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samedi 8 février 2020

The Grudge de Nicolas Pesce (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Comme la majeure partie des plus célèbres sagas de films d'horreur japonais de ces vingt dernières années, celle qui englobe les films Ju-On (The Grudge) détient la deuxième place en matière de nombre d'épisodes. Alors que sa principale rivale Ringu de Hideo Nakata comporte cinq longs-métrages dont un remake et sa suite respectivement réalisés par Gore Verbinski et le cinéaste japonais lui-même, une préquelle signée de Norio Tsuruta, ainsi que plusieurs alternatives inspirées par son univers (Rasen de Jôji Iida, The Ring Virus de Kim Dong-bin, Sadako 3D 1&2 de Tsutomu Hanabusa), Takashi Shimizu fut entre autres à l'initiative de six épisodes de la saga Ju-On (Ju-On 1&2, Ju-on: The Grudge 1&2, The Grudge 1&2), The Grudge 3 ayant été ensuite réalisé en 2009 par le cinéaste britannique Toby Wilkins. Alors qu'une nouvelle étape fut franchie en 2017 avec une énième itération de la saga de Hideo Nakata à travers Le Cercle : Rings du réalisateur espagnol F. Javier Gutiérrez, voilà qu'à débarqué sur grand écran en janvier dernier le tout dernier opus de la saga Ju-on.

Cette fois-ci, c'est au tour du réalisateur américain Nicolas Pesce de s'être collé à la tâche de relancer une franchise en bout de course. Auteur des étonnants The Eyes of my Mother en 2016 et de Piercing deux ans plus tard, il tente avec The Grudge d'apporter une vision différente d'un récit dans le but de se démarquer des épisodes précédents tout en conservant le fond de l'affaire. Désormais, le film se penche sur le cas de Fiona Landers (Tara Westwood), une jeune infirmière américaine qui après avoir fuit la ville de Tokyo à la suite de manifestations fantomatiques va retrouver les siens aux États-Unis. Une petite fille et un époux qu'elle finira par assassiner avant de se suicider. Deux ans plus tard, le Détective Muldoon (Andrea Riseborough) et son collègue l'inspecteur Goodman (Demián Bichir) sont dépêchés sur un site où est retrouvée une voiture renfermant le cadavre d'une vieille femme qui s'avère avoir été au contact un an plus tôt avec un couple formé par Faith et William Matheson (Lin Shaye et Frankie Faison), lesquels achetèrent la demeure des Landers...

Ce nouvel épisode de la saga The Grudge apparaît comme un anachronisme dans le monde merveilleux du cinéma d'horreur qui semblait pourtant avoir tourné la page en matière de fantômes inspirés par la prestigieuse J-Horror qui mit au monde l'un des longs-métrages les plus terrifiants de l'histoire du cinéma fantastique mondial (Honogurai Mizu no Soko Kara (Dark Water) de Hideo Nakata en 2002). Pressant une franchise usée jusqu'à la corde pour en soutirer les dernières gouttes de sang, Nicolas Pesce s'en sort pourtant nettement mieux que son rival espagnol et signe un film-puzzle qui passe d'une intrigue à l'autre (entre les années 2004, 2005 et 2006) afin de développer un récit qui s’intéresse de nouveau au célèbre fantômes au visage barré d'un voile capillaire ! Loin d'atteindre les qualités intrinsèques de l'original sorti en 2000, ce tardif reboot qui peut s'estimer autant être un remake qu'une séquelle se regardera finalement comme un petit film fantastico-policier n'évitant cependant pas quelques débordements ''cra-cra'' qui satisferont peut-être les fanatiques de films d'horreur mais certainement pas les amateurs de frissons car c'est bien là que le bas blesse. Autant l'intrigue n'est-elle pas tout à fait inintéressante, autant il sera difficile d'éprouver le moindre sentiment d'effroi. Le genre de soucis rencontré lorsqu'une œuvre sort avec dix ou vingt ans de retard...

