Spithood
de Tim Pine a tout du projet initial. D'un premier film bancal
réalisé par un tout nouvel auteur. D'une œuvre portant tous les
espoirs de son réalisateur et scénariste et qui pourtant accumule
les failles tout en étant touchant de naïveté. Tim Pine aura au
moins retenu une leçon : qu'écourter son intrigue et se
contenter d'aller à l'essentiel est bien la meilleure façon de
retenir son public jusqu'au bout. Et pourtant, aussi incroyable que
cela puisse paraître, avec ses cinquante-huit minutes au compteur,
Spithood
n'échappe pas à cette malédiction qui consiste à produire des
ventres mous incrustés au sein d'un long-métrage que son auteur
n'avait sans doute pas prévu d'exposer lors du tournage. Il convient
tout d'abord d'expliquer ce à quoi le public devra faire face. Ici,
rien de bien innovant puisqu'il s'agit d'un énième slasher situant
son action en milieu médical. Ici, un hôpital psychiatrique qui
doit fermer ses portes dès le lendemain. Un contexte plus ou moins
proche de celui de The Incident
d'Alexandre Courtès ou de Terreur à l’hôpital
central de
Jean-Claude Lord et dans lequel les employés accueillent pour leur
toute dernière nuit dans l'établissement, un tueur extrêmement
dangereux qui a fait cinq victimes parmi la gente féminine. Escorté
par la police, il est donc confié à Mason (Thibum Nettle) et ses
collègues parmi lesquels l'on trouve Jeeves (Nick Butland), Maise
(Gail Morrison), Mel (Natasha Wanganeen) ou encore Ashley (Claudia
Bonifazio), la petite amie de Mason. Parmi les interprètes, une
partie d'entre eux débute ici leur métier d'acteur dans le cinéma.
Contrairement à certains dont la carrière à commencé plus ou
moins tardivement. À l'image de Matt Connelly qui incarne dans le
cas présent le rôle de Paul Atkins, le tueur en série du récit
qui après avoir été enfermé dans l'une des chambres de l’hôpital
psychiatrique va parvenir on ne sait par quel miracle à s'en
échapper pour commettre ensuite toute une série d'assassinats !
Une fuite qui s'observe d'ailleurs tout d'abord comme une incohérence
scénaristique bien que la fin donnera du sens à ce véritable
miracle ''houdinique''
tout d'abord improbable avant qu'un événement tardif ne le
crédibilise... Spithood
arrive des décennies en retard...
Et
le peu de maîtrise de son auteur, lequel semble avoir beaucoup de
mal à diriger ses acteurs et à mettre en scène un sujet écrit en
collaboration avec Thibul Nettle et Travis Akbar, cause une série de
défaillances ininterrompue ! La sensation de vivre une
expérience horrifique située dans un environnement psychiatrique et
donc anxiogène est relativement mal exploitée. Les environnements
eux-mêmes sont mal employés. En dehors de notre criminel se trouve
enfermée dans l'une des chambres de l'institut, une femme qui n'a
semble-t-il pas toute sa tête et passe son temps à rire et à
communiquer avec son coussin ! La plupart des séquences
tournent autour de la quinzaine de personnages qui ''hantent'' encore
les murs de l'établissement et dont l'attitude étonne lorsqu'ils
apprennent que le tueur s'est échappé de sa cellule ! Passifs,
détachés, voire même décontractés, les voici qui restent assis
alors qu'un dingue arpente désormais les couloirs de l’hôpital !
Ils ont beau appeler la police qui sait pertinemment qu'un tueur en
série est présent entre les murs de l'établissement, cette
dernière jettera un simple coup d’œil de l'extérieur avant de
repartir vaquer à ses occupations lorsqu'elle sera dépêchée
d'urgence sur les lieux après un appel affolé de l'un des membres
du service de sécurité ! Spithood
est piteusement interprété. Au point que l'on a parfois
l'impression d'assister à un spectacle de type Soap
Opera,
avec ses longues lignes de dialogue sans intérêt, ses scènes
d'action mollassonnes ou encore ses meurtres qui auraient mérité un
surcroît de violence graphique mais qui pour certains sont commis
hors champ de la caméra. Ne parlons même pas du tueur, affublé
d'un ridicule masque de protection respiratoire et d'un filet de
plastique sur la tête que les autorités conseillent aux membres du
groupe de ne surtout pas retirer. Si l'on peut envisager qu'aucun
d'entre eux ne prendra le risque de contrevenir aux ordres de la
police, qu'est-ce qui en revanche empêche le tueur de se l'ôter une
fois les mains libres ? Bref, Spithood
peut se voir comme la risée du genre Slasher. Une parodie bien
involontaire qui accumule les fautes de goût, les invraisemblances
et qui a l'outrecuidance d'être relativement ennuyeux malgré sa
courte durée...
Avec un nom pareil, je l'aurais plutôt vu réaliser des pornos... :-) Mais il est vrai qu'en anglais, le mot n'a pas la même signification. Cela dit, il y a bien des Américains qui se prénomment "Dick"... Ce ne doit pas être facile à porter (sic)... :-)
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