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dimanche 24 octobre 2021

The Lair of the White Worm de Ken Russell (1988) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Auteur entre autre de quelques monuments du septième art parmi lesquels figurent en très bonne place The Devils (1971) et Altered States (1980), le réalisateur britannique Ken Russell aussi connu pour ses outrances et l'excentricité de son univers cinématographique s'est fendu en outre de plusieurs biopics (Savage Messiahi en 1972, Mahler en 1974, Lisztomania en 1975 ou Valentino deux ans plus tard) mais aussi malheureusement de quelques nanars parmi lesquels The Lair of the White Worm pourra, au juger, paraître comme l'un des parangons de ce sous-genre ayant tout de même son comptant d'adeptes. Un long-métrage qui... comment l'énoncer sans blesser les fans du réalisateur, est à ce point ridicule que l'on a du mal à imaginer que derrière son auteur se cache effectivement un tel cinéaste. Une chose avant tout : ignorez la version française dont le doublage est une véritable abomination. On croirait presque avoir à faire à un léger retour en arrière à l'époque des plus infectes bandes horrifiques transalpines doublées à l'arrache par des comédiens peu motivés. Un supplice auditif qui tend ici à s'élargir à la Grande-Bretagne puisque le résultat est assurément le même que ceux des deux volets de la franchise Démons réalisés par Lamberto Bava en 1985 et 1986 et peut-être même pire que celui de la carrière que poursuivi pour le petit écran, le fils de l'illustre Mario Bava. Si Ken Russell repart dans ses délires excentriques façon The Devils et ses nonnes ''envoûtées'' par l'abbé Urbain Grandier qu'incarnait alors l'impressionnant Oliver Reed, son viol de religieuses par des soldats romains sous l’œil du Chris est tellement kitsch et ringard que la séquence n'est même pas choquante.


Du moins foncièrement hallucinante est-elle même sous ses allures de clip vidéo mal fagoté ! Avec son saxophone, son château aux allures néo-gothiques et ses quelques répliques salaces dignes d'un porno français des seventies (''Et bien dis donc, on ne le dirait pas mais tu es drôlement bien monté'' assure la châtelaine Lady Sylvia Marsh avant de mordre l'entrejambe d'un jeune scout !), The Lair of the White Worm repousse sans cesse les limites du ridicule. Et même si l'on sent parfois poindre une note d'humour de la part du réalisateur (l'éloge faite par la dite Lady Sylvia Marsh au ''Maître, Dieu magnifique et sublime qui nous fait revivre sur Terre'' interrompu par la sonnette du château !), on aura bien du mal à comprendre cette volonté presque autodestructrice consistant à ruiner le potentiel d'une œuvre reposant à l'origine sur le roman éponyme de l'écrivain britannique Bram Stocker, surtout connu pour avoir été l'auteur de l'un des plus célèbres romans fantastiques, Dracula. Si Ken Russell change le nom des personnages, il s'agit bien ici d'une relecture de l'ouvrage de l'écrivain mettant en scène la propriétaire d'un manoir et deux hommes qui ont récemment fait connaissance. Disparitions inexpliquées, rites et cultes païens, serpent géant, vampirisme, visions cauchemardesques et grandiloquentes, The Lair of the White Worm accumule les fautes de goût. Tout ou presque fait référence à ce serpent qui entoure la légende selon laquelle la disparition du père de l'une des héroïnes (Sammi Davis dans le rôle de Mary Trent) serait consécutive à la destruction passée de la dite créature.


L'imaginaire débridé de Ken Russell s'exprime ici à travers des séquences de rêves hallucinatoires parfaitement improbables et qui surtout, n'ont ni queue, ni tête, sexualisant en outre très souvent le propos comme par exemple lors de cette séquences explicite durant laquelle le Lord James D'Ampton (ici interprété par Hugh Grant) se retrouve dans un avion et assiste au combat entre deux hôtesses de l'air tandis que dans sa main, la pointe d'un stylo rouge remonte vers le haut à la manière d'un pénis en érection ! Plus qu'une adaptation plus ou moins fidèle et certainement beaucoup moins remarquable que le roman de Bram Stocker, le long-métrage de Ken Russell est surtout un objet de curiosité. Une œuvre qui malgré ses nombreux défauts et la laideur de ses effets visuels remporta en 1989 le prix des meilleurs effets-spéciaux au Mostra Internazionale del Film di Fantascienza e del Fantastico de Rome. Ce qui ne s'avère au final pas très étonnant vu que The Lair of the White Worm a parfois l'air d'avoir été réalisé par un cinéaste italien dans le courant des années quatre-vingt. Si vous êtes fan de la période glorieuse de ce grand cinéaste britannique qu'était Ken Russell, un conseil : évitez de jeter un œil à cette impensable ''zéderie''...

 

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