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vendredi 18 avril 2025

Les enquête du Département V : Den Grænseløse d'Ole Christian Madsen (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un changement de casting lors du précédent opus intitulé Marco Effekten réalisé par Martin Zandvliet, on pouvait craindre que la franchise Les Enquêtes du Département V n'ait plus grand chose à nous offrir. L'absence de Nikolaj Lie Kaas et de Fares Fares se faisant cruellement ressentir, voir surgir pour la seconde fois Ulrich Thomsen et Zaki Youssef après les précédentes et très pénibles aventures de Carl Mørck et Assad ne laissait présager rien de bon. En sus, une critique généralement mitigée finit presque par me confirmer qu'il me faudrait passer à autre chose. Sauf que la saga adaptée de la série d'ouvrages écrits par le romancier danois Jussi Adler-Olsen sut tant et si bien me happer jusque là que passer à côté du sixième opus Den Grænseløse devenait alors inconcevable. Bien m'en a pris puisque contrairement à ce que certains prétendent, la nouvelle aventure du duo d'enquêteurs cette fois-ci réalisée par Ole Christian Madsen est une excellente surprise. Peut-être pas le meilleur des six longs-métrages sortis jusque là (la saga romanesque compte à ce jours dix volumes) mais une sacrée bonne nouvelle pour toutes celles et ceux qui commençaient à voir le vent tourner dans la mauvaise direction depuis 2021. Réalisé en partie sur l'île de Bornholm située dans la mer Baltique, le script repose sur un scénario de Jakob Weis, lui-même adapté du sixième roman de la saga littéraire sorti chez nous sous le titre Promesse. Autant Marco Effekten était inutilement alambiqué et surtout, très mal adapté sur grand écran, autant Ole Christian Madsen fait preuve d'une belle maîtrise dans la mise en scène à partir d'un scénario pas vraiment évident à mettre en images. En effet, Den Grænseløse ayant le soucis de ne pas enfermer le récit dans un contexte par trop linéaire, ce sont plusieurs intrigues qui se mêlent les unes aux autres pour former un tout parfaitement fluide. Il faut d'abord savoir reconnaître que le changement d'acteurs se fait ici beaucoup moins ressentir. Sans doute parce que l'on a finit par s'habituer aux nouveaux interprètes malgré la déception de voir disparaître de l'image ceux qui nous avaient tant conquis lors de fascinantes enquêtes. Mais l'un des points les plus remarquables de ce sixième long-métrage provient sans doute de l'implication beaucoup plus importante du personnage de l'assistante des deux inspecteurs Carl Mørck et Assad. Incarnée dans les épisodes Fasandræberne, Flaskepost fra P et Journal 64 par l'actrice Johanne Louise Schmidt, Rose est depuis Marco Effekten interprétée par Sofie Torp.


Sa présence demeurant jusque là relativement timide, la secrétaire des deux inspecteurs est désormais beaucoup plus impliquée dans cette enquête effectuée dans l'ombre puisque en dehors de leur juridiction. Tout commence par le suicide d'un policier qui au moment du pot de départ qui précède son départ à la retraite se tire une balle dans la tête devant ses collègues, le nom de Carl Mørck inscrit dans la paume de sa main droite. Dépêché sur place, Carl comprend que son ancien ami n'a jamais pu se remettre d'une affaire de meurtre sur une jeune femme qui ne fut jamais résolue. C'est donc aidé de son collègue syrien Assad et de Rose que le policier va tout mettre en œuvre pour retrouver le meurtrier. Dans ce sixième opus dont le script semble apparemment des plus anodin, sur la base du roman de Jussi Adler-Olsen, le scénariste Jakob Weis développe une sous-intrigue touchant spécifiquement le personnage de Carl. Viennent alors se greffer au fait-divers entourant le meurtre d'une jeune étudiante en art particulièrement douée, une ''communauté'' dirigée par Pirjo (Hedda Stiernstedt) et son frère Atu (Joachim Fjelstrup), un professeur d'arts plastiques au comportement relativement trouble (Rasmus Bjerg dans le rôle de SVK) ainsi que l'ex-femme de Carl (June Habersaat interprétée par Helle Fagralid). Il ne faudra que quelques instants pour que s'interconnectent entre eux ces différents aspects du récit, preuve que Ole Christian Madsen a su parfaitement digérer le matériau de base. Rose se voyant ainsi confier la tâche d'infiltrer ce que l'on devine rapidement être une secte et non pas simplement une communauté fraternelle tandis que Carl et Assad se chargeront d'enquêter sur la mort de l'étudiante avant de rapidement se rendre compte que tout, absolument tout est lié. Bref, Den Grænseløse est une très bonne surprise qui laisse augurer le meilleur pour la suite. La prochaine adaptation de la saga littéraire devrait fort logiquement reposer sur le septième volet intitulé Selfies. Pour autant, aucune information ne semble avoir filtré à ce sujet. Qui en sera l'auteur ? Les acteurs seront-ils les mêmes ? Y-aura-t-il d'ailleurs réellement une suite cinématographique aux aventures de Carl, Assad et Rose. Seul l'avenir nous le dira...

