Si le nom de Newt Arnold
évoque d'abord et avant tout Bloodsport, tous les coups sont
permis qu'il
réalisa en 1988, l'homme a surtout consacré sa carrière au métier
d'assistant réalisateur ou à celui de réalisateur de seconde
équipe. C'est ainsi qu'en un peu plus de trente ans de métier il a
notamment travaillé sur Guet-apens
et Pat Garrett et Billy le Kid de
Sam Peckinpah en 1972 et 1973, La tour infernale
de John Guillermin en 1974, Le convoi de la peur
de
William Friedkin en 1977, sur Blade Runner de
Ridley Scott en 1982 ou encore Abyss de
James Cameron en 1989. Bref, un sacré pedigree pour celui qui fut
également scénariste, producteur, acteur et donc réalisateur, de
trois longs-métrages dont le film d'horreur Blood
Thirst
en 1971. Sur un scénario de N.I.P. Dennis, ce petit long-métrage en
noir et blanc plutôt méconnu chez nous vaut pourtant bien mieux que
l'indifférence dans laquelle il s'est retrouvé bien après sa très
confidentielle projection en France le 14 mai 1971 dans de rares
salles de cinéma. Depuis, le film de Newt Arnold ne semble pas avoir
bénéficié de la moindre sortie sur support physique chez nous mais
avec un peu de chance, il est possible de le découvrir dans de
piètres copies sur Internet à travers divers sites de streaming et
autres méthodes plus ou moins légales. En effet, scénariste et
réalisateur semblent s'être évertués à ne pas faire de leur bébé
une quelconque production horrifique en élevant parfois notamment
les dialogues au dessus du niveau imposé par ce genre de
productions. Et même si l'on a une nouvelle fois le droit à la
sempiternelle amourette entre le héros et la fille d'un proche ami,
le sujet demeure suffisamment original et surtout bien écrit pour
que Blood Thirst
ne devienne pas que le petit film d'horreur vite vu, vite oublié. À
défaut d'avoir pu bénéficier d'une copie visuellement honorable,
c'est donc au cœur d'une intrigue policière matinée d'épouvante
et de fantastique que nous convie Newt Arnold. L'intrigue démarre
alors qu'une employée du Barrio
club ayant
généreusement accepté de rester tard le soir pour aider son
employeur à faire l'inventaire est retrouvée morte, suspendue par
les pieds, les deux bras marqués par deux longues entailles et le
corps vidé de son sang. Maria Cortez n'est pas la première victime
d'une série de meurtres commis par un individu qui a pour habitude
d'agir dans l'obscurité. L'inspecteur Miguel Ramos (Vic Diaz) ne
parvenant pas à mettre la main sur l'assassin, celui-ci décide de
faire appel à son ami américain le détective Adam Rourke (Robert
Winston) afin qu'il l'aide à résoudre cette enquête qui déjà a
fait de nombreuses victimes...
Se
faisant passer pour un écrivain intéressé à l'idée d'écrire
un livre sur l'affaire, Adam s'infiltre au Barrio
Club
afin d'entrer en contact avec le propriétaire, un certain Calderon
(Vic Silayan). Très populaire, le club est surtout apprécié des
clients grâce à la présence de Serena (Yvonne Nielson) qui chaque
soir danse langoureusement devant eux. Lancé dans son enquête, Adam
est en outre aidé par Sylvia (Katherine Henryk), la fille adoptive
de son ami et inspecteur Miguel Ramos... Filmé en noir et blanc,
Blood Thirst
mêle donc film policier et fantastique, situant ainsi son action à
Manille. Financé par la société de production Journey
Productions Inc.,
le long-métrage a entièrement été tourné aux Philippines comme
en témoigne une partie des interprètes qui sont issus du cru. Newt
Arnold ne fait pas longtemps mystère s'agissant de l'étrange
apparence de l'assassin qui même s'il est rapidement filmé en
arrière-plan et dans l'obscurité exhibe un visage monstrueux.
Alors, masque de Halloween ? Visage gravement abîmé à la
suite d'un accident qui justifierait que son propriétaire ait une
revanche à prendre ? Maladie génétique ? Malédiction ?
Si la réponse à cette question tarde, la résolution de l'énigme
passera par un concept très en raccord avec l'idée d'un rituel
archaïque invoquant la vie éternelle. Construit autour d'excellents
dialogues, Blood Thirst
met en scène un personnage central relativement agaçant. Du moins
lors de la première moitié du récit durant laquelle son interprète
fait l'étalage de son assurance en tant qu'américain plutôt
séduisant en ravissant ou, à minima, en reluquant toute femme qui
passe à sa portée. À croire que le bonhomme est d'abord venu faire
du tourisme sexuel pour, seulement ensuite, enquêter sur la série
de meurtre qui endeuille Manille et à proprement parler le Barrio
Club.
Aidé par un inspecteur cul-de-jatte, victime d'une tentative de
meurtre, soutenu par un compagnon d'un genre tout à fait inédit (un
mannequin à son effigie), Adam parviendra comme on s'en doute à
résoudre une affaire qui tient davantage du surnaturel que du
meurtre sadique ou crapuleux... Une très bonne surprise...

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