jeudi 22 novembre 2018

Searching – Portée Disparue de Aneesh Chaganty (2018) - ★★★★★★★★☆☆



Sur le même principe que Unfriended de Levan Gabriadze (dont la suite, Unfriended : Dark Web est prévue pour le 26 décembre prochain sur nos écrans), Searching – Portée Disparue exploite le filon Internet à son paroxysme. D'une qualité bien supérieure à son modèle, au demeurant, excellent, le film de Aneesh Chaganty utilise les outils informatiques mis à dispositions des usagers afin de proposer une intrigue passionnante tournant autour de la disparition d'une adolescente dont la mère est morte d'un cancer. Vivant désormais seule avec son père, Margot semble avoir des difficultés à surmonter le décès de sa mère. Son père, lui, est loin d'imaginer ce que vit sa fille jusqu'au jour où elle ne donne plus de nouvelles. C'est le début d'une enquête aux côté du lieutenant de police Vick que le père de Margot va décortiquer toutes les données accumulées par sa fille durant des années, passant par les différents réseaux sociaux, épluchant toutes les conversations que sa fille à pu avoir avec ses amis internautes, visionnant chaque vidéo, interrogeant ses connaissances, réelles et virtuelles, lançant des recherches sur Google, tandis que l'inspectrice, elle, se lance dans une enquête de terrain. Une enquête qui débouchera sur une révélation incroyable...

mais en même temps, tellement crédible qu'elle fait froid dans le dos. Car en écartant tout l'aspect fantastique qui pouvait polluer l'intrigue de Unfriended, Aneesh Chaganty choisit au contraire de coller au mieux à la réalité d'Internet et des réseaux sociaux. Cette fourmilière gigantesque où l'on trouve le meilleur, mais également le pire. Mais Searching – Portée Disparue, c'est avant tout un drame. Celui que vivent nombre de familles qui perdent l'un des leurs à cause de ce fichu cancer. C'est ainsi donc que la question est posée. Durant les cent minutes que dure le long-métrage, le spectateur se demande à chaque instant si la fille de David a été enlevée, ou si, ne supportant plus d'avoir perdu sa mère, la jeune Margot a préféré disparaître pour ne plus revenir. Alors... En fuite ? Enlevée ? Victime d'un cybercriminel ? C'est à cette question que tentera de répondre le duo formé par John Cho et Debra Messing qui forment ainsi un couple d'un genre nouveau. L'un enquêtant sur le terrain tandis que l'autre s'occupera d'investiguer sur les réseaux sociaux.

Si l'on arrive à passer outre l'incohérence d'un père inquiet qui passe pourtant le plus clair de son temps derrière l'écran de son ordinateur et de celui de sa fille (un PC et et un MAC, comme cela, pas de jaloux) au lieu de se lancer lui-même dans des recherches directement sur le terrain, Searching – Portée Disparue est la promesse d'une enquête policière d'un nouveau genre qui malgré l'apparente étroitesse du principe réserve d'excellentes surprises. Aneesh Chaganty, un américain d'origine indienne rejoint l’équipe Creative 5 de Google à New York après la diffusion sur Internet d'une vidéo intitulée Seeds qui fait sensation. Autant dire que le cinéaste, dont Searching – Portée Disparue est le premier long-métrage, connaît par cœur son sujet. Résultat : son film est une merveille de construction. Par écrans interposés, le spectateur ne quitte jamais le monde semi-virtuel de son écran d'ordinateur. Basé sur l'utilisation successive de logiciels de communication, de pages Internet, de vidéos et de photos d'archives, de réseaux sociaux (Facebook, Tumblr, Youtube, Facetime, etc...), de messageries, Searching – Portée Disparue est une excellente surprise et, surtout, un thriller diablement efficace. Malgré la limite imposée par le cadre familier du héros incarné par John Cho (la quasi-intégralité de l'intrigue se situe dans son appartement), l’œuvre de Aneesh Chaganty est une totale réussite et surtout un message d'alerte (volontaire ou pas) concernant les dangers d'Internet. Effrayant, parfaitement interprété, superbement mis en scène et, de plus, intégralement traduit (voix et textes) pour davantage de confort...

jeudi 4 janvier 2018

Star Trek Beyond de Justin Lin (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆



Dans l'univers parallèle imaginé par J.J. Abrams, le capitaine James T. Kirk ayant pris la place de Spock au cœur du réacteur nucléaire de l'Enterprise afin de relancer le moteur à distorsion dans le précédent volet, le champ était donc laissé libre aux scénaristes Simon Pegg et Doug Jung de penser à de nouvelles aventures s'éloignant drastiquement de celles qui allaient découler de La Colère de Khan. Pour ce troisième épisode du reboot de Star Trek, les commandes sont confiées aux réalisateur américano-Taïwanais Justin Lin. Auteur de plusieurs volets de la saga Fast and Furious, les amateurs de la monumentale franchise créée par Gene Roddenberry avaient de quoi se faire du mouron. Confié à Simon Pegg (interprète principal et scénariste de Shaun of the Dead, Hot Fuzz ou encore Le Dernier Pub avant la Fin du Monde), le scénario de Star Trek Beyond fait la part belle à l'action tout en oubliant un point crucial : l'émotion. Car si les amateurs d'actions trouveront absolument vertigineux le spectacle visuel, les plus sensibles à la profondeur qui caractérise généralement l'esprit de l'univers Star Trek risquent de déchanter.
Avec cet épisode, on s'éloigne peu à peu de la science-fiction chère aux amateurs de la série originale et de ses succédanés pour plonger dans un univers ressemblant davantage à celui de super-héros ne craignant plus de faire des chutes de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Simon Pegg (également interprète de l'ingénieur en chef Montgomery Scott) s'offre un rôle plus important tandis qu'il éloigne sensiblement le charismatique Spock de la lumière. S'inspirant de l'univers bouffon de sa précédente filmographie, le scénariste/réalisateur injecte au scénario de Star Trek Beyond un dose supplémentaire d'humour faisant parfois ressembler le film de Justin Lin à l'excellente série The Orville.

