîtra des jours meilleurs que son frère Michael (Braxton
Bjerken) et sa sœur Mary (Emma Myers), condamnés à vivre reclus
auprès de leur mère Sarah impeccablement incarnée à l'image par
Stefanie Scott. Ambiance plus ou moins pesante, père tortionnaire et
sadique, Girl in the Basement
souffre peut-être d'être parfois expéditif dans ses raccourcis ce
qui a tendance à jouer sur l'empathie. Un attachement pour les
jeunes victimes et un intérêt pour le récit qui mettent donc du
temps à démarrer. L'on retiendra surtout de ce téléfilm
l'histoire vraie qui entoure le récit. Il y a cependant peu de
chance pour que l'on ressorte de la projection avec l'estomac aussi
noué que devant celle de The Girl Next Door...
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