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vendredi 21 septembre 2018

Trois films sinon rien: Death Do Us Part de Nicholas Humphries (2014), Flaenset de Heini Grünbaum (2000), Reise Nach Agatis de Marian Dora (2010)



 Kennedy et Ryan vont se marier dans une semaine. D'ici là, ils décident de se retrouver dans un chalet perdu dans un bois un peu glauque des États-Unis. Le gérant des lieux est lui-même un peu étrange et semble attiré par la jeune femme. Les futurs mariés sont accompagnés par la sœur de Kennedy, sa meilleure amie, le futur témoin de Ryan et un "ami" tout droit sorti de prison. Ce qui devait être une fête commémorant l'enterrement de vie de jeunes gens de Kennedy et Ryan va malheureusement tourner au carnage.
Death Do Us Part est un énième slasher. Le film de Nicholas Humphries n'apporte rien de neuf dans un genre déjà bien trop encombré. Ici, pas de camp de vacances ni de tueur masqué façon Michael Myers ou Jason Voorhees mais des personnages tous aussi ambigus les uns que les autres. De quoi en faire des coupables potentiels. Death Do Us Part n'est pas la pire œuvre du genre mais il faut reconnaitre que certains détails viennent gâter l'ensemble. Comme d'essayer de nous faire croire que le gérant pourrait être celui qui décime le groupe d'amis. Le problème, c'est qu'à trop s'agiter devant la caméra, on se doute que Nicholas Humphries tente de nous égarer en faisant passer ce personnage pour un coupable évident. Sauf que la sauce ne prend pas. Comme l'identité du vrai meurtrier, qui ici devient d'une évidence telle que le reste du film perd de son unique intérêt. Les ficelles employées ici sont tellement maladroites que l'on devine chaque scène avant même qu'elle ne se produise. Death Do Us Part n'est donc définitivement pas l'un des meilleurs représentants du genre, ce qui en réalité ne dérangera personne au vu des innombrables productions réussissant bien mieux que lui à parvenir à leurs fins...

Jan  rentre chez lui à bord de sa voiture de collection lorsqu'il entend des gémissement. Collant son visage à la fenêtre de leur chambre, il voit sa femme faire l'amour avec son amant. Perdant totalement la tête, le mari trompé se mue en un tueur implacable et élimine l'amant et l'épouse adultère.Mais alors qu'il tue l'étranger à l'aide d'un petit outil de jardinage, il est dérangé par une jeune femme qui assiste à toute la scène. Poursuivie par Jan, elle est rattrapée puis ramenée jusqu'à la demeure de jan où ce dernier va la séquestrer avant de la violer.
Petit film danois au scénario minuscule, Flaenset est assez étonnant. Parfois bancal et frisant l'amateurisme, il n'en demeure pas moins un bon petit polar sanguinolent. Heini Grünbaum insiste peut-être un peu trop lourdement sur les meurtres, faisant de cet époux, plutôt tranquille, un tueur implacable qui n'aura de cesse d'éliminer tous ceux qui croisent son chemin. Allant même jusqu'à s'en prendre aux flics qui mènent l'enquête. D'ailleurs, à part la jeune témoin du meurtre de l'amant, aucun personnage n'est irréprochable. Entre le flic alcoolique, l'autre qui s'apprête à s'en prendre à la jeune "black" et l'épouse adultère, tous méritent presque leur sort. La violence dont fait preuve Jan (Thomas Bo Larsen) cache sans doute une pulsion jusqu'ici enfouie et que l'adultère dont s'est rendue coupable sa femme laisse s'exprimer. Flaenset est trop grossier pour faire partie des meilleures productions du genre, il reste cependant un petit film sympathique à voir... une fois...

Isabelle et Raphael partent en bateau pour les cotes méditerranéennes avec à son bord, Lisa, une jeune femme qu'ils ont pris avec eux en chemin. Alors que le trio s'éloigne peu à peu de toute civilisation, Raphael et Isabelle montrent des signes de nervosité. Le premier séduit Lisa sans même s'en cacher de sa compagnon tandis que cette dernière refuse de s'alimenter. Les vacances commencent mal, surtout pour Lisa qui finit par être le « centre d'intérêt » de l'étrange couple que forme ses hôtes...

