Le cinéaste canadien David Cronenberg demeure toujours une source
d'inspiration pour les auteurs de films d'horreur. Car rien qu'en
cette année 2025 déclinante, une dizaine de longs-métrages dont au
moins la moitié qui ont fait parler d'eux sont sortis soit sur grand
écran, soit directement sur diverses plate-formes légales de
streaming. Parmi eux, l'excellent Bring Her Back,
œuvre viscéralement passionnante signée des frères Danny and
Michael Philippou qui déjà en 2022 avaient réussi à nous
surprendre avec l''horrifique et très réussi Talk
to Me
sorti chez nous sous le titre La main.
Notons également la version déviante de Cendrillon
avec The Ugly Stepsister
d'Emilie Blichfeldt, le Control Freak
de Shal Ngo ou, évidemment, le Together de
Michael
Shanks dont tout le monde a probablement entendu parler. Sans oublier
la production franco-belge Alpha,
troisième film de l'auteure de la Palme d'or du festival de Cannes
en 2021 avec le beaucoup trop surestimé Titane
et qui cette année est encore une fois revenue avec une nouvelle
proposition de Body Horror sans qu'une fois de plus elle ne parvienne
à faire particulièrement briller le genre... Parmi les petits
retardataires nous citerons enfin l'inattendu Kombucha
de
Jake Myers. Lequel n'a rien à voir avec un célèbre tueur en série
masqué perpétrant des meurtres lors de la fête d'Halloween mais
qui avec son dernier long-métrage adapte au format long son propre
court-métrage Kombucha!
qu'il réalisa deux ans en arrière. Le film dont le script repose
sur l'écriture du metteur en scène mais aussi sur celle du
scénariste Geoff Bakken suit les aventures du guitariste Luke
Merritt (incarné par le très sympathique Terrence Carey). Après
des années de ''galère'' à chercher à gagner sa vie, il croise
tout à fait par hasard un très vieil ami qu'il n'avait pas revu
depuis de nombreuses années et qui lui propose de travailler pour
l'entreprise Symbio.
La manageuse de la société accueille Luke et lui promet un avenir
radieux s'il collabore efficacement dans le cadre d'une entreprise
hyper-active qui pourrait très rapidement lui permettre de gagner
des primes et mieux, de prendre du galon. Mais il demeure en revanche
un étonnant ''rituel'' auquel s'adonnent tous les employés de
Symbio.
Chacun boit quotidiennement sa ''ration'' de Kombucha. Une boisson
fermentée que déteste cependant Luke mais qui renferme dans le cas
du produit proposé par l'entreprise dirigée par Kelsey (Claire
McFadden) certains ingrédients qui demeurent secrets. Tandis qu'il
vit séparé de son ex-petite amie Elyse (Paige Bourne), Luke se
force à boire du Kombucha afin d'être réglé sur le mode de
fonctionnement de l'entreprise. Et tandis que le jour de son embauche
une femme se rue dans les locaux de Symbio
afin d'accuser Kelsey d'être en partie responsable de la mort de sa
fille, Luke se met à boire comme tout le monde sa dose de boisson
fermentée jusqu'à en devenir dépendant... Causant ainsi quelques
dérèglements d'ordre intestinal...
Un
moindre mal en comparaison de ce qu'il va bientôt subir à l'image
de quelques autres symptômes déjà nettement plus inquiétants......
Outre son côté Body Horror, Kombucha
épouse également les contours d'un autre type de cinéma qui lui se
rapproche davantage de la science-fiction que de l'horreur ou de
l'épouvante. On pense ici au classique de Philip Kaufman L'invasion
des profanateurs
et de tous ceux qui lui ont succédé sans jamais l'égaler dans le
sous-genre Body Snatchers ! Un concept fascinant qui fut et
demeure encore aujourd'hui décortiqué sous toutes ses coutures et
dont le principe est relativement simple : il s'agit en général
d'une race extraterrestre qui pour se fondre dans la masse en toute
discrétion et pour éventuellement préparer une invasion possède
le corps d'hôtes humains. Une vision encore plus radicale lorsque la
''créature'', qu'elle soit extraterrestre ou non d'ailleurs, choisit
carrément de remplacer l'homme ou la femme dont il conserve l'exacte
apparence ! Ici, le sujet reste encore lointainement évoqué
jusqu'à ce que Elyse mette enfin à jour la réalité de Symbio.
Une entreprise qui un peu à la manière du génial Invasion
Los Angeles
de John Carpenter prépare donc de son côté l'invasion encore
supposée d'une espèce venue d'une lointaine galaxie dont l'une des
représentantes s'avère donc être Kelsey. Dans le genre Body
Horror, le long-métrage de Jake Myers fait partie des tous meilleurs
à avoir vu le jour cette année. Ne s'embarrassant pas d'effets de
style scénaristiques ou visuels superflus, le film peut compter sur
l'incarnation de ses différents personnages et notamment celle
qu'offre Terrence Carey à ce pauvre Luke, ce sympathique musicien
qui pour reconquérir le cœur de son ex va accepter un poste dont il
ne soupçonnera que très tardivement les véritables enjeux. Bien
que l'essentiel du film tourne autour du genre Horreur, Kombucha
n'en est pas moins doté d'un certain humour qui contrairement aux
habitudes des comédies horrifiques n'en fait pas des caisses mais
s'avère être tout au contraire capable de doser l'attitude parfois
amusante de Luke dans un contexte théoriquement inquiétant. Au
final, Kombucha
est vraiment une très bonne surprise. Frais sans être totalement
innovant, il clôt en cette année 2025, le cinéma d'horreur en
beauté...
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