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dimanche 20 octobre 2019

Gemini Man d'Ang Lee (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Un peu comme la bande-annonce du prochain Terminator : Dark Fate de Tim Miller dont la sortie est prévue pour mercredi prochain, celle de Gemini Man, le dernier long-métrage du cinéaste taïwanais Ang Lee qui depuis un quatre de siècle ne tourne pratiquement plus qu'aux États-Unis promettait un film au parfum de rance pas du tout assumé. Surtout que le film, sous couvert d'employer une technique 3D inédite (ici, il s'agit en fait de 3D+ qui consiste à filmer l’œuvre à partir du procédé High Frame Rate (HFR), soit une cadence d'images beaucoup plus importante permettant de fluidifier le rendu) ne nous raconte finalement rien d'autre que la rencontre entre un tueur à gages/sniper redoutable (soixante-douze meurtres au compteur) et son clone. Et les clones au cinéma, s'ils ne sont pas aussi courants que n'importe quelle autre ''créature'' du bestiaire fantastique, n'en sont pas moins une approche inédite dans Gemini Man. À seul titre d'exemple, nous pourrions citer A l'Aube du 6ème Jour du réalisateur Roger Spottiswoode, sorti dix-neuf ans plus tôt avec un Arnold Schwarzenegger croisant la route de son double. Un clone parfait impossible à différencier de l'original.

La différence entre cet exemple et le film d'Ang Lee repose davantage sur ce détail. Un point crucial sur lequel repose l'essentiel d'une partie du long-métrage, donc. Car en effet, le héros de Gemini Man incarné par un Will Smith vieillissant (celui d'aujourd'hui, âgé de cinquante et un ans) est confronté à son double, un clone plus jeune d'une vingtaine d'année. Mais plutôt que d'opposer l'acteur à un double entièrement créé en images de synthèse, l'auteur de Tigre et Dragon et du Secret de Brokeback Mountain a offert à Will Smith l'opportunité d'interpréter les deux rôles, dont celui du clone ayant été rajeuni à l'aide du procédé ''deepfake '', une technique permettant d'appliquer sur le visage d'un acteur l'image d'un second, ici, un Will Smith plus jeune de vingt ans. Si l'effet est saisissant et réaliste, tourner le film en 120 images par seconde ne sautera forcément pas aux yeux du spectateur.

Concernant le scénario, on ne peut pas dire que le cinéaste taïwanais et les scénaristes David Benioff, Billy Ray et Darren Lemke aient fait preuve d'une grande originalité. Car au delà de ses effets-spéciaux foncièrement remarquables puisque se fondant parfaitement au récit, Gemini Man n'est rien d'autre qu'un thriller mêlant science-fiction et action qui fera certes le bonheur des amateurs du genre mais pourra décevoir ceux qui attendaient autre chose qu'une vitrine permettant de profiter de technologies sinon nouvelles, du moins, rarement employées sur grand écran. Reste que l'on ne s'ennuie jamais devant certaines séquences qui de l'aveu même du réalisateur furent conçues presque entièrement sans l'apport d'effets-spéciaux autres que ceux employés et cité plus haut. À titre d'exemple, on reste abasourdis par la longue course-poursuite en motos entre le personnage de Henry Brogen et son clone Junior. Une scène d'anthologie lors de laquelle les deux antagonistes terminent leur course par un combat entre un clone usant de sa moto comme d'une arme de kung-fu, Ang Lee affirmant à qui veut l'entendre que la scène fut entièrement filmée telle quelle sans quasiment le moindre emploi d'effets-spéciaux. Aux côtés d'un Will Smith quinquagénaire et de sa troublante version trentenaire, l'actrice américaine Mary Elizabeth Winstead et l'acteur britannique Benedict Wong sont les deux courageux compagnon d'un personnage principal opposé à un Clive Owen s'érigeant en Dieu. Tourné entre la Géorgie, la Colombie et la Hongrie, Gemini Man est donc au final un film d'action plutôt convainquant, et une œuvre de science-fiction tout public...

