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dimanche 28 mars 2021

The Pond de Petar Pasic (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Sommet dans l'art de la subjectivité ? Mettre au dessus de la contrainte d'être coincé dans un embouteillage ou en fin de queue d'un bureau de poste, celle d'avoir fini la projection d'une œuvre cinématographique sans être capable d'en tirer la moindre ligne. Un exercice qui s'avère délicat et souvent très ennuyeux, surtout lorsqu'un synopsis ou plus simplement une affiche sont la promesse d'une expérience dont le souvenir ne deviendra altérable que plusieurs années plus tard. The Pond avait tout pour plaire même si du réalisateur bulgare Petar Pasic on ne connaît pas forcément grand chose de sa poignée de longs-métrages qu'il a réalisé depuis ses débuts en 2000. Quelques affiches qui intriguent dont une au moins, ravive de doux frissons. Comme ceux que procurèrent les chefs-d’œuvre que sont The Wicker Man que réalisa Robin Hardy en 1973 ou Midsommar auquel Ari Aster donna naissance quarante-six ans plus tard. De ces coutumes païennes qui rendent troublante la moindre attitude. Le moindre sourire, le plus petit regard ou le geste le plus insignifiant. C'est un peu ce qu'évoque à son tour The Pond qui traduit en français signifie ''l'étang''. Celui-là même qui sert en partie de décor à une œuvre franchement pas facile à aborder dans son ensemble...


Si l'on sait que dans la majeure partie des cas, la solution des œuvres les moins évidentes se situent à la toute fin du récit, il faudra sans doute dans le cas présent être surtout très attentif à ce que le personnage évoque en tout début de longs-métrage. La théorie selon laquelle ce que nos sens est incapable de voir ne conditionne pas ce qui existe et ce qui n'existe pas. Et pour reprendre certains termes exacts, ''L’œil humain est capable de ne voir que 0.0035% du spectre électromagnétique. Donc, nous ne pouvons pas être certains que quelque chose n'existe pas ou ne peut pas exister juste parce que nous ne pouvons pas le voir''. Allez, démerdez vous avec ça semble hurler dans un silence à peine troublé par les doigts du protagoniste tapant sur les touches de son clavier d'ordinateur, le réalisateur. Sympa le gars. Imaginez-vous à devoir monter une cuisine en kit IKEA sans avoir sous la main le moindre guide d'installation... Petar Pasic avait deux options à nous proposer. Et de mon avis personnel et aussi subjectif qu'il puisse être, le réalisateur a choisi la mauvaise. Mais pour comprendre ce point de vue, il faut avoir déjà assisté au quarante-cinq premières minutes de The Pond. Trois quart d'heure absolument remarquables qui ne vous demanderont aucun effort de réflexion ou de concentration. Juste de vous laisser aller à la contemplation d'une œuvre formellement troublante, accompagnée par la vénéneuse partition musicale signée du bulgare Nemanja Mosurović...


The Pond nous enfonce alors dans cocon jamais réconfortant mais qui d'une certaine manière fait tout pour que l'on ait envie d'y demeurer jusqu'à la dernière minute et pourquoi pas, bien au delà. À tel point que l'on ne demande rien d'autre aux quarante-cinq minutes suivantes. Et c'est bien là le malheur de ce long-métrage visuellement très agréable même si les tonalités de couleurs imposent certaines contraintes qui participent de l'austérité de l'ensemble. Parmi tous les indices que le scénario fini par semer ça et là pour qu'enfin parvienne à nous faire percer le mystère le réalisateur, quelques-uns apporteront des réponses à ceux qui accepteront de s'interroger. Ceux-là mêmes parmi lesquels on ne risquait pas de me retrouver. Bercé par cette envoûtante proposition, ce qui selon moi tue l'intérêt de l’œuvre est cette succession de plans explicatifs qui rament à force d'être incapables de donner un sens clair et concis au récit. Car au delà de l'évidence du thème de la schizophrénie que l'auteur aborde déjà dès le départ, toute tentative de libérer le spectateur de cette incompréhension qui l'étreint à force de vouloir lui entrer de force dans la tête ses idées a pour conséquence de lui brouiller encore davantage l'esprit. Si The Pond est une vraie proposition de cinéma, l'inconfort qu'il procure le dessert malheureusement. C'est d'autant plus dommage que les décors, la musique et les interprètes Marco Canadea, Paul Leonard Murray, Leslie Soo (ainsi que les gamines qui les accompagnent) impriment à l’œuvre une aura très particulière. Un drame philosophico-horrifique qui aurait sans doute mérité plus de simplicité dans son dénouement...

 

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