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dimanche 3 mars 2019

En Liberté ! de Pierre Salvadori (2018) - (La note d'Anna et moi : ★★★★★★★★☆☆)



En Liberté ! de Pierre Salvadori est le genre de long-métrage qui prouve qu'il ne faut pas systématiquement se diriger vers les comédies les plus populaires pour être servi en matière d'humour. Pour toutes celles et ceux qui ne peuvent désormais plus se contenter des facéties de Dany Boon, de Kad Merad, et encore moins de celles des indigestes Jamel Debbouze et Kev Adams, en clair, pour tous ceux qui en ont marre de payer pour des singeries aussi vite vues que rapidement oubliées, le dernier-né de l'auteur des Apprentis, onzième long-métrage d'un cinéaste pas vraiment hyper-productif (une grosse dizaine de films en vingt-sept ans de carrière), prouve qu'en France, il y a encore de l'espoir. Si les noms d'Adèle Haenel ou de Damien Bonnard n'évoqueront pas immédiatement des références cinématographiques au plus grand nombre, ces deux acteurs prouvent cependant à eux seuls que la valeur d'un interprète ne se situe pas seulement (et pas exactement) au nombre de rôles qui lui ont été confiés. Si d'aventure il vous prend l'envie de découvrir En Liberté ! l'expérience demeurera inoubliable.

Car avec son dernier long-métrage, Pierre Salvadori a sans doute signé l'une des meilleures, comédies de l'année 2018. Et peut-être même l'une des rares a véritablement mériter qu'on lui accorde presque deux heures de notre temps. Dans un ordre d'idées bien différent mais pour bien comprendre la nécessité de voir En Liberté !, l’œuvre de Pierre Salvadori est au moins aussi importante que le Dikkenek du belge Olivier Van Hoofstadt le fut à l'époque de sa sortie.

Pas trash pour un sou, l'univers de En Liberté ! sème par contre de somptueux petits cailloux sur son chemin. Pierre Salvadori y mêle, pêle-mêle, conte, humour, poésie, drame, romance, policier, avec un sens aiguisé de l'écriture. L'ensemble paraît fragile et la structure narrative quelque peu embrumée, mais c'est à un festival particulièrement cocasse et burlesque auquel nous convie le français. Adèle Haenel, Pio Marmai, Audrey Tautou, Damien Bonnard (et accessoirement Vincent Elbaz) incarnent un quartet de personnages remarquablement attachants. Le film, lui, est drôle et se réinvente constamment.

L'idée même de la femme-flic voulant racheter la conduite impardonnable de son époux défunt (un ancien flic ripoux qui a fait enfermer un innocent en prison) est à elle seule, une raison suffisante pour que l'on se penche sur le film de Pierre Salvadori. Les bons mots fusent, intelligents, auréolés par quelques séquences visuellement poétiques, magiques, surréalistes (la scène du train-fantôme). Adèle Haenel est superbe dans le rôle d'Yvonne accompagnée par les excellents Pio Marami (Antoine) et Damien Bonnard (Louis). Inventif, En Liberté !
Le tournage a eu leu durant quatre mois de novembre 2016 au mois de février de l'année suivante. Les plus attentifs remarqueront diverses séquences tournées dans le Sud, à la Ciotat, mais aussi à Marseille, dans le quartier de l'Estaque. D'autres furent tournées quant à elles en Île-de-France, dans le premier arrondissement de Paris, puis à Argenteuil, à Pontoise et à Croissy-Sur-Seine. En Liberté ! est un indispensable pour toutes celles et ceux qui veulent rêver ou rire devant des situations souvent absurdes, s’émouvoir devant une écriture intelligente et partager un moment de drôlerie avec des personnages pittoresques et attachants...

mardi 20 août 2013

Hors de Prix de Pierre Salvadori (2006)



Jean est barman dans un luxueux hôtel de Paris. Un soir, alors qu'il est invité par un client à venir s'asseoir à ses côtés afin de partager une bonne bouteille de vin, il finit par s'endormir sur un canapé et avant d'être réveillé plusieurs heures plus tard par Irène, une jolie jeune femme qui a abandonné son compagnon à son sommeil pour descendre boire un verre dans le salon de l’hôtel. Étonnée de ne voir personne derrière le comptoir du bar, elle engage la conversation avec Jean, affalé sur son canapé. Troublé par la beauté de la jeune femme, celui-ci se fait passer pour un client et propose à Irène de lui servir un verre. Le couple improvisé termine saoul dans l'une des plus prestigieuse suite de l'établissement.

Le lendemain matin, lorsqu'ils ouvrent les yeux, Irène découvre que Jean n'est pas celui qu'il prétend être et quitte l'hôtel précipitamment en compagnie de Jacques, son compagnon. Ce n'est que plus tard que le jeune barman retrouve la trace d'Irène, toujours au bras de Jacques dont elle exploite la fortune et avec lequel elle espère se marier dans trois mois. Mais elle est prise sur le fait par ce dernier qui la quitte sans omettre de reprendre tous les biens qu'il lui a offerts. Jean, amoureux de la jeune femme, tente d'approcher cette dernière, mais celle-ci, exclusivement intéressée par l'argent, tente d'échapper à son collant prétendant.

Afin de s'en débarrasser définitivement, elle accepte finalement de l'accompagner au restaurant. Elle choisit ensuite une chambre hors de prix dans un luxueux hôtel. Enfin, elle dépense sans compter en utilisant la carte bleue de Jean. Celui-ci se retrouve sans le sou, son compte en banque vidé des placements effectués depuis des années...

Hors de Prix est le huitième long-métrage de Pierre Salvadori. Une comédie douce et romantique qui oppose le talentueux humoriste Gad Elmaleh à la charmante Audrey Tautou. Un timide barman à une jeune femme avide de luxe qui n'hésite pas à tromper son monde pour obtenir tout ce qu'elle désire : de l'argent, des bijoux et les hôtels les plus chers. Drôle de ménage qui se crée donc entre ce duo de personnages hors normes qui vont, chacun, apprendre de l'autre. Le frêle et timide serveur va appendre aux cotés d'Irène, les clefs de la réussite en matière de manipulation. La jeune femme, elle, va apprendre l'amour, sincère, et sans fioritures.

Hors de Prix confronte également ces deux personnages à des individus pourris par l'argent. Des êtres qui n'ont que du mépris pour les petites gens. Des partenaires qui connaissent une profonde solitude qu'ils ne peuvent combler que grâce à leur richesse. Ils sont les proies de personnes qui n'en veulent qu'à leur argent. En ont-ils conscience ? C'est la question que l'on se pose mais qui reste, hélas, sans véritable réponse. Ils sont pourtant tout aussi importants que le duo Tautou-Elmaleh qui profite d'un scénario léger pour nous offrir un spectacle rafraîchissant. Un jeu au premier abord pervers mais qui démontre que chiens et chats peuvent très bien s'entendre.

On ne s'ennuie jamais devant cette suite de scènes parfois cocasses et souvent amusantes. Elmaleh prouve qu'il est un acteur de talent, et même si l'on est réfractaire à l'humour qu'il dispense sur scène, il révèle au fil de sa filmographie une qualité primordiale dans le métier d'acteur : il est capable de se fondre dans le costume de personnages divers sans que jamais l'on ne perçoive la moindre fausse note.

Le film se joue des aspects négatifs de la personnalité humaine pour nous offrir un vrai moment de joie et de fraîcheur. Une réussite. On notera les présences de Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff et Jacques Spiesser qui apportent leur généreuse contribution au film...
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