
Comédie
d'anticipation, variation polissonne et délirante de la série
britannique Black Mirror
ou encore, film pour adolescents attardés, Yves
est
un Objet Filmique Non Identifié. Peut-être pas aussi absurde que
l’œuvre de Quentin Dupieux, mais certainement pas aussi
léthargique non plus. Car même si l'on est en droit d'aimer, adorer,
idolâtrer le cinéma de cet autre cinéaste français à
l'imaginaire débridé, avouons qu'il lui arrive parfois d'être
passablement ennuyeux. Mais si Yves
ne l'est pas, il n'empêche qu'à quelques encablures, il lui arrive
d'être relativement puéril, ce qui peut dans certains cas, être
assez déstabilisant au point d'avoir envie de mettre un terme à
l'aventure avant le générique de fin. Les atouts d'un sujet au
potentiel énorme participent malheureusement également à un
enrobage pas toujours stimulant. La faute à des dialogues d'une
pauvreté parfois affligeante et à des incartades humoristiques qui
ne font pas toujours mouche. Ce côté ''Film
pour adolescents attardés''
qui justement rabaisse les qualités d'un scénario qui se prolonge
au delà de l'essentiel puisque le film, débarrassé de ces inutiles
frasques portées sur le sexe et les soirées entre potes dont tout
le monde se fiche, aurait gagné en énergie et en aplomb. Car dans
cet univers décalé et anticipatif qui aurait mérité une certaine
épure, quelques scènes méritent que l'on s'y attarde jusqu'au
bout.
Il
aura fallut en effet une bonne heure, entre séquences bêtifiantes
et morceaux de bravoure inattendus pour toucher au génie d'un
scénario qui repose sur le conflit entre un frigo et son
propriétaire. Ouvrez votre esprit et rappelez-vous Baxter,
le merveilleux film fantastique que réalisa un autre français,
Jérôme Boivin, en 1988 et qui évoquait déjà quelque part ce
genre de situation. Si William Lebghuil, Antoine Gouy (Yves) et Doria
Tillier forment un trio pour le moins étrange et Philippe katerine
un second rôle toujours aussi savoureux, Yves
manque le coche qui lui aurait sans doute permis de s'emparer du
titre de film le plus loufoque et le plus malin de l'année. Si en
fin de projection, on ne regrette pas vraiment d'avoir été jusqu'au
bout (le concours de l'Eurovision, le procès, la Battle
opposant
Jérem et Yves), on regrettera par contre que Benoit Forgeard n'ait
pas simplement réalisé un court-métrage, voire un moyen-métrage
débarrassé du superflu. À voir...
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