Il était vraiment temps
de réévaluer le cinéma du cinéaste français Pascal Laugier qui
depuis son passage par le Canada où il a signé ses deux derniers
longs-métrages a radicalement changé son cinéma, celui outrancier
de Martyrs
pour un second, plus en accord sans doute avec ce que rechercherait
le spectateur avide de sensations nouvelles. Du hardcore de son
second long-métrage, il est passé à autre chose. A un cinéma
émotionnellement accompli. Qu'il s'agisse de son tout dernier
Ghostland
ou bien même de The Secret
dont il s'agit ici et qui date de 2012. ce qui manque à une grande
majorité de films d'horreur et qui ici brille par son étonnante
présence, c'est l'émotion, donc. Palpable dès les premières
minutes. En filmant son infirmière tentant d'aider un nourrisson à
revenir à la vie tout juste après sa naissance, le cinéaste
parvient à bouleverser nos certitudes quant au contenu d'un film qui
révélera, en effet, un secret tout à fait inattendu au beau milieu
de l'intrigue.
Sans
vouloir déflorer son contenu, disons que Pascal Laugier a réalisé
à travers The Secret,
une œuvre antinomique au puissant The Village
du cinéaste américain d'origine indienne, M.
Night Shyamalan.
Le
cinéaste situe son intrigue à Cold Rock, une ville au nom fictif
découverte après de longues recherches. Le choix de Pascal Laugier
s'est donc porté sur l'ancienne ville minière de Nelson, en
Colombie-Britannique, une province du Canada. Pour incarner le rôle
principal, celui de Julia, infirmière et ancienne épouse d'un
médecin qui a beaucoup apporté à cette petite ville qui depuis la
fermeture de la mine est considérée pour beaucoup comme morte, le
réalisateur choisit d’engager l'actrice Jessica Biel qu'il a
découverte dans le remake de Massacre
à la Tronçonneuse
de Marcus Nispel. Outre The
Village,
The Secret,
dans l'esprit, se rapproche également de l’œuvre de l'écrivain
américain Stephen King puisque les enfants sont l'un des éléments
les plus importants d'une intrigue où l'ombre du Tall
Man (on trouve le film également sous cette appellation),
cet individu créé par les habitants
de Cold Rock
pour justifier la disparition de dix-huit d'entre eux, paraît être
celui qui les enlève. Mais plutôt que de proposer une histoire
ultra-convenue, Pascal Laugier bouleverse les conventions et assène
au spectateur un twist au beau milieu du film et le laisse atterré !
Comme
dit plus haut, l'une des grandes forces de The
Secret,
c'est l'émotion qui s'en dégage. Merveilleusement écrit, le film,
également scénarisé par Pascal Laugier, est remarquablement
touchant, et ce, dès les premiers instants. Celui qui aurait dû se
situer en seconde position dans la carrière de son auteur mais qui à
force de réécritures fut remis à plus tard au profit du tournage de
Martyrs
en 2008, est sans doute le plus émouvant. Jessica Biel y est
bouleversante, tout comme la plupart des interprètes qui ne se
posent ici pas en simples faire-valoir mais possèdent une
caractérisation suffisamment travaillée pour qu'on accorde à leur
personnage un certain intérêt. Mais bien évidemment, celle qui
porte le film sur son épaule, c'est bien Jessica Biel, qui dans un
décor de ville minière transformée en un bouge habité par des
rednecks (même les flics n'ont pas l'air très nets), est
prodigieuse. Difficile d'évoquer l'histoire de son personnage sans
révéler des indices cruciaux. Il faut juste se mettre en tête que
The Secret
est une œuvre puissamment évocatrice, dont la morale finale
laissera sans doute perplexes certains spectateurs mais dont la mise
en scène offre un spectacle fort réjouissant. Une interprétation
inoubliable, un décor de ville-fantôme saisissant, une mise en
scène et un montage brillants. Que demander de plus... ?




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