 

mardi 11 février 2025

Les Enquêtes du département V : Effet Marco (Marco Effekten) de Martin Zandvliet (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Adapté pour la toute première adaptation sur grand écran avec Kvinden i Buret de Mikkel Nørgaard en 2013, la série de romans policiers écrits par le danois Jussi Adler-Olsen est devenue au cinéma l'une des meilleures références en matière de thrillers scandinaves. Jusqu'à ce que débarque à son tour en 2021, le cinquième épisode Marco Effekten de Martin Zandvliet, tout allait pour le mieux. Des débuts très prometteurs jusqu'aux confirmations que furent Fasandræberne de Mikkel Nørgaard en 2014, Flaskepost fra P de Hans Petter Moland en 2016 et Journal 64 de Christoffer Boe deux ans pus tard, chaque nouvelle fournée était attendue comme le messie. Alors que l'année dernière est sortie la sixième adaptation des Enquêtes du département V sous le titre Den Grænseløse, revenons sur l'énorme déception que fut Marco Effekten en 2021. Une navrante passe d'arme dont la responsabilité ne fut pas à mettre uniquement sur le compte de son réalisateur mais aussi et surtout sur celui de la disparition à l'image des deux acteurs iconiques qui jusqu'à maintenant étaient au cœur des différentes investigations. On pense bien évidemment à Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares qui respectivement interprétaient jusque là les rôles de Carl Mørck et d'Assad. Désormais remplacés par Ulrich Thomsen et Zaki Youssef, le spectateur va très vite constater que le personnage d'Assad sera largement mis de côté lors de cette cinquième aventure du duo de flics danois qui cette fois-ci vont enquêter autour de la disparition d'un coach en natation accusé d'actes de pédophilie et sur l'éventuelle implication d'un jeune immigré clandestin du nom de Marco (Luboš Oláh). S'agissant de la disparition à l'écran de Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares, il faut savoir que les deux acteurs acceptèrent de signer un contrat de quatre longs-métrages. À l'issue du dernier, le personnage d'Assad devant de toute manière quitter le Département V, il était logique que la collaboration entre les deux hommes devait se terminer à l'issue de ce quatrième opus. Sauf que depuis, un cinquième volet a été adapté sur grand écran ! Les deux acteurs ont alors expliqué que les six nouveau tomes de l’œuvre de Jussi Adler-Olsen feraient à leur tour l'objet d'adaptations, ramenant ainsi la franchise au départ constituée de quatre longs-métrages à dix !


