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vendredi 9 juillet 2021

Fear Street – Part 2:1978 de Leigh Janiak (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Une semaine jour pour jour après la première partie intitulée Fear Street – Part 1:1994 diffusée sur la plate-forme de streaming Netflix, le second volet de la trilogie inspirée de l’œuvre de l'écrivain américain R.L.Stine débarque ''enfin'' à son tour le vendredi 9 juillet 2021. Par ''enfin'', il faut comprendre que malgré ses petites imperfections, la réalisatrice Leigh Janiak (l'excellent Honeymoon en 2014) su avec le premier volet semer une petite graine qui en l'espace de quelques jours seulement a germé dans l'esprit des amateurs de films d'horreur en général et de slashers en particulier qui espéraient alors retrouver avec Fear Street – Part 2:1978, le goût typique de ce sous-genre dont les Vendredi 13 et les Halloween représentaient des modèles du genre dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Depuis, le slasher a fait son petit bonhomme de chemin, pour le meilleur et parfois pour le pire, entre séquelles bâclées, hommages plus ou moins marqués, plagiats et reboot testostéronés. Fear Street – Part 2:1978, lui, n'est ni un reboot ni un plagiat mais doit plutôt se concevoir comme une séquelle rendant tout d'abord hommage au premier volet de la saga initiée par le réalisateur et producteur Sean Cunningham à travers le premier meurtre commis à la hache par le tueur de Fear Street – Part 2:1978 lequel fait directement référence à celui dont fut victime en 1980 la jeune Marcie qu'interprétait alors l'actrice Jeannine Taylor.


Ensuite au second volet intitulé Vendredi 13 - Chapitre 2: Le tueur du vendredi dans lequel Jason Voorhees portait sur la tête un sac en tissu, faisant de lui trente ans plus tôt, le portrait craché de celui qui allait sévir de manière toute aussi efficace en 2021 dans Fear Street – Part 2:1978. L'hommage rendu jusque dans l'esthétique aux couleurs délavées et les goûts vestimentaires de l'époque parfois douteux, reste à savoir ce que vaut cette suite par rapport au premier volet... Et bien, il s'agit d'une très bonne surprise à vrai dire. Respectant peu ou prou les codes du slasher, vous saurez rapidement si le long-métrage choisi de nous délivrer dès le départ ou non l'identité du tueur qui sévit dans ce camp de vacances où des dizaines de figurants partagés entre les villes de Sunnyvale et Shadyside s’apprêtent à vivre une véritable nuit de cauchemar. Sous forme d'un long flash-back nous révélant les événements survenus en 1978 dans le camp de vacances de Nightwing, les sœurs Ziggy et Cindy Berman et quelques autres vont affronter non plus trois criminels possédés mais un seul, armé d'une hache, unique arme utilisée ici par le tueur dont les sanglantes péripéties vont s'avérer plus gore que dans le premier épisode.


On retrouve le personnage de Nick Goode bien avant qu'il n'endosse l'uniforme de shérif, à l'adolescence, et donc interprété cette fois-ci par l'acteur Ted Sutherland en lieu et place de Ashley Zukerman. Fear Street – Part 2:1978 impose un rythme beaucoup plus enlevé que celui des classiques de l'époque qui avaient tendance à osciller entre séquences de meurtres et plages d'inactivité et de dialogues inintéressants. Les actrices Sadie Sink et Emily Rudd campent les sœurs Berman et l'on a même droit au sempiternel personnage de garce en la personne de Sheila qu'interprète Chiara Aurelia. Les plus virulents pourront reprocher au film de trop vouloir s'inspirer de son glorieux ancêtre et ainsi donc de ne reprendre que des recettes usées jusqu'à la corde. Dans un certain sens, c'est vrai, et même si l'aspect fantastique accentué par la présence d'une sorcière devrait logiquement apporter sa petite contribution en terme d'originalité au long-métrage, les lieux sont balisés et les meurtres pratiquement tous identiques. On appréciera cependant l'hommage, le rythme, les quelques séquences gore et les jeunes interprètes qui font parfaitement leur boulot. D'une durée avoisinant les deux heures, Fear Street – Part 2:1978 réserve en fin de long-métrage un teaser relativement intriguant axé sur le troisième volet qui doit normalement débarquer sur Netflix le 16 juillet prochain. À suivre donc...


