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samedi 7 mars 2026

Les Tortillards de Jean Bastia (1960) - ★★★★★★☆☆☆☆



Parfois connu sous les titres Les Tortillards sont là ou Après Nous les Mouches, le cinquième long-métrage du cinéaste français Jean Bastia, Les Tortillards (et deuxième auquel participa Louis de Funès la même année, en 1960), ne s'encombre pas vraiment d'un scénario digne de ce nom. Épaulé par son frère, le compositeur d'opérettes Pascal Bastia, le cinéaste propose une farce aux allures de théâtre de boulevard déstructuré inspiré des grands auteurs tels qu'Edmond Rostand et son célèbre Cyrano de Bergerac, qui, ici, sont maltraités par une famille de comédiens dirigée par César Beauminet, lequel est poursuivi par un huissier de justice. Forcés de prendre la fuite, les Beauminet et l'équipe qui complète la troupe partent en tournée en Province, accompagnés pour l'occasion de Gérard Durand, fiancé à Suzy, la fille de César, et fils d’Émile Durand, l'inventeur de l'insecticide « Cicéron ». Ce dernier voit d'un assez mauvais œil le départ de son fils, surtout après qu'un quiproquo l'ait fait confondre avec l'huissier venu se présenter tout comme lui à la famille Beauminet.

Sur la route, César et les siens ont bien du mal à se faire de l'argent. Le public suit, mais les recettes sont maigres et insuffisantes pour leur permettre de manger à leur faim. Gérard qui au départ ne faisait que les accompagner finit par se voir offrir d'importants rôles au seins des pièces présentées au public. Pendant ce temps là, et alors que l'épouse et la sœur d’Émile décident de retrouver la troupe en tournée, celui-ci a bien du mal à trouver la recette miracle qui permettrait à son insecticide de contrer celui de son principal rival. Suivi de son collaborateur Léon, il décide à son tour de prendre la route afin de rattraper la troupe. Peut-être un moyen de valoriser enfin son invention...

Parce que Les Tortillards manque singulièrement d'un scénario solide, le long-métrage de Jean Bastia repose uniquement sur le jeu de ses interprètes. Et en la matière, Jean Richard, celui-là même qui débutera sept ans plus tard une longue carrière à la télévision dans le rôle du commissaire Maigret en fait des caisses. Plus que Louis de Funès, qui se retrouve souvent au second plan, et Roger Pierre, qui incarne le fils de ce dernier, Jean Richard joue davantage à la manière d'un comédien que d'un acteur. Comme la plupart des interprètes qui autour de lui nous proposent un spectacle explosif totalement brouillon mais ne souffrant quasiment pas de temps morts. Reposant essentiellement sur les diverses interprétations de pièces célèbres, Les Tortillards n'est pratiquement qu'une succession de scènes de théâtre filmées, accueillies par un nombre restreint de spectateurs. Une tournée sans enjeux pour une troupe affamée et désargentée qui pourtant reste soudée malgré l'adversité.

Le film de Jean Bastia est vif, sympathique, dévoilant une énergie folle. Et même si l'on y espère découvrir surtout Louis de Funès, sa présence moins importante que celle de la majorité des interprètes ne l'empêche jamais de marquer les esprits à travers ce rôle qu'il aura toujours continué à incarner durant toute sa carrière. La conséquence des faiblesses scénaristiques fait que le film n'est jamais vraiment drôle. Amusant, certes, grâce à l'énergie déployée par la majorité de ses interprètes, mais mineur en comparaison de bon nombre de comédies à l'affiche desquelles trônait en bonne place Louis de Funès...

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