Vous aimez pisser dans un
violon ? Jeter du sel dans la mer ? Parler aux murs ou plus
simplement, perdre votre temps ? Alors il y a de fortes chances
pour que Strange Rampage de
Harry Kerwin soit fait pour vous. Que le ciel me tombe sur la tête,
qu'un ouragan emporte ma demeure, qu'une invasion de rats vienne
piller mes réserves de nourriture si un jour je trouve pire ''film''
à me coller devant la rétine. Et pourtant, hier encore, j'étais
persuadé qu'avec Love after Death
de l'argentin Glauco Del Mar j'avais atteint les limites raisonnables
d'un type très particulier de longs-métrages. Le nudies...
Ce très curieux sous-genre qui fit florès dans les années
cinquante et soixante et dont le principe plus que douteux fut
largement exploité sur le territoire américain a pour principal
''intérêt'' d'exhiber de jolies jeunes femmes à majorité blondes
et brunes (où sont donc passées les rouquines?). Non pas vêtues de
robes de soirée élégantes mais presque nues comme des vers,
poitrines saillantes, fessiers molletonnés, ligne d'épaule délicate
et surtout, oui, surtout, bouche cousue ! Bref, des objets de
fantasmes qui une fois encore avec Strange
Rampage posent
la question de l'intérêt de ce genre de productions généralement
mal filmées, mal interprétées, mal écrites et techniquement à la
ramasse. Oh, j'en vois bien qui ont une réponse toute faite à cette
question, la main tendue vers le pantalon, caressant langoureusement
la braguette ou les premiers boutons, dans l'attente du top de départ
pour se donner du plaisir devant Miss ''Boobs''
en personne ! Mais trêve de plaisanterie, l'heure est grave.
Tandis qu'aujourd'hui les néo-féministes hissent des pancartes
castratrices à base de ''A
bas le patriarcat'',
à l'époque l'on était moins regardant sur la marchandise. Entre
droit de regard inexistant et droit de cuissage très opérant,
Strange Rampage semble
se vouloir autant une comédie qu'une vue sur le sujet de la
sexualité féminine. Ici, frustrée et présentée par un pseudo
psychanalyste pour qui le secret médical est un concept apparemment
superfétatoire. Soixante-cinq minutes durant, le docteur Nathan
Sarbone (Brad F. Grinter) nous explique que des femmes vivant seules
sont rendues folles par la solitude...
Afin
de pallier au manque d'hommes dans leur existence, celles-ci
compulsent une brochure vantant les mérites de Miami Beach.
L'occasion pour notre spécialiste es sexologie d'évoquer le cas de
quatre femmes dont deux au moins valent le détour. À commencer par
Ann Rowe (Ann Howe) qui, convaincue d'être atteinte d'une éruption
cutanée, ne peut s'empêcher de se foutre à poil afin de montrer
ses boutons à des inconnus. Ou encore le cas de Sally Lane (Bunny
Ware), jeune femme très physiquement pointilleuse s'agissant des
hommes. Bien qu'elle finisse par trouver le conjoint idéal se pose
un sérieux problème : la jeune femme ne parvient pas à le
charmer malgré d'innombrables tentatives de séduction. Et l'on
comprendra rapidement pour quelle raison ! Si Love
after Death (qui
devrait apparaître ici très prochainement) était déjà très
mauvais, Strange Rampage
élève le genre Nudies
au panthéon du navet ! Malgré des actrices qui se laissent
amadouer au point que l'on se demande si elles iront jusqu'à ôter
ce petit bout de tissu qui camoufle leur toison (ce qui,
malheureusement, n'arrive jamais) et dont les corps ne souffrent
d'aucune imperfection ou presque, ce court long-métrage de Harry
Kerwin n'offre en réalité que peu d'intérêt. Du Soft-porn
effeuillant juste assez ses interprètes pour que les libidineux
spectateurs visés soient attirés telle des guêpes par le miel mais
pas assez pour que l'amateur de porno hardcore ''se fasse la main''
sur des actrices monolithique dont les cours de théâtre auront
probablement cessé au bout d'une semaine seulement. Beaucoup trop de
blabla de la part du docteur Nathan Sarbone mais aussi et surtout,
des scènes interminables. Comme cette jolie blonde à forte poitrine
(comme dirait un ancien humoriste) se déshabillant devant un
parterre de ''messieurs'' très bien élevés et s'exhibant durant
pas moins de... sept... longues... minutes ! Le concept était
de base plutôt original mais le résultat final sonne
malheureusement creux. Aucun intérêt ou presque pour le spectateur
lambda. Car à moins d'être un ''Nudiesophile''
forcené, Strange Rampage
n'est d'aucun intérêt. D'un point de vue cinématographique ou
psychanalytique... Vous êtes prévenus...
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