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mardi 30 mai 2023

Prisoners of Ghostland de Sion Sono (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 




 

L'univers cinématographique du réalisateur japonais Sion Sono s'occidentalise. Avec parcimonie, bien entendu. C'est pourtant d'autant plus vrai que son dernier long-métrage Prisoners of Ghostland n'a pas d'alternative japonaise puisqu'il s'agit du titre qu'a choisi de donner l'auteur à son dernier projet qui fut projeté dans les salles américaines voilà deux ans mais est directement sorti en VOD et en DVD le 9 février 2022 dans l'hexagone. Si les détracteurs du réalisateur campent ici sur leurs positions, il est étonnant de découvrir que les fans, ou du moins, une partie d'entre eux, n'ont pas adhéré à ce dernier effort d'un cinéaste décidément plein de surprises. Et pourtant, une fois encore Sion Sono démontre avec un certain génie l'importance de son cinéma et de ses multiples visions. Il offre à l'acteur américain Nicolas Cage le rôle principal de Hero. Ce personnage sans véritable patronyme surnommé ainsi par les individus enfermés dans la fameuse ''ville'' de Ghostland et qui scandent ce nom de substitution. Bandit ayant été à l'origine d'un massacre commit par son complice lors d'un braquage de banque, le voici désormais enfermé dans la cellule d'une prison dont seul le Gouverneur (l'acteur Bill Moseley qui interpréta notamment le membre de la famille de timbrés de Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Top Chop en 1986) peut décider de sa libération. Lorsque la petite-fille de ce dernier disparaît (l'actrice franco-algérienne Sofia Boutella dans le rôle de Bernice), celui-ci propose un marché à Hero : la chercher, la retrouver et la ramener auprès de son grand-père. Mais ne pouvant pas laisser libre le criminel sans s'assurer qu'il n'en profitera pas pour prendre la fuite, le Gouverneur lui impose le port d'un uniforme chargé d'explosifs qui éclateront au bout de cinq jours si jamais Hero n'est pas de retour avec à ses côtés, Bernice. Le synopsis est comme on le découvre, relativement basique. Les fidèles de John Carpenter s'étonneront même sans doute de l'apparente similitude qui existe entre le scénario d'Aaron Hendry et Reza Sixo Safai et celui qu'écrivirent le réalisateur américain et Nick Castle à l'époque de New York 1997. Film dans lequel, je le rappelle, le héros Snake Plissken (l'acteur Kurt Russell) était chargé par un certain Bob Hauk (Lee Van Cleef) de s'introduire dans un Manhattan transformé en ville-prison, le président des États-Unis John Harker (Donald Pleasance) après que la capsule de survie de celui-ci se soit écrasée en plein cœur d'une ville désormais livrées à des gangs de criminels et de barbares. Là encore, le héros était contraint d'assurer le retour du chef de l'état dans une échelle de temps relativement courte à défaut de quoi, les minuscules capsules explosives qui lui furent injectées auraient explosé...


Néo-western fantastico-post-apocalyptico-steampunk, Prisoners of Ghostland est visuellement ce que le réalisateur japonais a pu offrir de plus remarquablement esthétique. Une gifle visuelle quasi permanente. Tantôt, des jeux de lumières flamboyants que n'aurait probablement pas renié un autre grand esthète, le réalisateur hongkongais Wong Kar-wai. Tantôt, un décor triste, terne et poussiéreux comparable aux meilleurs films de science-fiction post-apocalyptique de type ''Mad Max''. L'essentiel de l'intrigue se déroule cependant à l'intérieur d'une cité qui ressemble davantage à un camp dans lequel, les habitants retenus prisonniers tentent d'arrêter le temps ! Difficile d'évoquer le contenu du long-métrage même si celui-ci paraît de prime abord moins confus que la plupart des œuvres signées de Sion Sono. L'une des principales critiques que l'on peut émettre vis à vis de Prisoners of Ghostland est cette impression qui se confirme lors de certains affrontements et qui offre le sentiment que Sion Sono n'a pas été au bout des objectifs qu'il se donne habituellement. Ici, tout ou presque paraît, sinon bâclé, du moins insuffisamment approfondi. Les séquences se succèdent, laissant un goût amer. Il manque en effet souvent de ce côté épique auquel l'on pouvait prétendre assister. Prisoners of Ghostland n'est donc pas le meilleur film de son auteur. Et pourtant, il n'en est pas moins aussi indispensable que ses prédécesseurs d'un point de vue esthétique. Une œuvre d'une beauté à couper le souffle qui résume à elle seule le travail de Sion Sono (villes fourmillant de couleur à la manière de l'indigeste Tokyo Tribe, magnifiques ombres chinoise.... enfin japonaises, à la Hiso Hiso Boshi). Avec, en plat de résistance, une entrée dans la ville de Ghostland digne de trôner à la même table que certains plans du Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz ou du Apocalypto de Mel Gibson. Prisoners of Ghostland fascine donc davantage pour ses qualités techniques et visuelles (notamment dues à la photographie de Sôhei Tanikawa, les décors de Toshihiro Isomi, les costumes de Chieko Matsumoto et la très belle partition musicale du compositeur américain Joseph Trapanese) que pour sa mise en scène (malgré certains travelling ébouriffants), qui contrairement à ce que certains affirment est moins confus qu'il n'en a l'air...

 

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