En relisant un ancien
article que j'avais consacré voilà presque dix ans à Bite
de Chad Archibald (non, non, ça n'est vraiment pas du tout ce que
vous pouvez penser), je redécouvrais une œuvre dont je n'avais
conservé aucun souvenir et qui à la lecture de l'article en
question me rappela qu'elle ne m'avait pas spécialement séduit. En
2025, et après avoir complètement oublié l'existence du
réalisateur, scénariste et producteur canadien, voilà qu'est sorti
son dernier long-métrage intitulé It Feeds...
En parcourant la filmographie de Chad Archibald, l'on peut constater
que le bonhomme s'intéresse majoritairement au cinéma d'horreur. Ce
qui peut donc laisser penser que depuis Bite,
celui-ci a pu faire évoluer son cinéma, proposant une matière
plus noble ou au contraire beaucoup plus ''concentrée'' en terme de
frissons. Pourtant, rien n'est évident au premier abord. Se laissant
ainsi glisser vers cette insupportable mode qui consiste à
directement plonger les protagonistes dans une séquence d'ouverture
bourrée d'énergie, d'effets gore ou cherchant immédiatement à
retenir l'attention du spectateur de peur qu'il ne quitte la
projection après seulement deux ou trois minutes ! Une séquence
qu'il vaudra mieux oublier pour ne se concentrer que sur le début
véritable du récit. Lorsque déboule sans prévenir chez la
psychiatre Cynthia (Ashley Greene) et sa fille Jordan (Ellie
O'Brien), Riley (Shayelin Martin), une gamine de quatorze ans
terrifiée par une entité qui selon elle ne cesse de la traquer. La
particularité de Cynthia est d'être en mesure de lire dans les
pensées de ses patients et ainsi de résoudre les désordres
psychiques dont ils sont les victimes. Cependant, la mère de Jordan
s'impose des limites. En effet, sachant très bien que certains cas
peuvent avoir de très fortes répercussions sur elle et sur sa fille
qui l'assiste, Cynthia se refuse de traiter les plus lourds d'entre
eux. Mais touchée par le cas de Riley, Jordan ne tient pas compte
des conseils de sa mère et décide de se rendre chez le père de
l'adolescente afin de lui apporter son soutien. Grave erreur... !
It Feeds
explore plusieurs thématiques. À commencer bien entendu par le cas
de cette gamine ''harcelée'' par une entité démoniaque comme on en
retrouve dans pas mal d’œuvres horrifico-fantastiques. Mais le
film de Chad Archibald s'intéresse également aux rapports
qu'entretiennent Cynthia et Jordan vis à vis d'un traumatisme qui
remonte au décès de l'époux et du père du duo qu'incarnent les
deux interprètes féminines. Une peur viscérale qui chez la mère
l'empêche d'assumer l'hypothèse selon laquelle, ''entrer'' dans la
tête de certains de ses patients pourrait lui faire revivre le
trauma en question...
Le
cinéaste développe ainsi une certaine forme de conflit intérieur
entre la mère et la fille. La première prenant un maximum de
précautions tandis que la seconde s'apprête à rejeter toute idée
d'abandonner une adolescente aux abois. De manière parfois stérile,
Chad Archibald use et abuse d'effets relatifs au genre. Les jump
scare y sont légion et le film est donc par conséquent un peu trop
entreprenant en la matière. Se traduisant par Ça
nourrit,
le long-métrage est proche de certaines œuvres qui par le passé
réussirent à marquer les esprits. Telle la franchise Insidious
ou bien It Follows
dans lequel une malédiction se transmettait de personne à personne.
Ici, c'est bien l'intervention de Jordan qui va compliquer
littéralement les choses. Devenant involontairement la nouvelle
victime de l'entité, sa mère va ensuite tout entreprendre afin de
l'en libérer... Principalement incarné par Ashley Greene dont la
carrière fut notamment marquée par le rôle d'Alice Cullen dans la
franchise ''vampirique'' Twilight,
l'actrice est épaulée par la jeune et talentueuse Ellie O'Brien,
laquelle interprète une Jordan relativement convaincante. Même si
le film n'invente en réalité pas grand chose, l'on retiendra le duo
d'actrices, certes, mais aussi certaines visions macabres dont la
persistance transforme ce qui au départ ne semblait être qu'une
consultation anodine en voyage halluciné dans les tréfonds de
l'Enfer. Quelques séquences s'avèrent particulièrement marquantes.
Comme la présence de cette ancienne victime de l'entité, attachée
dans la cave de père de Riley et dont les stigmates visibles sur le
corps et le visage laissent une idée assez précise des souffrances
qu'elle eut à subir ! Ou comme l'entité en question qui dans
le genre ''Creepy'' n'a sans doute aucun compte à rendre à ses
aînés en terme d'apparence, telles les différentes créatures
incarnées au fil des années par l'acteur espagnol Javier Botet et
dont le personnage de Niña Medeiros de la saga [●REC]
demeure toujours l'une des références ultimes. Sans oublier
certains décors réellement lugubres donnant une idée parfois assez
précise de ce à quoi pourrait ressembler le Pandémonium
ainsi qu'une musique très souvent bruyante et ininterrompue.
Cependant, une fois la projection achevée, il n'est pas certain que
l'on ressente l'envie ou le besoin de s'y replonger...
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