Autant dire que l'on n'est pas prêt de voir disparaître des écrans Carl Mørck et Assad. Mais à quel prix ? Acheté tout comme ceux à venir par un nouveau studio, Marco Effekten est non seulement débarrassé de deux excellents interprètes mais aussi de la profondeur scénaristique qui caractérisait jusque là chacun des quatre premiers longs-métrages de la franchise. Désormais l'on se retrouve face à un récit dont le script est effectivement très simpliste malgré le sentiment de brouillard opaque que l'on éprouve devant une mise en scène brouillonne qui finit par perdre le spectateur. La réalisation mollassonne de Martin Zandvliet semble d'ailleurs être à l'aune de l'interprétation de ses différents acteurs qui de leur côté ne font rien pour impulser une certaine énergie à un film qui en manque pourtant cruellement. La confusion règne tant et si bien que l'on a parfois du mal à concevoir la relation qui puisse exister entre le gamin et la disparition d'un homme soupçonné d'avoir eu une relation sexuelle avec une jeune adolescente et dont il détient une feuille de son passeport. Partant d'un postulat qui ouvre grandes les portes les sujets de l'immigration, du mépris des roms, des agressions sexuelles sur mineurs ou de la vengeance supposée d'un enfant qui lui-même fut peut-être victime de l'hypothétique pédophile, l'intrigue de Marco Effekten en rajoute quelques couches supplémentaires afin de noyer ET le poisson, ET le spectateur qui au final ne s'y retrouve plus ! Si le personnage d'Assad est inintéressant au possible à force de n'apparaître qu'en arrière-plan de Carl, ce dernier n'est pas en reste puisque interprété de manière lymphatique par un Ulrich Thomsen qui a l'air de s'ennuyer autant que nous. Et si la résolution de l'énigme, d'un classicisme que l'on aurait dû finalement déceler plus tôt si seulement le réalisateur ne s'était pas joué de notre perception, s'avère très décevante, elle termine surtout de nous convaincre que Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares ont probablement fait le bon choix de ne signer que pour les quatre premiers films. C'est donc avec moins d'engouement que l'on abordera le presque fraîchement sorti Den Grænseløse d'Ole Christian Madsen. En espérant que le réalisateur aura su remettre la franchise dans les rails même si l'absence de Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares risque de se faire à nouveau ressentir...

 

vendredi 8 mars 2019

Les Enquêtes du Département V : Dossier 64 de Christoffer Boe (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Les Enquêtes du département V est une série de long-métrages adaptés des romans policiers de l'écrivain danois Jussi Adler-Olsen. Après Kvinden i Buret en 2013, Fasandræberne en 2014 et Flaskepost fra P en 2016, nous étions restés sans nouvelles des aventures du duo de flics Carl Mørck et Assad respectivement interprétés par les acteurs Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares et enquêtant sur des affaires plutôt sinistres. Fort heureusement, et alors que ces trois années sans nouvelles pouvaient laisser envisager l'abandon des adaptations des trois romans restant, voilà que débarque sur la plateforme désormais mondialement connue Netflix, les quatrième aventures du binôme. Un récit une fois de plus, étouffant, lugubre, voire morbide, tournant autour d'un projet totalement dément qui ne dépareillerait sans doute pas avec celui d'Adolf Hitler qui projetait l'extermination pure et simple du peuple juif et sans doute encore moins avec les abominations perpétrés par Josef Mengele, un officia allemand qui exerça la profession de médecin/boucher dans le camp d'extermination d'Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale.

Alors que dans le service du Département V tout semble aller de mal en pis depuis l'annonce du prochain départ vers d'autres bureaux d'Assad, le partenaire de Carl Mørck depuis leur toute première affaire remontant en 2013, le statut d'immigré de ce flic intègre ayant toujours fait partie de la mythologie de la série, le cinéaste Christoffer Boe qui réalise pour la première fois une adaptation de l'un des six romans de la saga en ajoute une couche en abordant un thème particulièrement délicat puisqu'il oppose nos deux flics à un réseau très largement étendu dans le domaine de la politique, de la médecine, et j'en passe, et ayant comme projet de rendre stériles toutes les femmes de conditions sociales modestes et d'origines étrangères. Un sujet brûlant, pour un film qui a tout de même peu de chance de faire polémique puisqu'ici, Les Enquêtes du Département V - Dossier 64 se situe au niveau du pur produit de divertissement même s'il s'en dégage en permanence un parfum particulièrement nauséabond.

