Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Judith Magre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Judith Magre. Afficher tous les articles

mardi 26 novembre 2024

Pourquoi tu souris ? de Christine Paillard et Chad Chenouga (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 2024, Pourquoi tu souris ? rejoint la grande tradition des comédies dramatiques sociales françaises comme le fut en son temps le magnifique Une époque formidable de et avec Gérard Jugnot en y ajoutant quelques thématiques actuellement très en vogue dans notre société et auprès des marchands de rêve. Ceux qui au cinéma y trouvent la matière lucrative à remplir les salles obscures tout y intégrant des valeurs morales qui ne sont pas toujours au goût de tout le monde. Il y a longtemps, l'immigré y était décrit comme le bouc émissaire des maux de notre société. Un individu plus ou moins bien intégré que l'on traitait comme un véritable salaud en lui faisant endosser le viol et le meurtre d'une jeune femme commis par un français que l'on nomme de ''souche'' (Dupont Lajoie d'Yves Boisset en 1975). Le racisme y était déjà employé avec force et a perduré à travers le temps. Aujourd'hui, l'immigré est remplacé par le migrant. Qu'il foule le sol de France pour s'y intégrer ou pour le piétiner n'a semble-t-il plus guère d'importance. L'élément primordial étant qu'on lui accorde une place parmi nous, qu'il ait prouvé sa valeur ou au contraire qu'il se soit montré indigne d'être ici, sur cette terre d'accueil parfois méprisée. En parallèle à ces exilés qui n'ont pas de toit pour se protéger mais dont des organisations non gouvernementales s'occupent contre de fortes rémunérations offertes par l’État, que fait-on de nos sans domiciles fixes ? Sur le ton de l'humour et de l'émotion, les français Christine Paillard et Chad Chenouga répondent à cette question à travers leur premier long-métrage en commun. Une comédie dramatique à tendance sociale qui décrit la rencontre entre Wisi (Jean-Pascal Zadi), fraîchement débarqué à Bordeaux pour participer en tant que figurant à un opéra consacré à Boris Godounov, Jérôme (Raphaël Quenard), un jeune homme très instable qui ne peut offrir une pierre tombale à sa mère tout récemment décédée et Marina (Emmanuelle Devos), employée d'une œuvre humanitaire généreuse et naïve. Le point commun entre Wisi et Jérôme ? Ils sont tous deux à la rue. Entre débrouille et roublardise, ils parviennent chacun à leur tour à se faire inviter chez Marina pour y dormir en échange de la promesse de tout entreprendre pour trouver du travail.


Si Jérôme s'invente une maladie qui l'empêche de travailler ou d'effectuer le moindre effort (l'ergophobie, qui peut faire sourire, semble réellement exister), Wisi va peut-être encore plus loin dans la fourberie en se faisant passer pour un migrant après avoir constaté de visu que les étrangers en situation irrégulière étaient mieux traités que nos sans domiciles fixes. Jérôme, c'est un peu le Guy de Viens chez moi, j'habite chez une copine de Patrice Leconte version 2024. Non pas qu'il cause par sa seule présence des dommages collatéraux au sein du couple de Marina puisque la jeune femme n'a de toute manière pas de compagnon, mais ce systématisme avec lequel il s'emploie à ne rien faire tout en invoquant une maladie liée à son hippocampe (une petite zone du cerveau jouant un rôle dans la mémoire) va avoir des conséquences sur l'intégrité professionnelle de cette formidable humanitaire. Et sur les ambitions de Wisi qui malgré son odieuse usurpation d'identité veut réellement s'en sortir. Ponctué de quelques séquences touchantes comme la présence de Jérôme au dessus du corps sans vie de sa mère ou à travers l'existence tragique d’Émilie (l'actrice franco-britannique Camille Rutherford) dont l'ex époux désormais installé en Australie a la garde exclusive de leur enfant, Pourquoi tu souris ? n'en demeure pas moins une comédie très amusante campée par de très talentueux interprètes et rythmée par des séquence parfois très drôles. L'on découvre des personnages très attachants et beaucoup plus dégourdis et intelligents qu'ils ne le paraissent au premier abord. L'on a également droit à quelques passages délicieusement absurdes. Comme lorsque Wisi fringué d'un costume volé dans un grand magasin de vêtements fuit sa première cliente alors que Jérôme l'a inscrit sur un site d'Escort Boy ou lorsque les deux hommes rencontrent Rita (Judith Magre), une vieille bourgeoise impotente et cynique vivant dans un luxueux hôtel particulier de Bordeaux. Bref, plutôt que de s'apitoyer sur les personnages qu'ils ont eux-même créé, Christine Paillard et Chad Chenouga offrent une comédie fraîche, drôle et parfois émouvante en ne la recouvrant jamais d'une chape de plomb moralisatrice...