lundi 18 décembre 2017

La Mémoire dans la Peau de Doug Liman (2002) - ★★★★★★★☆☆☆



L'univers entourant le personnage de Jason Bourne compte à ce jour cinq longs-métrages dont quatre offrent le rôle principal à l'acteur Matt Damon, le quatrième volet se concentrant lui sur un autre membre du même vaste projet dont font partie les programmes Treadstone et Outcome ayant pour héros Aaron Cross. L'acteur y est remplacé cette fois-ci par Jeremy Renner avant que Matt Damon ne rendosse le costume de Jason Bourne pour ce qui demeure actuellement le cinquième et dernier long-métrage à avoir vu le jour en 2016.
La première incartade de ce (super)héros des temps modernes débute donc au cinéma en 2002 sous la houlette du cinéaste new-yorkais Doug Liman auquel on doit notamment Jumper en 2008 et Edge of Tomorrow en 2014. Point de science-fiction en ce début de vingtième siècle donc, mais de l'action pure et dure produite à hauteur de soixante millions de dollars. Matt Damon est déjà un acteur reconnu pour son immense talent et auquel firent auparavant confiance les cinéastes Gus Van Sant (Will Hunting, À la rencontre de Forrester), Steven Spielberg (Il Faut Sauver le Soldat Ryan) ou encore Steven Soderbergh (Ocean's Eleven).
Le personnage qu'il interprète cette fois-ci débute sa carrière cinématographique au creux des vagues d'une méditerranée déchaînée. Sauvé in extremis de la mort par les membres d'un chalutier italien, l'homme dont on ne connaît pour l'instant l'identité qu'à travers le titre du film ne porte sur lui qu'une combinaison de plongée. Le capitaine du chalutier lui retire deux balles dans le dos, ainsi qu'une capsule implantée dans la hanche et renfermant un numéro de compte en banque situé à Zurich. Lorsque l'homme se réveille, il a perdu la mémoire et ne sait pas qui il est, ni pourquoi on a voulu l'assassiner. Ce n'est qu'après deux semaines de navigation qu'il parvient à prendre la route jusqu'à la capitale suisse. Là-bas, il se rend à la banque et découvre dans le coffre correspondant au numéro de compte inscrit sur la capsule qui lui a été retirée deux semaines plus tôt, un certain nombre de documents. Dont plusieurs passeports à son effigie. L'un d'eux lui apprend qu'il se nomme Jason Bourne. Peu à peu, Jason se souvient de quelques détails personnels. Il se rend compte par exemple qu'il parle parfaitement l'allemand et qu'il est capable de prouesses aussi bien physiques qu'intellectuelles. Après quelques échauffourées, Jason décide de monter sur Paris, certain d'y trouver les réponses qu'il recherche. C'est à bord du véhicule conduit par Marie, une jeune allemande paumée à laquelle il propose vingt-mille dollars que Jason va poursuivre sa quête de vérité...

Autant le dire tout de suite, La Mémoire dans la Peau est une excellente surprise. Inutile d'avoir des prédispositions particulière pour apprécier le genre. Doug Liman cultive un sens de la mise en scène qui permet au spectateur de passer un agréable moment, les deux heures de film en paraissant presque moitié moins. Les scènes d'action s'enchaînent à un rythme endiablé. Nombreux combats au corps à corps. Fusillades. Courses-poursuites (dont une dans les rues de Paris à contre-sens). Il y a de quoi trouver son bonheur, d'autant plus que le cinéaste ménage un réel suspens. Matt Damon excelle dans le rôle-titre tandis que l'actrice allemande Franka Potente apporte la petite touche de féminité nécessaire dans ce genre de production.


Jason Bourne VS Josselin Beaumont

Petit détail amusant qui au final se révèle en être un grand lorsque l'on se penche réellement sur certaines implications du héros et du récit auquel il participe : en effet, si à bien des égards, l’œuvre de Doug Liman et de Georges Lautner diffèrent l'une de l'autre, sur certains points, on peut se demander dans quelle mesure l'une ne se serait-elle pas inspirée de l'autre. Impression qu'il faudra creuser à partir non pas des deux métrages mais des origines dans lesquelles elles ont respectivement puisé. Car en effet, et même si à vrai dire, on reconnaîtra que tout ceci ne demeure que le fruit du hasard (du moins, espérons-le), le récit de La Mémoire dans la Peau fait parfois furieusement penser à celui du Professionnel interprété par notre Jean-Paul Belmondo national. Il est d'ailleurs amusant de noter que les romans ayant respectivement inspiré les deux longs-métrages ont connu une édition espacée de seulement deux ans. D'un côté Mort d'une bête à la peau fragile de Patrick Alexander en 1978 et The Bourne Identity de Robert Ludlum en 1980.
Dans les deux cas, il s'agissait pour le héros d'assassiner le dictateur d'un pays africain. Autre point commun de Jason Bourne et de Josselin Beaumont : un retour à la vie civile particulièrement délicat puisque ceux-là même qui avaient organisé l'assassinat de ces deux hommes politiques africains décident d'éliminer leur propre agent. Pour des raisons cependant différentes comme vous pourrez en juger en suivant ces premières et passionnantes aventures de Jason Burne...