Troisième long métrage du cinéaste Marian Dora, Reise Nach Agatis a ceci de particulier qu'il véhicule durant une très grosse partie de ses soixante-dix sept minutes une aura poétique désuète qui en font une œuvre vraiment curieuse et parfois même, avouons-le, plutôt ennuyeuse. Sous un soleil de plomb, ce même astre qui rend l’idylle de Raphael (Thomas Goersch) et Isabelle (Tatjana Paige Müller) assez inquiétante, un voile recouvre la pellicule comme une chape de plomb, isolant encore davantage le trio de la rassurante civilisation. La mise en scène, plutôt moll, ne s'encombre pas d'un scénario complexe, ce dernier étant d'ailleurs totalement absent. Marian Dora se concentre en réalité sur l'insidieux piège qui va bientôt se refermer sur la jeune Lisa (Janna Lisa Dombrowky). Plusieurs fois l'on a envie d'arrêter le film tellement l'accumulation de plans qui font de ce Reise Nach Agatis, un très ennuyeux film. Pourtant, quelque chose pousse le spectateur à aller plus loin. San doute cette grande perversité qui touche ses protagonistes. Ce jeu de séduction qui révèle une Isabelle, d'abord réconfortante, plus sadique encore que son compagnon.
Peu d'effets sanglants dans Reise Nach Agati, mais une scène finale qui dérange quand même un peu. Au final, le film de Marian Dora se révèle être un curieux projet, parfois envoûtant, souvent chiant, emprunt d'une poésie morbide et de détails que seul le cinéaste lui-même semble être en mesure de décoder. A voir.






lundi 10 août 2015

Cruel & Unusual de Merlin Dervisevic (2014)




Cruel and Unusual semble être le premier long métrage du cinéaste Merlin Dervisevic qui avant s'est essayé aux séries télévisées et aux courts-métrages. Même si le réalisateur n'en est donc pas à son coup d'essai, il transpire de cette œuvre fort originale une forte impression d'inachevé. Et c'est bien dommage puisque partant d'un postulat de base assez simple, l’œuvre se démarque des autres en plongeant son personnage principal dans un univers un brin schizophrène.

Alors qu'il tentait de sauver la vie de sa femme en pratiquant sur elle bouche à bouche et massage cardiaque, un homme se retrouve accusé de meurtre. Il a beau nier les faits, autour de lui personne n'est dupe. L'histoire de ce personnage aurait pu l'emmener vers le classique film de prison, mais la geôle dans laquelle il se retrouve emmuré est vraiment particulière. Si les murs qui le retiennent prisonniers paraissent plausible à nos yeux, certains éléments nous font douter de ce à quoi nous assistons. Est-ce un rêve ? Ou bien notre héros est-il la victime d'une organisation punissant les responsables de meurtres bien particuliers ? Car oui, la vingtaine de prisonniers qui comme lui sont enfermés sans espoir de recouvrer la liberté ont tous coupables d'avoir tué un ou plusieurs membres de leur famille. A part une jeune femme prénommée Doris et qui va très vite se rapprocher de notre héros après des débuts difficiles, tous ont tué père, mère ou bien enfants, frère ou sœur.

Nous ne dévoilons rien de bien particulier en signifiant que le héros est mort lorsqu'il met les pieds dans cet univers carcéral dont chaque porte donne soit dans la pièce où la personne qui l'ouvre se situe déjà, soit sur le lieu de son crime. Effectivement, on apprend assez vit qu'il a perdu la vie lorsque son épouse elle-même a rendu l'âme. On aurait aimé le découvrir plus tard, cela aurait ajouté au mystère entourant le récit. Mais sans doute le cinéaste a-t-il suffisamment de matière à faire avancer son œuvre pour pouvoir se permettre de délivrer cet élément fondamental dès le début du film.

Et en effet, Merlin Dervisevic a de quoi alimenter son œuvre durant l'heure trente qu'elle dure. Malheureusement, et c'est sans doute là le point noir de Cruel and Unusual, le film a tendance à tourner en rond. C'est d'autant plus dommage que les vingt dernières minutes montrent le potentiel qu'aurait eut le film s'il le scénario avait été un peu plus étoffé. Merlin Dervisevic fait le choix d'un acteur (David Richmond Peck) anodin et sans saveur. Un type qui ressemble finalement à monsieur tout le monde mais qui à l'écran manque de "présence". Bernadette Saquibal est jolie, certes, mais elle a surtout l'air de s'ennuyer. Rendue esclave par l'amour exclusif, autoritaire et étouffant de son époux,  le comportement un peu mou de son personnage explique peut-être un peu cela.

On aurait sans doute aimer de Cruel and Unusual qu'il nous offre un peu plus de folie. L'univers, pourtant sujet à tous les fantasmes se referme finalement sur le seul désir qu'à notre héros de s'en échapper. SAUF, justement, durant les vingt dernières minutes qui dénotent de l'heure qui vient de précéder. Une énergie nouvelle est déployée. Le rythme est enfin soutenu. Quand au scénario, il devient enfin intelligent et développe une conclusion que l'on espérait pas aussi brillante.

Cruel and Unusual n'est dont clairement pas un chef-d’œuvre. Entre les mains d'un cinéaste aguerri, le scénario aurait engendré une œuvre sans doute beaucoup plus aboutie. Si seulement David Lynch était passé par là...


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