 

vendredi 11 mai 2018

L'Homme à l'Imperméable de Julien Duvivier (1956) - ★★★★★★★☆☆☆



Abordons dans ce nouvel article, l'excellent L'Homme à l'Imperméable du cinéaste français Julien Duvivier qui outre sa spécialisation dans le domaine du thriller et du policier entre les années 30 et 60, rendit populaire le duo incarné par l'acteur et son alter ego italien Gino Cervi, célèbre Peppone dans la série des Don Camillo. Bien que Fernandel soit le principal interprète de L'Homme à l'Imperméable, il ne s'agit plus ici pour l'acteur français de donner dans le burlesque mais davantage dans le drame avec ce récit tournant autour du meurtre d'une comédienne aux mœurs légères rencontrée par notre héros clarinettiste Albert Constantin qui, un soir d'abattement, et sur les conseils de son proche ami Émile Blondeau, choisit d'aller faire connaissance avec Eva. La jeune femme ayant pour habitude de boucler ses fins de mois en se prostituant accueille avec plaisir Albert dans son appartement. Mais alors qu'elle lui demande de bien vouloir patienter tandis qu'elle se met à l'aise, la jeune femme est poignardée dans le dos. Face à cet imprévu, Émile panique, croisé dans l'escalier par un certain Monsieur Raphaël, l'un des habitants de l'immeuble. Innocent, tout semble pourtant accuser le clarinettiste. Le pantalon tâché de sang de la victime, son étrange comportement laisse penser son ami Albert qu'il pourrait être l'assassin. De plus, Eva ayant assisté aux répétitions d'une pièce musicale à laquelle participe Émile, la police enquête sur les lieux, au théâtre du Châtelet. Pire : Monsieur Raphaël se révèle être un véritable maître-chanteur qui va tout mettre en œuvre pour soutirer de l'argent au pauvre Émile qui tentera de tout faire pour éviter que les soupçons pèsent sur lui...

Julien Duvivier réalise avec L'Homme à l'Imperméable, un excellent thriller mâtiné d'une pointe d'humour non négligeable rendant son œuvre un peu moins noire qu'à l'accoutumée. Le scénario qu'il écrivit en compagnie du journaliste et écrivain René Barjavel (La Nuit des Temps, Une Rose au Paradis, etc...) sur la base du roman Tyger by the Tail de l'anglais James Hadley Chase donne lieu à une succession d'imbroglio mettant face à un sympathique clarinettiste dont l'épouse est partie pour une semaine au chevet d'un oncle malade, un maître-chanteur, un gigolo, l'assassin d'Eva (l'amante de Maurice Langlois, le gigolo en question), des tueurs professionnels, ainsi, bien évidemment, que la police enquêtant sur le meurtre de la jeune prostituée incarnée à l'écran par Judith Magre.

Monsieur Raphaël, c'est l'excellent Bernard Blier qui campe ainsi le maître-chanteur. Un salaud de service étonnamment crapuleux qui se jouera de l'innocente implication du musicien et de plusieurs autres personnages pour tenter de leur soutirer à tous, un maximum d'argent. Affublé d'une barbe mal taillée, d'une robe de chambre trop serrée ou d'un imperméable trop grand pour lui, l'acteur se fond merveilleusement bien dans ce rôle de parasite, engluant un Fernandel contraint de faire profil bas et d'accepter le chantage du bonhomme s'il ne veut pas terminer ses jours en prison pour un meurtre dont il demeure innocent. Si les événements se précipitent durant la seconde moitié d'un long-métrage qui dure tout de même plus d'une heure quarante-cinq, surtout lorsque sont impliqués l'américain O'Brien (l'acteur John McGiver) et ses hommes de main, on pourra ou pas, préférer la première partie durant laquelle le personnage interprété par Fernandel se démène afin d'éloigner tout ce qui pourrait lui faire porter le chapeau, le long passage durant lequel Émile tente de se débarrasser de son encombrant colis demeurant fort sympathique.

Contrairement aux propos d'un certain François Truffaut qui à l'époque de la sortie de L'Homme à l'Imperméable se révéla dédaigneux en affirmant que Fernandel était 'faux' dans tous les rôles qu'il interpréta depuis le film concerné ici, l'acteur y dévoile au contraire toutes les facettes de son talent puisque capable de jouer dans un registre radicalement différent de celui auquel il nous avait habitué. On peut alors se demander quelle mouche a piqué le cinéaste et critique François Truffaut en ce jour du 13 mars 1957 où il écrivit de telles horreurs à l'encontre de l'un de nos plus sympathiques acteurs français. L'Homme à l'Imperméable est une très belle surprise. Un polar relativement moins sombre que les autres longs-métrages de Julien Duvivier, un chantage à l'argent, un jeu de massacre, doté d'excellents dialogues et d'une partition musicale signée par le compositeur français Georges van Parys, auteur de musiques de films et d'opérettes. A voir ou à revoir absolument. Pour Fernandel, Bernard Blier, et pour l'intrigue également...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...