Le fait que ce quatrième volet des aventures du Département V passe directement par la case Netflix ne signifie aucunement qu'il soit de qualité inférieure aux précédentes aventures d'Assad et Carl. Au contraire, l'intérêt est toujours aussi présent et l'ambiance toujours aussi chargée en électricité. Outre les états d'âme de nos deux flics, Les Enquêtes du Département V - Dossier 64 aborde un sujet relativement dérangeant qui fait non seulement écho aux exactions des nazis durant la seconde guerre mondiale mais pourrait tout aussi bien résonner comme une variation sur des thèmes aussi divers que les réseaux pédophiles ou la traite des blanches. Ou comment une certaine élite s'octroie le droit de choisir qui doit vivre, qui doit mourir, avec ici, cependant, une variante puisqu'il ne s'agit pas seulement d'enquêter sur la mort de trois personnes dont les corps momifiés et mis en scène ont été découverts derrière le mur d'un appartement, mais sur une étrange clinique qui stérilise à tour de bras de jeunes femmes dont le seul crime est d'appartenir à un pays différent. Partant d'un postulat sur la purification d'une race, le film de Christoffer Boe révèle le traumatisme d'anciennes patientes à travers un très intelligent mélange de flash-back et de séquences situées dans le présent. Derrière l'honorabilité des façades et de certaines institutions se cachent ainsi peut-être des bourreaux.
Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares sont toujours aussi bons et se retrouvent face à des incarnations merveilleusement interprétées. Avec en chefs de fil, un médecin-bourreau et une infirmière dont la perversité parviendrait presque à faire oublier les traitements qu'inflige son patron de chirurgien à ses victimes innocentes. Peut-être pas le meilleur de ce qui prend la forme à ce jours d'une tétralogie, mais un retour attendu et honoré d'un excellent scénario, d'une mise en scène sobre mais efficace et d'une interprétation sans faille...

mercredi 11 mai 2016

Les Enquêtes du Département V : Délivrance de Hans Petter Moland (2016)



Alors qu'un bouteille a été retrouvée après qu'elle ait été jetée à la mer au moins six ans en arrière, le message contenu à l'intérieur alerte la police. En effet, une lettre probablement écrite de la main d'un enfant supplie que l'on vienne à son aide. C'est fort logiquement que l'enquête sur cet appel à l'aide tombe entre les mains du Département V dont Carl Mørck, Assad et leur secrétaire Rose sont les uniques représentants...

Alors que les deux premiers volets de la saga Département V avaient tous les deux été réalisés par le cinéaste Mikkel Nørgaard, c'est désormais Hans Petter Moland qui est aux commandes de ce troisième épisode. La touche personnelle de l'auteur de l'excellent Refroidis qui déjà souffrait d'un léger problème de rythme, handicapant fort heureusement assez peu l'intérêt général du film, est déjà présente. Parfois attentiste, Les Enquêtes du Département V : Délivrance est relativement mou pendant presque trois quart d'heure. La dernière quant à elle demeure d'une intensité qui hisse largement l’œuvre de Hans Petter Moland au niveau des deux parties réalisées par Mikkel Nørgaard.

Plus que jamais, la série Département V est emprunte de religion. On le savait déjà, à travers le personnage de Assad (le formidable Fares fares), la saga adopte un contexte social et religieux bien dans l'air du temps avec tout ce que cela peut sous-entendre de mépris de la part de ceux qui nient la religion islamique. On retrouve l'excellent duo formé par Fares Fares, donc, mais aussi par un Nikolaj Lie Kaas qui n'a jamais été aussi borderline que dans cet épisode. Toujours aussi peu convaincu de la légitimité des croyances dont fait preuve son coéquipier et d'un pessimisme toujours aussi intact, il va cependant devoir faire preuve d'un peu plus d'ouverture d'esprit s'il veut pouvoir arrêter le kidnappeur et tueur d'enfants que toute la police recherche. Ce troisième épisode aurait en réalité mérité d'être sous-titré Rédemption et non pas Délivrance tant cette enquête va bouleverser et faire renaître à la vie ce flic dont l'existence ne semble tenir au début qu'à un fil.

Face aux deux hommes, un Pål Sverre Valheim Hagen qui excelle toujours autant dans les rôles de personnages barrés (on avait déjà pu le découvrir dans Refroidis). Cette fois-ci, il interprète le rôle du méchant. Pas de spoil je vous rassure puisqu'on l'apprend assez vite. D'ailleurs, si cela se révèle un moment inquiétant (on se demande alors sur quels éléments va se baser le suspens de l'intrigue à venir), identifier l'individu responsable des enlèvements n'est plus à l'ordre du jour. Mais le personnage interprété par Pål Sverre Valheim Hagen est plus complexe qu'il n'y paraît. A travers des flash-back, on le découvre aux prises avec une enfance tragique auprès d'une mère bigote et d'une sœur victime d'une abominable sentence administrée par leur chère maman. D'un autre côté, les demandes de rançon qu'il exige le font apparaître comme un être parfaitement ignore et inexcusable, prêt à sacrifier des brebis innocentes pour l’appât du gain. Et même jusqu'aux propos qu'il profère vers la fin, lorsqu'il justifie ses actes d'une manière que vous découvrirez si jamais vous avez l'excellente idée de regarder cet épisode fort réussi. On a hâte que d'une chose, découvrir très vite le quatrième épisode, en espérant qu'il fasse partie des projets à venir...