 

samedi 19 octobre 2019

Eli de Ciarán Foy (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Eli commence comme une version de l'Amérique profonde de Dans la Brume de Daniel Roby, puis se poursuit comme à peu près n'importe quel film de fantôme japonais ou espagnol avant de finir comme un ersatz de L'Exorciste et sa plâtrée de succédanés. Un mélange des genres qui ne manque ni de charme, mais malheureusement aussi, ni d'incohérences. Et dans le genre, justement, le réalisateur irlandais Ciarán Foy ainsi que les scénaristes David Chirchirillo, Ian B. Goldberg et Richard Naing s'y sont mis à plusieurs pour nous pondre quelques révélations proprement invraisemblables. Mais avant de revenir sur ces erreurs de script plutôt vilaines, parlons d'abord du sujet. Le jeune Eli, qui donne son (pré)nom au titre du dernier long-métrage de l'irlandais, auteur de deux autres films et de plusieurs courts-métrages, est un tout jeune adolescent qui souffre depuis quelques années d'une très faible défense immunitaire qui l'empêche de vivre comme n'importe quel garçon de son âge. Sacrifiant tout ce qu'ils possèdent, ses parents Rose et Paul l'emmènent dans un institut dont la directrice et médecin Isabella Horn leur a certifié pouvoir guérir leur enfant du mal qui l'empêche de respirer l'air ambiant sous peine d'être victime de symptômes respiratoire et épidermiques très graves. Très rapidement, et alors que le traitement a déjà commencé, Eli reçoit la visite de la jeune Haley. Une habitante du village voisin. Mais aussi et surtout celle de fantômes qui inquiètent l'adolescent mais que ses parents et le docteur Horn mettent sur le compte du stress et du traitement lourd qu'il est contraint de supporter. Pourtant, en investiguant dans les murs de l'édifice, Eli va s'apercevoir que ce qu'il prenait pour un danger est peut-être l'avertissement d'un phénomène beaucoup plus important et lié au traitement que lui fait subir le docteur Horn...

On l'aura compris, Eli se situe donc dans l'une de ces grandes demeures de style gothique qui fleurissent dans ce genre de production. Ici, l'édifice est de surcroît nimbé d'une brume permanente qui renforce l'impression d'isolement. Un peu à la manière de Silent Hill, toutes proportions gardées. L'une des bonnes choses que le cinéastes et les spécialistes en matière d'effets-spéciaux ont plutôt bien mené se situe lors des différentes apparitions fantomatiques qui vont de l'apparition subite d'un ectoplasme au beau milieu d'un couloir, jusqu'au ''transport'' du héros par des entités visibles uniquement à travers les reflets que produisent fenêtres, miroirs et sols lustrés. Malgré son jeune âge, l'acteur Charlie Shotwell parvient assez confortablement à faire passer l'angoisse de son personnage. Quant à ses parents, on a droit à une Kelly Reilly douce et très attachée à son enfant tandis que Max Martini incarne lui, un père froid et quelque peu distant. Quant au docteur Isabella Horn, c'est l'actrice Lili Taylor que l'on a pu notamment découvrir en 1995 dans le dérangeant The Addiction d'Abel Ferrara qui l'interprète.

Contre toute attente, les événements vont prendre une tournure inattendue et qui s'extraie du tout venant en matière de fantômes au cinéma. Si la conclusion menant à la solution pourra paraître quelque peu grotesque (du moins, l'ai-je ressentie ainsi), elle n'est cependant rien en comparaison de l'ignominie de certains échanges verbaux qui laissent supposer que les scénaristes n'ont par relu attentivement leur script. À titre d'exemple le plus flagrant, on peut citer la séquence durant laquelle la mère de famille s'inquiète des propos qu'ont échangé son époux et le docteur Horn et sa réaction face à la réponse de celui-ci. Une séquence anodine qui devient tout bonnement incohérente lorsque l'on apprend que finalement, la mère elle-même était au courant des réelles intentions de son couple et de celui du docteur Horn. On appréciera tout de même les jeux d'ombres et de reflets, l'impeccable interprétation, le joli cadre austère, ainsi que la mise en scène même si elle s'avère des plus classique...
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