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vendredi 30 mai 2025

La vénus à la fourrure de Roman Polanski (2013) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Lorsqu'Emmanuelle Seigner et Roman Polanski se rencontrent, elle a dix-huit ans et lui, cinquante et un. Poussé par son compagnon de l'époque, Stéphane Ferrara, à faire connaissance avec le futur auteur de Frantic, Lune de fiel et La neuvième porte dans lesquels elle apparaîtra, la jeune actrice française et le réalisateur franco-polonais se marient l'année de sortie de leur première collaboration au cinéma, en 1988. Depuis, ces deux là ne se sont plus quittés et ont donc tourné ensemble en 2013 et pourtant la quatrième fois, La vénus à la fourrure, adapté de la pièce de théâtre du dramaturge américain David Ives. Une œuvre qui dans le contexte de son adaptation sur grand écran prend un sens parfaitement ironique si l'on prend compte des problèmes que rencontra Roman Polanski alors accusé de plusieurs actes de violence sexuelle ! En effet, aux côtés de son épouse, le cinéaste jette dans les bras de son interprète féminine l'acteur Mathieu Amalric. Fasciné depuis toujours par le réalisateur d'un nombre incalculable de chefs-d’œuvre, il était impossible de passer à côté d'une rencontre qui allait donc en cette année 2013 aboutir à une œuvre parmi les plus remarquables de leur auteur. Reposant en outre sur le roman Venus im Pelz de l'écrivain, historien et journaliste autrichien Leopold von Sacher-Masoch, La vénus à la fourrure est non seulement la rencontre d'un grand cinéaste mais aussi celle de deux interprètes accomplis auxquels ce dernier offre la possibilité d'exprimer tout leur talent sur la scène d'un théâtre fictif. Un duo magnifié par la mise en scène de Roman Polanski et dont la ressemblance entre l'auteur et son interprète masculin semble ne pas chercher à cacher certains des maux qui ont émaillé sa vie personnelle et entaché son métier de cinéaste. Uniquement incarné par ses deux seuls acteurs, La vénus à la fourrure est un modèle de construction narrative, où le préambule ne sert qu'à dissimuler les véritables enjeux du récit. C'est ainsi qu'alors que la journée s'achève par une fin d'après-midi pluvieux durant laquelle les candidates au rôle du personnage de Wanda ont toutes échouée à être retenues par le metteur en scène Thomas Novacek que déboule in extremis Vanda Jourdain. Jeune femme sexy, sensuelle, au charme vertigineux (vénéneux?), d'une beauté sauvage incomparable mais aussi légère et dont la culture générale semble s'être arrêtée très tôt durant ses études, elle insiste pour que Thomas accepte de l'auditionner avant de partir rejoindre sa compagne...




Rejetant tout d'abord cette option, le metteur en scène ne tarde cependant pas à tomber sous le charme de cette jeune femme trempée jusqu'aux os et au maquillage dégoulinant qui assure connaître et pouvoir incarner le rôle principal de la pièce. Ce n'est qu'en l'entendant jouer que Thomas est bluffé par la performance de la jeune femme et qu'il décide de lui accorder le temps nécessaire pour juger de ses talents de comédienne. Ce qui ne devait durer qu'une poignée de minutes se transformera en une longue soirée durant laquelle, le maître sera déstabilisé par le talent, certes, mais aussi par les formes généreuses de la candidate venue se présenter pour le rôle. La ressemblance entre Roman Polanski et Mathieu Amalric ne semble pas être le fruit du hasard car c'est bien l'auteur du Bal des vampires, du Locataire, du Pianiste mais aussi plus sûrement celui des œuvres sulfureuses qu'il signa entre-temps et auxquelles participa son épouse que l'on devine derrière les traits de son époustouflant acteur. Ce dernier et Emmanuelle Seigner composant ainsi un admirable tandem dans un récit où les positions de pouvoir et de soumission vont diamétralement être inversées. De cette jeune femme candide voire même un peu niaise qui débarqua quelques heures plus tôt, Roman Polanski transforme Vanda en une créature dominatrice dont on soupçonne que sa tardive apparition n'est là encore, pas tout à fait le fruit du hasard. Le personnage d'Emmanuelle Seigner mue en une sorte de maîtresse S-M vêtue de cuir et de bottines noires face à un Mathieu Amalric rendu à l'état de petit garçon énamouré prêt à tous les sacrifices pour obtenir un seul baiser de celle entre les mailles du filet de laquelle il est tombé. Entre le regard hypnotisant et sexualisé d'Emmanuelle Seigner et le regard ahuri de Mathieu Amalric dont le personnage attend qu'on lui tende un bonbon après avoir été bien sage, Roman Polanski a su saisir le moindre instant de complicité entre ses deux acteurs. Moins sobre qu'elle n'y paraît, l'unique caméra employée par le cinéaste se place très exactement là où il faut. Et malgré un décor unique, fait de fauteuils rouges plongés dans la pénombre, de carton-pâte baigné d'une lumière artificielle, l'expérience est totale ! Bref, La vénus à la fourrure est une expérience exceptionnelle qui malgré certaines contraintes subjugue par l'incroyable talent de ses deux interprètes. À consommer sans modération...

 

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