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samedi 6 mars 2021

La Mouche 2 de Chris Wallas (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Un masque à oxygène sur le visage... Voilà comment l'on se débarrasse d'un problème embarrassant : l'absence de l'actrice Geena Davis dont le rôle de Veronica Quaife est cette fois-ci brièvement assuré par Saffron Henderson. Et par brièvement, il faut comprendre qu'après seulement deux minutes de film environ, l'amante de feu Seth Brandle (interprété dans le chef-d’œuvre La Mouche de David Cronenberg par le formidable Jeff Goldblum en 1986) meurt d'un arrêt cardiaque alors qu'elle met au monde un fils. Le sien et celui du scientifique qui créa le principe du télépode avant d'être la victime d'une affreuse mutation génétique le condamnant à lentement et douloureusement se transformer en mouche. L'intrigue de La Mouche 2 se déroule donc quelques mois après la terrible conclusion du premier film et ne met en scène qu'un seul personnage du brillant long-métrage inspiré de La Mouche Noire que réalisa à la fin des années cinquante le réalisateur Kurt Neumann. Surpassant de loin l'original, David Cronenberg atteignait des sommets de l'horreur tout en signant une œuvre profondément émouvante. Un sommet dans sa carrière qui en connut beaucoup d'autres au demeurant...


Prendre la relève d'un tel film était d'ors et déjà risqué. Et même si la suite avait dû être reconnue comme une honorable séquelle, oser s'attaquer à un tel chef-d’œuvre fut un pari que peu de cinéastes auraient osé prendre à l'époque. C'est peut-être d'ailleurs la raison pour laquelle aucun d'eux n'eut le courage de s'attaquer à cette suite dont le scénario à huit mains fut écrit par Mick Garris, Jim Wheat, Ken Wheat et Frank Darabont d'après la nouvelle La Mouche de George Langelaan. En effet, Chris Wallas est à l'époque surtout connu pour ses doigts de fée qui lui ont permis de notamment travailler sur les effets-spéciaux de Piranha et Gremlins de Joe Dante en 1978 et 1984, de Enemy de Wolfgang Petersen en 1985 et de... La Mouche de David Cronenberg deux ans plus tard, justement. C'est donc à lui qu'échoue la difficile et carrément illusoire mission de faire parvenir jusqu'aux spectateurs, une séquelle digne de l'original. Surtout que le réalisateur qui ne se refuse pas à participer à l'élaboration des effets-spéciaux sur son premier long-métrage en tant que réalisateur ne bénéficie pas du budget alloué au premier film et qui à l'époque était estimé à quinze millions de dollars. Une confortable somme sur laquelle Chris Wallas ne pourra donc pas compter, ce qui se ressent malheureusement assez rapidement lorsque l'on découvre La Mouche 2. Une suite dans laquelle on retrouve l'acteur John Getz dans le rôle du survivant Stathis Borans auquel Seth Brundle avait accordé un triste sort et dont il a conservé de graves séquelles. Il sera d'ailleurs le seul ''survivant'' du maigre casting de La Mouche...


Isolé du pesant héritage que constitue le volet réalisé par David Cronenberg, le long-métrage de Chris Wallas n'est pas un si mauvais film. Honnête petite production horrifique de la fin des années quatre-vingt, La Mouche 2 mérite d'être réévalué et d'être davantage apprécié pour ses qualités qu'il ne le fut à l'époque de sa sortie. Si Chris Wallas n'a pas le génie de David Cronenberg (d'ailleurs, quel autre cinéaste aurait pu prétendre se hisser à sa hauteur?), si Eric Stoltz n'a pas le charisme de Jeff Goldblum, si la relation qu'entretiennent Martin Brundle et Beth Logan (l'actrice Daphne Zuniga) n'a pas l'intensité de celles que vécurent Seth et Veronica ou si la partition musicale de Christopher Young ne parvient jamais vraiment à être aussi évocatrice que celle de Howard Shore, les quelques longueurs de La Mouche 2 ne l'empêchent pas de proposer quelques séquences intéressantes dans un univers pourtant, encore plus sinistre que l'étrange habitation de Seth Brundle. Ici, un laboratoire dans lequel est étudiée la progéniture de Veronica. Martin, un enfant qui grandit anormalement vite et qui doté d'une intelligence lui permet par exemple de prendre très rapidement le contrôle du réseau informatique. Devenu adulte après seulement cinq ans d'existence, Martin fait la connaissance de Beth avec laquelle il se lie rapidement d'amitié. Surveillé depuis sa naissance par une batterie de caméras, son ''père d'adoption'' Anton Bartok (l'acteur Lee Richardson) lui offre un superbe appartement. Mais alors qu'il a désormais tout pour être heureux, Martin va très rapidement découvrir qu'il est le sujet de sombres recherches scientifiques...


S'il n'est pas aussi émotionnellement fort que le chef-d’œuvre de David Cronenberg, La Mouche 2 arrive parfois à faire ressentir ce même émoi que lorsque Seth Brundle tentait de convaincre Veronica de l'aider à en finir avec son existence. Dans le cas présent, c'est la combinaison entre la musique de Christopher Young (preuve que sa partition est tout de même capable de quelques rares sursauts de génie), un animal mutant en animatroniques et la présence à l'écran d'Eric Stoltz qui parvient à rendre la séquence du chien bouleversante. Côté horreur, le film de Chris Wallas s'avère, à quelques occasions, plutôt gratiné même si l'on est loin d'un Peter Jackson ''première génération''. L'équipe chargée des effets-spéciaux de maquillage constituée d'un nombre important d'artistes s'en est donné à cœur joie : outre le chien mutant et un Martin/mouche bien différent de l'horrible créature créée pour le premier volet, le spectateur a notamment droit à quelques jets d'acide dont l'un a pour conséquence la liquéfaction d'un visage dont le propriétaire l'arrache avec pour effet de nous faire découvrir un crâne et une mâchoire sanguinolents. Plus tard, c'est au tour d'un agent de sécurité de mourir le visage écrasé par un monte-charge là aussi, dans un très bel effet de type ''splatter''. On l'aura compris, si La Mouche 2 n'a pas l'envergure de son aîné, Chris Wallas s'en sort avec les honneurs en signant une petite production horrifique au final plutôt sympathique...

 

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