Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Harry Connick Jr.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Harry Connick Jr.. Afficher tous les articles

samedi 8 mars 2025

Bug de William Friedkin (2006)



Agnés est serveuse dans un bar et vit dans un vieil hôtel miteux. Lorsque la nuit vient, elle doit faire face à ses mauvais démons. Elle craint le retour de son ex-mari Jerry Goss qui après avoir purgé une peine de prison vient d'être libéré sur parole et risque donc de bientôt refaire surface. Agnés doit aussi vivre avec le souvenir du fils qu'ils ont eu ensemble et qui a disparu dix ans plus tôt dans une grande surface. Lorsque sa meilleure amie R.C lui présente Peter, un homme étrange mais auquel elle va très vite s'attacher, elle est loin de se douter de l'effroyable aventure qu' ils vont bientôt vivre ensemble.Peter est un homme simple, effacé, fragile qui semble voir ce que les autres ignorent. Il s'installe peu à peu dans la vie d'Agnés qui attend toujours avec autant de crainte le retour de Jerry. Ce dernier d'ailleurs ne se fait pas longtemps attendre et débarque le lendemain même de la rencontre entre Agnés et Peter. Toujours aussi violent, Jerry s'impose et décide de revenir plus tard lorsqu'il aura réglé une affaire urgente. C'est durant cette période de répit qu'Agnés et Peter vont se découvrir. On apprends la tragédie qui mine l'existence d'Agnés depuis dix ans et la fuite de Peter qui affirme être recherché par l'Armée depuis qu'il l'a désertée. En effet, il affirme à sa nouvelle amie qu'il a servi de cobaye pour des expériences scientifiques. 

Une nuit, alors que le couple vient de faire l'amour, Peter est piqué par un insecte. Ce détail va être le début d'une lente descente aux enfers. Alors qu'il est devenu pour Agnés un ami devenu indispensable, Peter commence à délirer. Il se croit porteur d'un insecte qui se nourrit de son sang. La chambre est peu à peu investie par une multitude de parasites que Peter est tout d'abord le seul à voir. Agnés, qui dans sa peur de se retrouver seule se raccroche à Peter, finit elle aussi par voir son univers envahi par une horde d'insectes. La chambre se transforme peu à peu pour devenir un lieu aseptisé. Bombes insecticides et pièges à moustiques encombrent rapidement l'univers du couple qui finit par se sentir traqué. La meilleure amie d'Agnés devient une ennemie à fuir après que cette dernière ait parlé au médecin de Peter lancé à sa recherche. D'après lui, Jerry est responsable de l'enlèvement de leur propre enfant. Et tout cela dans un but précis fomenté par l'Armée. Le couple s'enferme alors dans la chambre sans plus jamais en sortir. Il se coupe du monde, mais ce qui ressemble à une machiavélique machination organisée par l'Armée est peut-être tout autre...

William Friedkin est l'immense cinéaste que l'on connaît à travers des œuvres aussi diverses que L'Exorciste, French Connection ou encore The Sorcerer. La découverte il y a quelques années de Cruising avec un Al Pacino fantastique plongeant dans l'univers gay et lancé à la recherche d'un serial killer ne s'attaquant qu'au milieu homosexuel fut une expérience incroyable. Sordide et poisseux ce film pourtant interprété par un acteur grand public révélait à lui seul l'univers si particulier du cinéaste. William Friedkin n'a jamais été du genre à se reposer sur ses lauriers, toujours capable de prendre des risques en matière de choix cinématographiques que peu oseraient prendre. Bug est une expérience du même acabit. Un grand film de la malade demeurant indéniablement un cran au dessus de ce que le cinéma américain a majoritairement l'habitude de nous proposer.

Se penchant sur le délicat sujet de la schizophrénie le film trompe son monde durant une bonne partie de l'aventure. Alors que Peter est semble-t-il la victime d'une effroyable machination orchestrée par l'armée on comprends plus loin que la vérité est ailleurs. Agnés quand à elle tombe dans le piège du faux-semblant que Peter lui tend innocemment. A mesure que le couple s'enfonce dans la dépression et la paranoïa, leur univers devient aseptisé et clos et finit par ressembler à un lieu dont les frontière demeurent infranchissables pour d'autres individus qu'eux-mêmes. Friedkin filme Ashley Judd et Michael Shannon de manière pudique et déviante à la fois. La scène qui reflète le mieux cette antinomie est sans doute celle où ils font l'amour. A part David Lynch avec Lost Highway, Friedkin est sans doute celui qui a su le mieux rendre l'accouplement entre un homme et une femme aussi troublant. Bug mêle tour à tour le sensuel à la violence, les plans soft à la rage d'une conclusion pessimiste, l'humilité à l'inhumain ainsi que toute une palette de sentiments qui renouvellent à une vitesse folle le sujet qui est ici traité. On pense se retrouver face à un drame existentiel avant de tomber en plein faux complot pour aller titiller un temps la science-fiction à travers un décor final étouffant pour plonger définitivement dans l'horreur. Un excellent film, des acteurs solides et une mise en scène efficace.


