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mercredi 7 janvier 2026

It Feeds de Chad Archibald (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆


En relisant un ancien article que j'avais consacré voilà presque dix ans à Bite de Chad Archibald (non, non, ça n'est vraiment pas du tout ce que vous pouvez penser), je redécouvrais une œuvre dont je n'avais conservé aucun souvenir et qui à la lecture de l'article en question me rappela qu'elle ne m'avait pas spécialement séduit. En 2025, et après avoir complètement oublié l'existence du réalisateur, scénariste et producteur canadien, voilà qu'est sorti son dernier long-métrage intitulé It Feeds... En parcourant la filmographie de Chad Archibald, l'on peut constater que le bonhomme s'intéresse majoritairement au cinéma d'horreur. Ce qui peut donc laisser penser que depuis Bite, celui-ci a pu faire évoluer son cinéma, proposant une matière plus noble ou au contraire beaucoup plus ''concentrée'' en terme de frissons. Pourtant, rien n'est évident au premier abord. Se laissant ainsi glisser vers cette insupportable mode qui consiste à directement plonger les protagonistes dans une séquence d'ouverture bourrée d'énergie, d'effets gore ou cherchant immédiatement à retenir l'attention du spectateur de peur qu'il ne quitte la projection après seulement deux ou trois minutes ! Une séquence qu'il vaudra mieux oublier pour ne se concentrer que sur le début véritable du récit. Lorsque déboule sans prévenir chez la psychiatre Cynthia (Ashley Greene) et sa fille Jordan (Ellie O'Brien), Riley (Shayelin Martin), une gamine de quatorze ans terrifiée par une entité qui selon elle ne cesse de la traquer. La particularité de Cynthia est d'être en mesure de lire dans les pensées de ses patients et ainsi de résoudre les désordres psychiques dont ils sont les victimes. Cependant, la mère de Jordan s'impose des limites. En effet, sachant très bien que certains cas peuvent avoir de très fortes répercussions sur elle et sur sa fille qui l'assiste, Cynthia se refuse de traiter les plus lourds d'entre eux. Mais touchée par le cas de Riley, Jordan ne tient pas compte des conseils de sa mère et décide de se rendre chez le père de l'adolescente afin de lui apporter son soutien. Grave erreur... ! It Feeds explore plusieurs thématiques. À commencer bien entendu par le cas de cette gamine ''harcelée'' par une entité démoniaque comme on en retrouve dans pas mal d’œuvres horrifico-fantastiques. Mais le film de Chad Archibald s'intéresse également aux rapports qu'entretiennent Cynthia et Jordan vis à vis d'un traumatisme qui remonte au décès de l'époux et du père du duo qu'incarnent les deux interprètes féminines. Une peur viscérale qui chez la mère l'empêche d'assumer l'hypothèse selon laquelle, ''entrer'' dans la tête de certains de ses patients pourrait lui faire revivre le trauma en question...


Le cinéaste développe ainsi une certaine forme de conflit intérieur entre la mère et la fille. La première prenant un maximum de précautions tandis que la seconde s'apprête à rejeter toute idée d'abandonner une adolescente aux abois. De manière parfois stérile, Chad Archibald use et abuse d'effets relatifs au genre. Les jump scare y sont légion et le film est donc par conséquent un peu trop entreprenant en la matière. Se traduisant par Ça nourrit, le long-métrage est proche de certaines œuvres qui par le passé réussirent à marquer les esprits. Telle la franchise Insidious ou bien It Follows dans lequel une malédiction se transmettait de personne à personne. Ici, c'est bien l'intervention de Jordan qui va compliquer littéralement les choses. Devenant involontairement la nouvelle victime de l'entité, sa mère va ensuite tout entreprendre afin de l'en libérer... Principalement incarné par Ashley Greene dont la carrière fut notamment marquée par le rôle d'Alice Cullen dans la franchise ''vampirique'' Twilight, l'actrice est épaulée par la jeune et talentueuse Ellie O'Brien, laquelle interprète une Jordan relativement convaincante. Même si le film n'invente en réalité pas grand chose, l'on retiendra le duo d'actrices, certes, mais aussi certaines visions macabres dont la persistance transforme ce qui au départ ne semblait être qu'une consultation anodine en voyage halluciné dans les tréfonds de l'Enfer. Quelques séquences s'avèrent particulièrement marquantes. Comme la présence de cette ancienne victime de l'entité, attachée dans la cave de père de Riley et dont les stigmates visibles sur le corps et le visage laissent une idée assez précise des souffrances qu'elle eut à subir ! Ou comme l'entité en question qui dans le genre ''Creepy'' n'a sans doute aucun compte à rendre à ses aînés en terme d'apparence, telles les différentes créatures incarnées au fil des années par l'acteur espagnol Javier Botet et dont le personnage de Niña Medeiros de la saga [●REC] demeure toujours l'une des références ultimes. Sans oublier certains décors réellement lugubres donnant une idée parfois assez précise de ce à quoi pourrait ressembler le Pandémonium ainsi qu'une musique très souvent bruyante et ininterrompue. Cependant, une fois la projection achevée, il n'est pas certain que l'on ressente l'envie ou le besoin de s'y replonger...


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