samedi 19 décembre 2015

Les Enquêtes du département V : Profanation de Mikkel Norgaard (2015)



Le Département V est toujours aussi actif et reconnu comme un service compétent. Toujours aux commandes, les inspecteurs Carl Mørck et Assad peuvent cette fois-ci compter sur leur nouvelle secrétaire, la jeune Rose. C'est après avoir appris la mort d'un ancien policier dont les deux enfants sont morts dans des conditions tragiques vingt ans plus tôt que Carl et Assad décident de ré-ouvrir le dossier d'une affaire jugée bâclée. Les deux inspecteurs mettent tout leur talent au service de la recherche des preuves qui manquaient à l'époque des faits. Plusieurs pensionnaires de l'internat dont faisaient partie les victimes gravitent autour de l'affaire. A commencer par le richissime homme d'affaire Ditlev Pram et son ami de toujours Ulrik Dybbøl. A l'époque, le premier fait la connaissance de la charmante Kimmie Lassen avec laquelle il entretenu une relation amoureuse. Depuis, cette dernière est devenue une sans domicile fixe fuyant un passé qui lui est impossible d'oublier. Pour Carl c'est une certitude : Kimmie est la clé de toute cette affaire et il lui faut à tout pris mettre la main sur elle. Mais il n'est pas le seul à rechercher la jeune femme. Ditlev Pram lui-même a engagé un tueur pour éliminer Kimmie qui pourrait révéler des éléments pouvant faire basculer l'enquête...

Deux ans après le premier, et très réussi, volet de l'adaptation cinématographique de la série de romans écrits par Jussi Adler-Olsen, nos deux héros préférés s'embarquent sur une nouvelle affaire, bien différente de la précédente mais au moins aussi passionnante si ce n'est plu encore. En effet, Les Enquêtes du département V : Profanation, toujours réalisé par le cinéaste Mikkel Norgaard réutilise quelques-une des recettes qui ont réussies au premier épisode. Si celui-ci était connu pour être particulièrement sombre, la suite l'est encore davantage. Profanation est emprunt d'une noirceur que l'on voit le plus souvent dans un registre nettement plus horrifique que le simple polar.

Aux premières loges, les acteurs Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares qui continuent à donner le meilleur d'eux-mêmes mais aussi des interprètes et des personnages au moins aussi importants qu'eux. Ainsi, on peut assister à l'extraordinaire prestation de l'actrice Danica Curcic qui n'a pour l'instant que très peu tourner puisque à part un film à venir, elle ne semble avoir joué que dans la série Broen. L'ouvre toute entière s'articule presque entièrement autour de son personnage. Kimmie est l'équivalent de Lisbeth Salander (Noomi Rapace, l'héroïne de l'excellente trilogie Millenium, soit une jeune marginale brisée et ravagée par une vie de galère.

On demeure assez loin des canons hollywoodiens. Le personnage campé par Fares Fares est l'immigré parfaitement intégré qui tempère la démesure d'un compagnon qui n'hésit pas à enfreindre la loi afin de venir à bout d'une enquête durant laquelle son existence va être mise en péril à plusieurs reprises. Comme dit plus haut, Les Enquêtes du département V : Profanation est plus noir encore que le premier épisode. Si sombre d'ailleurs qu'il arrive que le spectateur soit placé dans des situations particulièrement inconfortables. Et cela pas simplement à l'image de la très grande violence dont font preuve certaines scènes de bagarres et de viols. Pour exemple celle durant laquelle Kimmie assiste impuissante à l'overdose de son unique amie, la jeune prostituée Tine, est insoutenable. L'ouvre est appuyée par l'obsédante partition de Patrik Andrén, Uno Helmersson et Johan Söderqvist et par une image crue, triste et froide. Les Enquêtes du département V : Profanation est un chef-d’œuvre et l'on a hâte que le troisième film sorte sur les écrans...