Plus les années passent, et plus l'univers de Star Trek semble vouloir coller à celui de son principal rival, Star Wars. Le personnage de Jaylah aurait tout aussi bien pu intégrer l'univers créé par George Lucas. Tout l'intérêt de Star Trek Beyond réside dans l'affrontement entre l'équipage de l'Enterprise et le personnage de Krall, chef d'une armée constituée de milliers de vaisseau s'apparentant à une ruche dont l'efficacité est, à l'écran, redoutable. Un monde de fonctionnement proche des inquiétants Borgs, mais de nouveaux ennemis bien plus véloces.

Encore une fois, il s'agit de vengeance. Après le romulien Néro et l'humain Khan, désormais il faut compter sur un ennemi tout aussi impitoyable dont les origines ne nous seront révélées qu'à la toute fin. Visuellement, le film est impressionnant quoique en deça du formidable spectacle offert trois ans auparavant avec Star Trek Into Darkness. Le vaisseau Enterprise ne nous aura jamais paru aussi fragile et ses membres d'équipage aussi robustes. A tel point que l'on va finir un jour par ne plus s'inquiéter de leur sort à force de voir Spock, Kirk, ou McCoy se relever chaque fois de blessures et de batailles condamnant normalement n'importe qui d'autre à mourir. Autre point positif : le choix d'avoir intégré l'esprit de découverte de la série originale avec cette planète fort peu accueillante où se situe une grande partie de l'intrigue. Malheureusement, en parallèle au dépaysement, beaucoup de situations se révèlent improbables. Voire grotesques. Les énumérer prendrait tant de temps que je laisse à la charge de ses futurs spectateurs de les relever toutes.

Au regard des treize longs-métrages sortis au cinéma depuis l'année 1979, Star Trek Beyond n'est certes, pas le pire d'entre tous mais il laisse la vague impression d'avoir en si peu de temps, pris un terrible coup de vieux. Au même titre que l'ancienne génération, il se rapproche davantage des univers imaginés par Jonathan Frakes (Star Trek : Insurrection) et Stuart Baird (Star Trek : Nemesis). Mieux vaut penser que la suite donnera tort à ceux qui prévoient la mort de la franchise au cinéma et que la qualité sera, à nouveau, au rendez-vous. Pour cela, pas de mystère : confier le scénario et la réalisation à des artistes accomplis...

jeudi 28 décembre 2017

Star Trek de J.J. Abrams (2009)- ★★★★★★★☆☆☆



Il aura fallut attendre quarante ans après la fin de la série originale Star Trek pour qu'un homme se décide à remonter aux sources en proposant la genèse de ses principaux personnages. Comme passés sous un masque de rajeunissement, James T. Kirk, Spock, Nyota Uhura, Montgomery Scott, Hikaru Sulu et Pavel Chekov ont retrouvé de leur superbe et nous les découvrons donc en 2009 sous leurs meilleurs jours. Des débuts difficiles au sein de la Fédération des Planètes Unies puisque confrontés dès leur première aventure à bord de l'USS Enterprise à un immense vaisseau de forage romulien venu du futur, et dont le commandant reproche aux vulcains en général, et à Spock en particulier, d'avoir détruit la planète Romulus cent vingt sept ans plus tard.

