Il y a quelques semaines,
un collègue de travail affirmait mordicus que Sinners
de Ryan Coogler était sans conteste LE film d'horreur de cette année
2025. Après révision (soit un peu trop tardivement puisque j'eus
entre-temps l'occasion de le découvrir), il revint sur son
affirmation en précisant qu'il avait sans doute quelque peu exagéré
son propos. ''Quelque peu'', ouais...! Une œuvre sympathique,
certes, dotée de quelques passages forts intéressants, il est vrai,
mais finalement très en dessous des quelques références auxquelles
son auteur semblait s'être accroché. Paf ! Voilà que
plusieurs semaines plus tard, ce même collègue de travail m'affirme
cette fois-ci qu'il a tout récemment découvert un excellent film
d'horreur. Sans toutefois avoir cette fois-ci l'outrecuidance de me
faire croire qu'aucun des longs-métrages horrifiques à venir ne
pourra l'égaler. Bon ! J'veux bien lui donner une seconde
chance à ce petit jeune qui me paraît finalement bien fragile
psychologiquement pour avoir été aussi sensible devant des œuvres
qui ne méritent pas tant d'éloges. Until Dawn
(sous-titré
La mort sans fin
en France) du réalisateur, scénariste et producteur américain
David F. Sandberg est donc ce nouvel objet que révère pour le
moment ce vaillant gaillard qui chaque fois qu'un film d'horreur,
fantastique ou d'épouvante passe dans son cinéma de quartier se
déplace pour y ressentir quelques doux frissons ! Rendu célèbre
grâce à son très remarqué et très efficace court-métrage Lights
Out
en 2013 auquel il donna une pénible et beaucoup trop longue version
cinématographique trois ans plus tard, David F. Sandberg a notamment
signé en 2017, Annabelle 2 : La Création du mal
avant de revenir cette année avec un projet pas tout à fait
personnel puisque le scénario a été confié à Blair Butler et
Gary Dauberman sur la base de leur propre histoire. Until
Dawn ressemble
à du Fan Service
sinuant dans les travées du cinéma d'horreur et d'épouvante
estampillés années 70/80/90. Du fantastique également, genre avec
lequel le film semble être le plus en accord. En effet, sous ses
airs de Slasher
dénué
de
toute originalité, le long-métrage s'inscrit tout d'abord dans la
mode des adaptations sur grand écran de concept initialement conçus
pour l'univers vidéoludique. Car Until Dawn,
c'est à l'origine un jeu vidéo d'origine britannique conçu par le
studio de développement Supermassive
Games
basé à Guildforde, en Angleterre.
Véritable
hommage au genre Slasher
largement mieux apprécié au cinéma que dans les salons dotés de
consoles de jeux, c'est donc désormais au septième art de rendre
son tribut au jeu en l'adaptant dans les salles obscures. Pourtant,
Until Dawn
ne s'arrête pas précisément sur ce seul sous-genre du cinéma
d'épouvante et d'horreur. Le long-métrage de David F. Sandberg ne
se conçoit ainsi que dans la forme que prennent certaines morts
quand d'autres font strictement appel à des phénomènes d'ordre
surnaturels. Constitués essentiellement d'un groupe de cinq jeunes
adultes, les héros du récit se retrouvent ainsi tous ensemble
piégés dans une demeure entourée par un mur d'eau que l'on croit
deviner infranchissable. Dès lors, ils vont connaître une mort
affreuse durant les trente premières minutes du récit. Allez, clap
de fin, on remballe tout.................. ! Sauf que l'un des
tout premiers phénomènes surnaturels en question va se produire
tout juste après que la dernière victime ait rendu son dernier
souffle. Alors qu'un sablier trônant dans la salle principale de la
demeure enclenche un système d'horlogerie, Clover, Max, Megan, Nina
et Abel reviennent à la vie. Les uns et les autres ont conservé
certains stigmates de leur agression et vont désormais devoir
survivre à cette nuit de cauchemar qui les verra mourir à de
nombreuses reprises et sous diverses formes..... Voilà l'essentiel
de ce qu'il faut retenir du scénario. Un script tellement généreux,
tellement ambitieux diront certains, qu'il s'emmêle les pinceaux à
trop vouloir rajouter des sous-intrigues à un récit jusque là
plutôt limpide (Clover et ses amis sont venus là pour retrouver sa
sœur Melanie disparue quelques temps auparavant). Scénaristiquement
parlant, Until Dawn
est donc effectivement plutôt brouillon. Un étalage d'idées et de
concepts qui auraient dû donner du peps au récit et pourtant, le
film se vautre dans des redites qui rendent le déroulement de
l'intrigue assez pénible à suivre. Entre des ventres mous, une
complexification inutile mais des meurtres en pagaille dont des
explosions carrément jouissives, le film se permet d'investir dans
un référencement cinéphilique plutôt amusant. C'est ainsi que
certains spectateurs retrouveront sans doute quelques références à
des œuvres telles que Triangle
de Christopher Smith, Evil Dead
de Sam Raimi, It Follows
de David Robert Mitchell ou encore Tourist Trap
de David Schmoeller. Entre Slasher,
boucle temporelle (du pauvre), fantastique, gore tandis que certains
plans sont imbibés de Found
Footage
un peu à la manière des terrifiants plans terminaux de
[•REC]
de Paco Plaza et Jaume Balagueró. Évidemment, chacun y trouvera ses
propres modèles. À noter la présence de l'acteur Peter Stormare
dans le rôle du Dr. Hill. Au final, Until Dawn
est bien trop long (plus de cent minutes), assez mal fagoté malgré
quelques péripéties intéressantes. Bref, vite vu, vite oublié...
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