mercredi 16 décembre 2015

Les Enquêtes du département V : Miséricorde de Mikkel Norgaard (2013)



Lors d'une perquisition, l'inspecteur Carl Mørck, son meilleur ami, ainsi que leur collègue tombent tous les trois dans un piège. Alors que l'un deux meurt et que le second se retrouve paralysé à vie, Mørck échappe à la mort de justesse. Ne pouvant plus exercer son métier à la criminelle, son supérieur lui confie la responsabilité d'une nouvelle section appelée Département V. Relégué dans les sous-sols du commissariat afin d'enquêter sur de vieilles affaire depuis longtemps classées, on lui adjoint un assistant d'origine syrienne, Assad.
Pour leur première enquête, les deux hommes jettent leur dévolu sur la disparition d'un politicienne cinq ans plus tôt et que le responsable de l'époque avait bâclée. Très vite, ils vont outrepasser les limites qui leur sont accordées. Ce qui jusqu'à maintenant s'apparentait à un suicide va prendre un tout nouveau visage n'impliquant plus seulement le frère handicapé de la disparue mais également d'autres individus...

D'origine suédoise, danoise et allemande, Les Enquêtes du département V : Miséricorde est le tout premier volet d'une nouvelle série de films impliquant une équipe d'enquêteurs plutôt réduite puisqu'ils ne sont que deux. Comme s'ils avaient une fois encore besoin de nous le témoigner, les cinémas policiers suédois et danois n'ont jamais été aussi en forme que depuis quelques années. Entre séries et œuvres cinématographiques, ces pays n'ont certainement plus rien à prouver au reste du monde et apportent un plus indéniable à l'univers du polar.

Bien qu'ayant fait quelque peu l'impasse sur ce qui fait la particularité de l'humour scandinave avec Les Enquêtes du département V : Miséricorde, le cinéaste Mikkel Norgaard signe un petit chef-d’œuvre de film policier. Basé sur le premier volet d'une série de six romans écrits par l'auteur danois Jussi Adler-Olsen, Miséricorde semble être le premier d'une lignée de films qui en comptera finalement quatre. Tout y est. De la vie privée compliquée du héros jusqu'aux nécessaires flash-back insinuant peu à peu dans l'esprit du spectateur une corrélation entre des événements passés et l'intrigue sur laquelle nos deux inspecteurs décident de ré-enquêter.

On ne peut pas dire que l’œuvre du danois transpire la gaieté de vie. Tout y semble dramatiquement sombre. L'humour omniprésent habituellement inhérent au cinéma scandinave paraît avoir disparu de cette bande presque horrifique si l'on se situe du point de vue de la victime que l'on comprend très vite avoir été le sujet d'un véritable psychopathe.

La particularité de Les Enquêtes du département V : Miséricorde est d'avoir connu chez nous une première sortie non pas dans les salle de cinéma mais sur Internet à travers des sites de téléchargement tout à fait légaux. L'époque étant ce qu'elle est, le scénario inclus le personnage très attachant de Assad, un musulman pratiquant mais dont les habitudes quotidiennes inhérentes à sa religion ne viennent pas parasiter le propos. En effet, le film est un pur thriller qui évite tout écueil social inutile. Ici, nous sommes au cœur d'une enquête particulièrement sombre dont les différentes ramifications s'imbriquent à la perfection jusqu'au dénouement final.

A peu de chose près, le binôme fonctionne à la manière de Scully et Mulder mais sans l'aspect fantastique de leurs enquêtes et strictement masculine. L'un est plus posé quand l'autre use de méthodes un peu plus musclées. Il manque peut-être un peu de féminité dans cette équipe mais ce petit soucis sera sans doute réparé dès le second épisode de la saga. Les principaux interprètes Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Sonja Richter, Peter Plaugborg entre autres sont tous parfaitement irréprochables et la superbe partition de Patrik Andrén, Uno Helmersson et Johan Söderqvist colle parfaitement à l'intrigue. Comme à l'aspect esthétique, elle correspond bien aux cannons en vigueur dans ces pays nordique où le temps semble s'être figé. Un bijou...
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