dimanche 16 décembre 2012

Semaine Fin Du Monde: Les Fils De L'Homme de Alfonso Cuaron (2006)



Cycle Fin Du Monde:

- Troisième guerre mondiale: Damnation Alley
- La femme, avenir de l'homme: Les Fils De L'Homme
- Prophéties Maya: 2012
- Paranoïa et peur liée aux attaques terroristes: Miracle Mile
- Sectarisme et survie en milieu hostile: The Omega Man
- Cannibalisme et survie en milieu hostile: The Road
- Comète, quarantaine et road-movie: Meteor Apocalypse

 
Dans un monde post-apocalyptique dévasté ou les ressources mondiales ont fini par se retrouver épuisées, aucune naissance n'est survenue depuis presque vingt ans. Aujourd'hui le monde entier apprends la mort de la plus jeune d'entre toutes les femmes au moment même ou Théo est "faussement" kidnappé par un groupe d'hommes armés afin de rencontrer une amie qu'il n'a plus revue depuis vingt ans, Julian, qui lui demande alors un service : Se procurer les papiers nécessaires qui permettront à une jeune réfugiée de quitter le pays et d'être confiée au "Renouveau Planétaire". Une zone franche fantasmée par de nombreuses personnes qui voient en ce lieu rêvé une chance de retrouver le monde qu'ils ont connu dans le passé.

Tombés dans un piège tendu par certains des hommes de Julian, cette dernière va mourir dans les bras de Théo. Commence pour lui et pour Kee, la jeune réfugiée, un voyage en pleine guerre opposant l'armée aux milliers de réfugiés révoltés par le sort qui leur est réservé, leurs compatriotes étant enfermés dans des cages tels des bêtes sauvages.

Théo comprends quel mystère entoure le vif intérêt que porte le groupuscule terroriste pour la jeune Kee: Celle-ci en effet porte un enfant qui bientôt va naître, le premier à venir au monde depuis dix-huit ans. Cette dernière voit en Théo le seul homme en qui faire confiance et suivra à la lettre chacune de ses recommandations. Tout d'abord accompagnés par Miriam, sage-femme et amie de Kee, ils finiront seuls leur chemin de croix qui les mènera jusqu'à l’éden tant désiré. Le fameux "Renouveau Planétaire"...

Le film du mexicain Alfonso Cuaron peut être assimilé à de l'anticipation et bien que l'aspect général du film l'éloigne fortement du Blade Runner de Ridley Scott, certaines références leur sont communes à tout deux. Mais ici, point d'androïdes et encore moins de navettes spatiales. Le réalisme des situations rends effroyable l'épopée du "chevalier" Théo et de la jeune "princesse" Kee sur laquelle repose sans doute l'avenir de l'homme.

Dans un monde où l'horreur montre son visage à chaque coin de rue on ne donne pas cher de celui-ci. Londres (dans laquelle se situe l'intrigue) est devenue un vaste camp militaire avec ses zones de combats, ses camps de concentration, ainsi que ses espaces de retranchement vers lesquels se tournent les réfugiés rappelant de manière furtive le New-York déshumanisé du "New-York 1999" De John Carpenter.


Les longs plan-séquences du film impressionnent par leur mise en scène magistrale comme celle de la voiture ou encore lorsque Théo et Kee, épuisée et portant son bébé à bout de bras se réfugient dans un immeuble abritant de nombreux réfugiés que l'armée britannique pilonne sans cesse. Les décors sont d'un réalisme parfois insoutenable tel ce camp de prisonniers dans lequel sont emmenés les deux personnages au milieu du film et qui rappelle fortement les camps de concentration nazis.

Les effets-spéciaux eux, sont loin de ceux que les gros blockbusters américains ont l'habitude d'étaler sur nos écrans. Ils sont réalistes et renforcent l'aspect documentaire du film. Ce dernier semble être filmé caméra à l'épaule comme l'aurait fait une équipe de reporters pour mieux nous plonger dans l'horreur d'une guerre atroce au beau milieu de laquelle une histoire d'amour merveilleuse pour la vie est en train de se jouer.
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