lundi 2 août 2021

Fear of Rain de Castille Landon (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Angst de Gerald Kargl en 1983, Clean, Shaven de Lodge Kerrigan en 1994, Bug de William Friedkin en 2006 ou Take Shelter de Jeff Nichols en 2011. Chaque décennie apporte son lot de films sur le sujet de la schizophrénie. Sans doute pourrions-nous en citer d'autres mais ceux-ci demeurent parmi les plus saisissants. Pour cette nouvelle décennie qui a ouvert ses portes il y a sept mois environ, la réalisatrice Castille Landon se penche à son tour sur le cas d'une adolescente qui après avoir fait un long séjour dans un institut psychiatrique retrouve ses parents ainsi que le lycée. Pourtant contrainte de suivre un traitement médicamenteux assez lourd, Rain n'a jamais vraiment cessé d'entendre des voix et de communiquer avec des personnages imaginaires. Soutenue par ses parents (Katherine Heigl et Harry Connick Jr. qui incarnent respectivement Michelle et John Burroughs) ainsi que par son nouvel ami Caleb (l'acteur Israel Broussard que l'on a pu notamment découvrir dans le diptyque Happy Birthdead de Christopher Landon), la jeune fille soupçonne sa voisine Dani McConnell (l'actrice Eugenie Bondurant), professeur dans le lycée où Rain étudie, d'avoir kidnappé une jeune enfant et de la garder prisonnière chez elle. Bien que certains éléments semblent étayer les soupçons de l'adolescente et bien que Caleb soit prête à tout faire pour l'aider dans son entreprise, certains signes montrent que Rain serait peut-être une nouvelle fois aux prises avec sa maladie...


Aborder la schizophrénie au cinéma est une chose. Encore faut-il être capable de le faire avec suffisamment de connaissances pour ne pas tomber dans le ridicule ou ne pas passer à côté de son sujet. D'une certaine manière, Fear of Rain, titre qui renvoie à un échange verbal entre la jeune héroïne interprétée par l'actrice Madison Iseman et son ami Caleb, y arrive sous certains aspects, si petits soient-ils. Mais plutôt que de chercher à étudier la maladie sous tous les angles en expliquant quelles peuvent en être les sources psychologiques ou affectives, la réalisatrice préfère mêler son sujet au thriller. En résulte une œuvre hybride qui souffre de problèmes de mise en scène et d'interprétation. Certaines séquences étant d'ailleurs commentées lors d'un dernier acte explicatif cherchant à justifier ce qui jusque là pouvait apparaître comme de grossières incohérences. Drame, thriller, Fear of Rain va même jusqu'à empiéter sur le sujet abordé par le réalisateur M Night Shyamalan dans Sixième sens. Toutefois, avec une certaine maladresse. Pour un minimum de confort, le long-métrage de Castille Landon devra être visionné dans sa version originale puisque le doublage en français ruine presque totalement l'intérêt du récit. Aucun personnage n'est effectivement épargné par des doubleurs qui font passer la chose pour un téléfilm inconsistant au lieu de lui donner l'ampleur qu'il aurait sans doute mérité. La palme revenant d'ailleurs au personnage de John Burroughs dont la voix française se révèle rien moins qu'atroce...


C'est d'autant plus dommage que l'on aurait aimé y croire à cette histoire. Mais la mise en scène, particulièrement plate fini d'achever le spectateur dont le rôle sera de se poser à intervalles réguliers des questions quant à l'intégrité mentale de sa jeune héroïne. La voisine s'est-elle vraiment rendue responsable de l’enlèvement d'une petite fille ? Caleb existe-t-il vraiment ? Il y avait pourtant dans Fear of Rain, matière à se réjouir : quelques visions intéressantes (un angle de plafond du lycée se décrépissant à vue d’œil) et des voix qui envahissent la tête de Rain. Mais trop timide et insuffisamment percutant, le long-métrage de la réalisatrice manque de puissance et ne ressemble en fait qu'à un petit téléfilm du dimanche après-midi pour que l'on ressente une quelconque émotion pour cette gamine qui tente de combattre ses démons intérieurs ainsi que les doutes de son entourage. Incohérent, donc, le comportement du père est d'un illogisme crasse que tente de justifier le personnage en fin de course. Méthode trop légère et facile pour nous convaincre du bien fondé de toute une série d'attitudes de la part du chef de famille. Bien qu'en étant là à son troisième long-métrage, la réalisatrice ne fait preuve d'aucune véritable aptitude dans la mise en scène ou dans l'écriture. C'est donc dans l'indifférence générale que nous refermerons la page Fear of Rain en espérant qu'un jour, un réalisateur retrouvera la grâce de ceux cités au début de cette chronique...

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...