Mais pour le moment, ce dernier n'est encore qu'un jeune adulte, admis à l'académie des sciences de Vulcain en dépit de son handicap : Spock est en effet le fils d'Amanda Grayson, une humaine interprétée ici par l'actrice Winona Ryder, et qui lui vaut de connaître beaucoup de difficultés auprès de ses camarades. Devant les ministres du Haut Conseil, Spock refuse finalement d'intégrer l'Académie des Sciences et se retrouvera donc à bord de l'Entreprise. James Tiberius Kirk est d'abord décrit comme un adolescent turbulent, ce qu'il demeurera d'ailleurs jusqu'à son arrivée à bord du célèbre vaisseau USS Enterprise. Arrogant, orgueilleux, bagarreur, aimant la vitesse et les femmes, c'est un électron libre auquel le commandant Christopher Pike a pourtant décidé d'accorder sa confiance en l'accueillant à bord. Tous les héros de la série originale sont présents sur la passerelle, même le capitaine Christopher Pike qui ne fut autre que le commandant de l'Enterprise dans l'épisode pilote de la série originale La Cage. En réalité, lorsque l'équipage du vaisseau part en aide à la planète Vulcain, attaquée par un vaisseau inconnu, il manque encore l'un des célèbres membres de l'équipage original : Scotty ! Lequel, on le découvrira plus tard, vit sur Delta Vega, une planète proche de Vulcain sur laquelle vit en exil forcé un Spock vieillissant venu du futur. Ce dernier y donne une explication plausible sur les raisons pour lesquelles Néro, le capitaine du Narada, l'immense vaisseau de forage venu du futur afin de détruire Vulcain et ses milliards d'habitants. Extrait de force de l'Enterprise, l'incorrigible Kirk est envoyé sur Delta Vega. Il y rencontre Spock à l'intérieur d'une grotte, lequel l'emmène jusqu'à un avant-poste de Starfleet installé sur cette planète entièrement recouverte de glace. C'est là que vit Scotty. Lui qui a émit la théorie de la téléportation trans-distorsionnelle. Une théorie qui cent-vingt sept ans plus tard sera une réalité, Spock étant en mesure de le prouver. 
 
C'est en mettant en pratique sa théorie que Scotty parvient à se téléporter, ainsi que James T. Kirk a bord de l'Enterprise lancé à pleine puissance. Maintenant que l'équipage tout entier est réuni, tous vont pouvoir s'attaquer au Narada et à ses membres. Car après avoir réussi à détruire Vulcain, leur prochain objectif est la planète Terre...

Avec ce Reboot de la saga Star Trek, le cinéaste et producteur J. J. Abrams qui n'avait jusque là réalisé qu'un seul long-métrage mais en avait produit une petite dizaine prend des libertés historiques et temporelles. Des anachronismes qui ne dérangeront pas outre mesures les néophytes mais qui perturberont sans doute les intégristes de l'univers créé il y a plus de quarante ans par le scénariste et producteur Gene Roddenberry. Nous aurions pu craindre un long-métrage essentiellement axé sur des effets-spéciaux de dernière génération comme cela est trop souvent la coutume dans les blockbusters actuels. Et c'est vrai que si l'on y repense, le scénario de ce Star Trek version 2009 est on ne peut plus basique. Le récit, simple, d'une vengeance. De quoi préparer la nouvelle génération de spectateurs. Ceux qui ne se sont pas encore accoutumés au gigantesque univers que représente cette licence faite de six séries télévisées ( Star Trek, Star Trek : La Nouvelle Génération, Star Trek: Deep Space Nine, Star Trek: Voyager, Star Trek: Enterprise, et dernièrement, Star Trek: Discovery) et pas moins de dix longs-métrages en cette année 2009 (qui depuis en compte treize avec celui-ci et Star Trek : Into Darkness, Star Trek: Sans limites). Peu complexe, le reboot de Star Trek a surtout l'avantage de remettre les compteurs à zéro. L'amitié entre Kirk (Chris Pine)et le docteur Leonard McCoy (Karl Urban) ce dernier défendant bec et ongles son ami pouvant ainsi expliquer ses perpétuelles échauffourées verbales avec le Spock de la série originale.

Visuellement, le spectacle est sublime et dépasse tout ce que l'on a pu voir depuis la création de l'univers Star Trek. Les effets visuels et les animations de la société d'effets spéciaux de cinéma américaine Industrial Light & Magic sont magnifiques. Bien loin de la bouillie numérique que l'on aurait pu redouter (le Valérian de Luc Besson sorti cette année), ils accompagnent un récit certes convenu, mais émaillé de scènes passionnantes dont la rencontre avec un Spock vieillissant interprété par l'inoubliable Leonard Nimoy demeure l'un des passages les plus intéressants. On appréciera l'interprétation de l'acteur Zachary Quinto qui se réapproprie avec finesse ce personnage emblématique de l'univers Star Trek. Que les fans de toujours soient d'accord ou non, et s'il ne rivalise pas avec la moindre des séries basées sur l'univers créé par Gene Roddenberry, le film de J.J. Abrams demeure à ce jour la meilleure adaptation cinématographique aux côtés des tous premiers longs-métrages...
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