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jeudi 29 janvier 2026

Blood Thirst de Newt Arnold (1971) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Si le nom de Newt Arnold évoque d'abord et avant tout Bloodsport, tous les coups sont permis qu'il réalisa en 1988, l'homme a surtout consacré sa carrière au métier d'assistant réalisateur ou à celui de réalisateur de seconde équipe. C'est ainsi qu'en un peu plus de trente ans de métier il a notamment travaillé sur Guet-apens et Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah en 1972 et 1973, La tour infernale de John Guillermin en 1974, Le convoi de la peur de William Friedkin en 1977, sur Blade Runner de Ridley Scott en 1982 ou encore Abyss de James Cameron en 1989. Bref, un sacré pedigree pour celui qui fut également scénariste, producteur, acteur et donc réalisateur, de trois longs-métrages dont le film d'horreur Blood Thirst en 1971. Sur un scénario de N.I.P. Dennis, ce petit long-métrage en noir et blanc plutôt méconnu chez nous vaut pourtant bien mieux que l'indifférence dans laquelle il s'est retrouvé bien après sa très confidentielle projection en France le 14 mai 1971 dans de rares salles de cinéma. Depuis, le film de Newt Arnold ne semble pas avoir bénéficié de la moindre sortie sur support physique chez nous mais avec un peu de chance, il est possible de le découvrir dans de piètres copies sur Internet à travers divers sites de streaming et autres méthodes plus ou moins légales. En effet, scénariste et réalisateur semblent s'être évertués à ne pas faire de leur bébé une quelconque production horrifique en élevant parfois notamment les dialogues au dessus du niveau imposé par ce genre de productions. Et même si l'on a une nouvelle fois le droit à la sempiternelle amourette entre le héros et la fille d'un proche ami, le sujet demeure suffisamment original et surtout bien écrit pour que Blood Thirst ne devienne pas que le petit film d'horreur vite vu, vite oublié. À défaut d'avoir pu bénéficier d'une copie visuellement honorable, c'est donc au cœur d'une intrigue policière matinée d'épouvante et de fantastique que nous convie Newt Arnold. L'intrigue démarre alors qu'une employée du Barrio club ayant généreusement accepté de rester tard le soir pour aider son employeur à faire l'inventaire est retrouvée morte, suspendue par les pieds, les deux bras marqués par deux longues entailles et le corps vidé de son sang. Maria Cortez n'est pas la première victime d'une série de meurtres commis par un individu qui a pour habitude d'agir dans l'obscurité. L'inspecteur Miguel Ramos (Vic Diaz) ne parvenant pas à mettre la main sur l'assassin, celui-ci décide de faire appel à son ami américain le détective Adam Rourke (Robert Winston) afin qu'il l'aide à résoudre cette enquête qui déjà a fait de nombreuses victimes...


Se faisant passer pour un écrivain intéressé à l'idée d'écrire un livre sur l'affaire, Adam s'infiltre au Barrio Club afin d'entrer en contact avec le propriétaire, un certain Calderon (Vic Silayan). Très populaire, le club est surtout apprécié des clients grâce à la présence de Serena (Yvonne Nielson) qui chaque soir danse langoureusement devant eux. Lancé dans son enquête, Adam est en outre aidé par Sylvia (Katherine Henryk), la fille adoptive de son ami et inspecteur Miguel Ramos... Filmé en noir et blanc, Blood Thirst mêle donc film policier et fantastique, situant ainsi son action à Manille. Financé par la société de production Journey Productions Inc., le long-métrage a entièrement été tourné aux Philippines comme en témoigne une partie des interprètes qui sont issus du cru. Newt Arnold ne fait pas longtemps mystère s'agissant de l'étrange apparence de l'assassin qui même s'il est rapidement filmé en arrière-plan et dans l'obscurité exhibe un visage monstrueux. Alors, masque de Halloween ? Visage gravement abîmé à la suite d'un accident qui justifierait que son propriétaire ait une revanche à prendre ? Maladie génétique ? Malédiction ? Si la réponse à cette question tarde, la résolution de l'énigme passera par un concept très en raccord avec l'idée d'un rituel archaïque invoquant la vie éternelle. Construit autour d'excellents dialogues, Blood Thirst met en scène un personnage central relativement agaçant. Du moins lors de la première moitié du récit durant laquelle son interprète fait l'étalage de son assurance en tant qu'américain plutôt séduisant en ravissant ou, à minima, en reluquant toute femme qui passe à sa portée. À croire que le bonhomme est d'abord venu faire du tourisme sexuel pour, seulement ensuite, enquêter sur la série de meurtre qui endeuille Manille et à proprement parler le Barrio Club. Aidé par un inspecteur cul-de-jatte, victime d'une tentative de meurtre, soutenu par un compagnon d'un genre tout à fait inédit (un mannequin à son effigie), Adam parviendra comme on s'en doute à résoudre une affaire qui tient davantage du surnaturel que du meurtre sadique ou crapuleux... Une très bonne surprise...

 

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