Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


vendredi 19 février 2016

Le Bruit des Glaçons de Bertrand Blier (2010)



Écrivain, alcoolique, divorcé et père d'un enfant, Charles Faulque noie sa solitude et son chagrin dans l'alcool. Son quotidien, il le vit dans une immense bastide, entouré de Louisa, sa gouvernante, et d'une jeune prostituée rencontrée à Paris, Evguenia. Matin, midi et soir, Charles boit. Principalement du blanc, mais parfois, aussi, du rouge. Il traîne sa carcasse en robe de chambre entre terrasse et piscine.
Un jour, il reçoit la visite d'un étrange personnage qui se présente comme étant son cancer. Imposant sa présence à l'écrivain, ce dernier lui colle aux basques, jusque dans son intimité. Les deux hommes vont converser, et c'est aux côtés de son cancer qui lui annonce sa mort prochaine que Charles Faulque prend conscience de l'importance de vivre.

Bientôt apparaît Carole, l'ex-épouse de Charles, et leur fils Stanislas. Mais aussi la silhouette beaucoup plus inquiétante du cancer de Louisa qui annonce à cette dernière qu'au mieux, elle perdra un sein, et qu'au pire, elle mourra...

Dernier film à ce jour du cinéaste Bertrand Blier, fils du célèbre acteur Bernard Blier, avant le prochain prévu pour cette année, Le Bruit des Glaçons est celui que l'on n'espérait peut-être plus. Après deux ou trois films mineurs dans la carrière d'un cinéaste qui nous a tout de même offert des œuvres monumentales (Buffet Froid pour ne citer que l'une d'entre elles), revenait donc en 2010 avec un film aux dialogues ciselés et écrits sur mesure pour les acteurs Jean Dujardin et Albert Dupontel. Un homme et son cancer. Un duo pour un dialogue d'un peu moins d'une heure trente. Mais pas seulement. Autour d'eux, Anne Alvaro, Audrey Dana pour la touche féminine, qu'autour de l'une l'une d'entre elles gravite l'inquiétante Myriam Boyer en cancer.

Ce qui prévaut avant tout, c'est l'excellence de l'interprétation. Sans elle, l’œuvre n'est rien. Un scénario et un dialogue écrits de mains de maître par le cinéaste lui-même, coutumier du fait depuis des lustres. Le Bruit des Glaçons aurait pu se contenter de n'être qu'un exercice de style barbant mais se révèle bien plus que cela.
Derrière le cynisme bien connu de Bertrand Blier se cache un hommage émouvant au Patriarche Bernard, le grand, l'immense acteur mort lui-même d'un cancer de la prostate que ses proches préférèrent lui cacher. Et pour ceux qui en douteraient encore, il suffit simplement de se remémorer la dernière scène précédent le générique de fin.
Le Bruit des Glaçons est aussi une manière d'aborder un sujet délicat sans passer par les sempiternels gimmicks larmoyants. Blier fait de son œuvre un spectacle drôle et sombre à la fois. Une vision peu commune d'une maladie considérée comme une compagne qui suit sa proie jusque dans sa tombe. Le Bruit des Glaçons est parfois désespéré, mais jamais désespérant. Toutefois, il faudra adhérer au style si particulier de l'auteur de Préparez vos Mouchoirs, Tenue de Soirée ou Merci la Vie qui propose ici une œuvre tout à la fois complexe et épurée. Une pièce de théâtre à ciel ouvert dans un décor unique et splendide, admirablement interprétée par les solides Jean Dujardin et Albert Dupontel, et par la touchante Anne Alvaro.

Loin du réalisme un peu trop systématique du cinéma d'aujourd'hui dans lequel le social se veut de plus en plus présent, Bertrand Blier pond un ovni surréaliste mêlant drame et fantastique. Poésie, désenchantement et sursaut d’orgueil. Un hymne à la Vie, à l'Amour, et un majeur pointé en direction de la Mort...



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...