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dimanche 15 février 2026

Girl in the Basement d'Elisabeth Röhm (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

De manière presque inévitable, Girl in the Basement d'Elisabeth Röhm évoque un autre drame tiré lui aussi d'un fait-divers épouvantable. The Girl Next Door de Gregory M. Wilson, adaptation du roman éponyme de Jack Ketchum lui-même inspiré du terrifiant cas de Sylvia Likens, une adolescente américaine qui dans les années soixante fut torturée et assassinée par une certaine Gertrude Baniszewski qui en avait la garde, avec la complicité de ses propres enfants ainsi que d'autres gamins habitant dans le même quartier. Sous ses allures de téléfilm du dimanche après-midi, The Girl Next Door demeure au même titre qu'un Megan is Missing signé de Michael Goi en 2011, l'une des expériences cinématographiques parmi les plus inconfortables. Le genre de production que l'on se promet généralement de ne plus jamais revoir... Girl in the Basement partage avec lui cette propension à nous éclairer sur la nature humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus abjecte ! À l'origine du récit dont le script a tout d'abord été adapté par la scénariste Barbara Marshall, un fait-divers sordide comme les tabloïds se régalent à en déverser à chaque parution mais dont l'horreur fut telle qu'elle dépassa le simple cadre de ces torchons qui pour vendre font dans le sensationnel... On se souvient tous de l'affaire Natascha Kampusch. Cette jeune autrichienne qui à l'âge de dix ans fut kidnappée par un inconnu avant d'être séquestrée dans un abri anti-atomique situé sous la demeure de son ravisseur pendant huit ans. De cette traumatisante expérience, la jeune victime tira en 2010 une autobiographie intitulée 3096 Jours et correspondant à la durée de sa captivité. Un ouvrage fut ensuite adapté sur grand écran trois ans plus tard par la réalisatrice germano-américaine Sherry Hormann. Subissant des sévices sexuels et des violences physiques, il devint après cela impensable qu'un tel événement puisse de nouveau faire la une des journaux. Et pourtant, alors que l'affaire Natascha Kampusch allait être révélée au monde entier, une fois de plus en Autriche, sans que personne ne puisse s'en douter, la jeune Elisabeth Fritzl vivait déjà recluse par son père dans la cave de la demeure familiale depuis vingt-deux années ! Auxquelles il aura fallut ajouter deux ans de plus avant qu'elle ne parvienne enfin à s'extraire de l'enfer dans lequel l'avait amenée son géniteur. Si l'on ne s'accorde que sur la longueur des séquestrations dont furent les victimes les deux jeunes autrichiennes, Elisabeth Fritzl ''remporte haut la main'' le titre de la plus longue captivité avec pas moins de vingt-quatre ans ! Une durée d'ailleurs très légèrement raccourcie s'agissant de Girl in the Basement...


Ce qui, au titre du fait-divers le plus horrible n'est absolument pas réducteur lorsque l'on sait ce que dû subir l'adolescente. Tout comme son homologue qui allait donc être libérée deux ans avant qu'elle-même puisse fuir sa condition de captive, Elisabeth Fritzl subit elle aussi des violences physiques ainsi que des sévices sexuels. Mais là où l'abjecte atteint son point culminant, c'est lorsque l'on apprend alors que son propre père la viola à tant de reprises que l'adolescente donna naissance à sept enfants (quatre s'agissant du long-métrage)... Avec un tel sujet, le souvenir de The Girl Next Door nous hante forcément. D'autant plus que pour le coup, le téléfilm d'Elisabeth Röhm offre là encore une esthétique très proche du concept de programme télévisé. Autant dire que visuellement, Girl in the Basement n'a pour l’œil attentif de l'expert es cinéma, rien de palpitant. Suivi par une mise en scène relativement plan-plan. Du cinéma qui aurait presque pu être familial si le sujet n'était pas aussi cruel et sans précautions particulières. Car si la réalisatrice préfère souvent les fondus au noir aux actes réellement démonstratifs, le calvaire subit par l'adolescente devenue ensuite une jeune femme est évocateur de l'enfer dans lequel la mena son père. Pour le coup, nous nous trouvons face à un huis-clos souterrain, nu, glauque mais ''habillé'' au fil des années par la ''bonne volonté'' d'un père (Judd Nelson dans le rôle de Don Cody) qui torture aussi bien physiquement qu’intellectuellement sa fille, la violant sans cesse, lui donnant quatre enfants (dont l'un mourra tandis qu'un autre connaîtra des jours meilleurs que son frère Michael (Braxton Bjerken) et sa sœur Mary (Emma Myers), condamnés à vivre reclus auprès de leur mère Sarah impeccablement incarnée à l'image par Stefanie Scott. Ambiance plus ou moins pesante, père tortionnaire et sadique, Girl in the Basement souffre peut-être d'être parfois expéditif dans ses raccourcis ce qui a tendance à jouer sur l'empathie. Un attachement pour les jeunes victimes et un intérêt pour le récit qui mettent donc du temps à démarrer. L'on retiendra surtout de ce téléfilm l'histoire vraie qui entoure le récit. Il y a cependant peu de chance pour que l'on ressorte de la projection avec l'estomac aussi noué que devant celle de The Girl Next Door...

 

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