Pour commencer, une
petite anecdote plus ou moins amusante : si vous tapez sur le
net le titre La main du saigneur,
vous obtiendrez deux résultats correspondant à deux fiches
descriptives sur le site Allociné.
Une bévue puisque l'existence prétendue d'une œuvre portant le
même titre, reposant sur le même sujet, sorti la même année mais
réalisée par le cinéaste hongkongais Godfrey Ho est effectivement
une erreur. Ce dernier n'ayant déjà pas besoin qu'on lui accorde
des projets supplémentaires aux nombreux qui émaillent sa très
florissante carrière (rien que cette année là, Godfrey Ho a
réalisé pas moins d'une quarantaine de longs-métrages!), le titre
La main du saigneur
ne concerne donc que celui du réalisateur britannique Anders Palm.
Beaucoup plus prolifique s'agissant de sa carrière de producteur que
de celle de réalisateur ou scénariste, le bonhomme n'aura lui-même
mis en scène que trois longs-métrages. Ce premier essai sera suivi
du Boucher de Notting Hill
en 1989 puis de Murder Blues
deux ans plus tard. Avant d'avoir été ironiquement traduit sous le
titre de La main du saigneur,
le film est dans sa version d'origine connu sous celui de Unmasked
Part 25.
Un titre apparemment énigmatique mais dont la signification
s'explique très facilement. En effet, même si cela ne transparaît
pas vraiment, Anders Palm a semble-t-il choisi de prendre comme
option pour son Slasher,
la voie de la parodie. Il faut donc plutôt envisager ce qui
paraissait être le vingt-cinquième volet d'une très longue
franchise comme une forme d'ironie visant directement l'une des plus
célèbres sagas d'horreur et d'épouvante. Car en effet, Unmasked
Part 25
se réfère directement à la franchise Friday
the 13th dont
les nombreux
volets. Cependant, à l'époque où sort le film, seuls six volets de
la saga mettant en scène Jason Voorhees ont vu le jour sur grand
écran. Rien de véritablement remarquable si l'on compare celle-ci à
Zatoichi
dont le nombre de longs-métrage atteignit le vertigineux nombre de
vingt-cinq longs-métrages entre 1962 et 1973 avant que deux volets
supplémentaires ne voient le jour en 1989 et 2003 ! Mais bon.
Anders Palm ayant choisi l'option du slasher plutôt que celui du
film historique japonais visant la période Edo, c'est donc bien de
la franchise initiée en 1980 par Sean S. Cunningham (qui avant cela
fut le producteur de La dernière maison sur la
gauche
de Wes Craven avec sa société de production The
Night Co. Lobster Enterprises)
que le réalisateur britannique semble avoir l'intention de se
moquer.
Pourtant,
au vu du résultat à l'image, Unmasked Part 25
paraît n'avoir pas atteint cet hypothétique objectif puisque le
film ressemble davantage à un hommage à la franchise américaine
qu'à une parodie reprenant les codes du célèbre Slasher
toute en les détournant sur le ton du burlesque. Le film met en
scène Jackson (Gregory Cox), référence évidente à Jason, un
tueur en série en outre affublé d'un masque de Hockey qui plus
jeune a lui aussi survécu à une noyade. Lors d'une soirée
organisée entre amis dans un immeuble totalement délabré (drôle
d'endroit pour donner rendez-vous à sa petite amie d'ailleurs),
Jackson va tuer l'un après l'autre tous ceux qui ont été conviés
à venir faire la fête... sauf Shelly. Jeune blonde sexy mais
aveugle qui tombe sous le ''charme'' de notre assassin et l'invite à
venir vivre chez elle ! Ce personnage rappelle d'ailleurs très
fortement celui de Claire de la saga Toxic
Avenger
où une très jolie jeune femme elle aussi atteinte de cécité
tombait amoureuse du ''super-héros'' trash de la franchise. Si le
film démarre par quelques meurtres plutôt gratinés et au fond
plutôt réussis même si l'on devine que le budget fut plutôt
étriqué, cette nouvelle relation imposée au public par le
scénariste Mark Cutforth (le projet incluant également et
ironiquement le dramaturge William Shakespeare) va mettre en péril
l'intérêt du public amateur de films d'horreur en général et de
Slashers
en particulier. En effet, Unmasked Part 25
a malheureusement tendance à s'enliser dans dans de longues tirades
amoureuses qui n'ont pour seul intérêt que de démontrer
l'absurdité de ce couple formé d'une jeune femme très sexy et d'un
tueur qui sous son masque camoufle un visage atrocement mutilé !
Unmasked Part 25 est
donc constitué de deux vagues de meurtres plutôt sanglants
entrecoupées de séquences beaucoup trop bavardes. Si le film se
veut être une parodie, les situations caricaturant le film de Sean
S ? Cunningham et ses suites sont rares, pour ne pas dire
inexistantes. En dehors de quelques meurtres bien crades, l'on
retiendra notamment la visite chez le père de Jackson. Un clochard
vivant dans un squat vraiment glauque renforcé par la présence d'un
cadavre féminin trônant et pourrissant dans un angle de la pièce
et que l'on juge comme étant la mère défunte de Jackson !
Bref, Unmasked Part 25
est au final un sympathique Slasher.
Pas inoubliable et trop englué dans ses innombrables lignes de
dialogue mais enrichi de meurtres sanglants et de situations parfois
improbables...
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