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vendredi 9 janvier 2026

Kombucha de Jake Myers (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le cinéaste canadien David Cronenberg demeure toujours une source d'inspiration pour les auteurs de films d'horreur. Car rien qu'en cette année 2025 déclinante, une dizaine de longs-métrages dont au moins la moitié qui ont fait parler d'eux sont sortis soit sur grand écran, soit directement sur diverses plate-formes légales de streaming. Parmi eux, l'excellent Bring Her Back, œuvre viscéralement passionnante signée des frères Danny and Michael Philippou qui déjà en 2022 avaient réussi à nous surprendre avec l''horrifique et très réussi Talk to Me sorti chez nous sous le titre La main. Notons également la version déviante de Cendrillon avec The Ugly Stepsister d'Emilie Blichfeldt, le Control Freak de Shal Ngo ou, évidemment, le Together de Michael Shanks dont tout le monde a probablement entendu parler. Sans oublier la production franco-belge Alpha, troisième film de l'auteure de la Palme d'or du festival de Cannes en 2021 avec le beaucoup trop surestimé Titane et qui cette année est encore une fois revenue avec une nouvelle proposition de Body Horror sans qu'une fois de plus elle ne parvienne à faire particulièrement briller le genre... Parmi les petits retardataires nous citerons enfin l'inattendu Kombucha de Jake Myers. Lequel n'a rien à voir avec un célèbre tueur en série masqué perpétrant des meurtres lors de la fête d'Halloween mais qui avec son dernier long-métrage adapte au format long son propre court-métrage Kombucha! qu'il réalisa deux ans en arrière. Le film dont le script repose sur l'écriture du metteur en scène mais aussi sur celle du scénariste Geoff Bakken suit les aventures du guitariste Luke Merritt (incarné par le très sympathique Terrence Carey). Après des années de ''galère'' à chercher à gagner sa vie, il croise tout à fait par hasard un très vieil ami qu'il n'avait pas revu depuis de nombreuses années et qui lui propose de travailler pour l'entreprise Symbio. La manageuse de la société accueille Luke et lui promet un avenir radieux s'il collabore efficacement dans le cadre d'une entreprise hyper-active qui pourrait très rapidement lui permettre de gagner des primes et mieux, de prendre du galon. Mais il demeure en revanche un étonnant ''rituel'' auquel s'adonnent tous les employés de Symbio. Chacun boit quotidiennement sa ''ration'' de Kombucha. Une boisson fermentée que déteste cependant Luke mais qui renferme dans le cas du produit proposé par l'entreprise dirigée par Kelsey (Claire McFadden) certains ingrédients qui demeurent secrets. Tandis qu'il vit séparé de son ex-petite amie Elyse (Paige Bourne), Luke se force à boire du Kombucha afin d'être réglé sur le mode de fonctionnement de l'entreprise. Et tandis que le jour de son embauche une femme se rue dans les locaux de Symbio afin d'accuser Kelsey d'être en partie responsable de la mort de sa fille, Luke se met à boire comme tout le monde sa dose de boisson fermentée jusqu'à en devenir dépendant... Causant ainsi quelques dérèglements d'ordre intestinal...


Un moindre mal en comparaison de ce qu'il va bientôt subir à l'image de quelques autres symptômes déjà nettement plus inquiétants...... Outre son côté Body Horror, Kombucha épouse également les contours d'un autre type de cinéma qui lui se rapproche davantage de la science-fiction que de l'horreur ou de l'épouvante. On pense ici au classique de Philip Kaufman L'invasion des profanateurs et de tous ceux qui lui ont succédé sans jamais l'égaler dans le sous-genre Body Snatchers ! Un concept fascinant qui fut et demeure encore aujourd'hui décortiqué sous toutes ses coutures et dont le principe est relativement simple : il s'agit en général d'une race extraterrestre qui pour se fondre dans la masse en toute discrétion et pour éventuellement préparer une invasion possède le corps d'hôtes humains. Une vision encore plus radicale lorsque la ''créature'', qu'elle soit extraterrestre ou non d'ailleurs, choisit carrément de remplacer l'homme ou la femme dont il conserve l'exacte apparence ! Ici, le sujet reste encore lointainement évoqué jusqu'à ce que Elyse mette enfin à jour la réalité de Symbio. Une entreprise qui un peu à la manière du génial Invasion Los Angeles de John Carpenter prépare donc de son côté l'invasion encore supposée d'une espèce venue d'une lointaine galaxie dont l'une des représentantes s'avère donc être Kelsey. Dans le genre Body Horror, le long-métrage de Jake Myers fait partie des tous meilleurs à avoir vu le jour cette année. Ne s'embarrassant pas d'effets de style scénaristiques ou visuels superflus, le film peut compter sur l'incarnation de ses différents personnages et notamment celle qu'offre Terrence Carey à ce pauvre Luke, ce sympathique musicien qui pour reconquérir le cœur de son ex va accepter un poste dont il ne soupçonnera que très tardivement les véritables enjeux. Bien que l'essentiel du film tourne autour du genre Horreur, Kombucha n'en est pas moins doté d'un certain humour qui contrairement aux habitudes des comédies horrifiques n'en fait pas des caisses mais s'avère être tout au contraire capable de doser l'attitude parfois amusante de Luke dans un contexte théoriquement inquiétant. Au final, Kombucha est vraiment une très bonne surprise. Frais sans être totalement innovant, il clôt en cette année 2025, le cinéma d'horreur en beauté...

 

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