Si à priori, le sujet
invoqué par The Luckiest Man in America
tente à démontrer que lorsque l'on est au fond du trou un événement
inespéré peut vous permettre de sortir la tête de l'eau, rien
n'est moins évident que dans cette adaptation d'un fait-divers
authentique ayant eu lieu le 19 mai 1984 lorsque Michael Larson
participa au jeu télévisé Press
Your Luck
que l'on pourrait plus ou moins traduire chez nous sous le titre
Tentez votre
chance.
Américain d'origine modeste, chauffeur de camion de glaces au
chômage et divorcé par deux fois, il décide cette année là
d'employer l'intégralité de ses ressources financières pour un
voyage entre son état d'origine, l'Ohio, et la Californie, à
Hollywood, où se situent les studios d'enregistrement de l'émission.
Après avoir participé à la sélection des candidats, l'un des
producteurs de Press
Your Luck
décide qu'il fera partie de la prochaine vague de postulants à
l'émission à assister aux prochains enregistrements. Lors de sa
participation, Michael Larson va remporter des gains à hauteurs de
plus de cent-dix mille dollars. Une somme très importante à
l'époque qui fait douter les patrons de la chaîne CBS
alors convaincus que le candidat a peut-être triché. Le second
long-métrage du réalisateur Samir Oliveros sept ans après la
comédie Bad Lucky Goat
revient sur cet événement d'ampleur nationale en prenant certes
quelques libertés tout en conservant certains des points essentiels
de la ''trame'' d'origine. Incarné à l'écran par l'acteur Paul
Walter Hauser (lequel incarna notamment le rôle principal du
Cas Richard Jewell de
Clint Eastwood en 2019), le personnage apparaît comme un individu
quelque peu exubérant, cadrant assez peu avec le candidat lambda.
Vêtu d'un veston noir, d'une chemise blanche et d'une cravate, il
porte sous la ceinture, un bermuda beige ! Le réalisateur et
son interprète dressent ainsi le portrait d'un personnage original,
réservé, mais qui apparaît en premier lieu comme un individu
relativement peu stable. L'avenir nous démontrera qu'il s'agit
surtout d'un homme brisé par la vie, séparé dans le cas de la
fiction de son épouse qui attend qu'il signe les papiers de leur
divorce tandis qu'il espère offrir un cadeau à sa fille de six ans
qui fête son anniversaire justement le jour de l'enregistrement. Un
enregistrement qui va s'éterniser puisque ce candidat hors du commun
va avoir la chance de gagner la plus importante somme d'argent jamais
remportée à l'époque dans un jeu télévisé (je rappelle que nous
sommes dans les années quatre-vingt) !
Le
sujet est ici traité de manière fort originale. Le personnage
incarné par Paul Walter Hauser n'étant pas le seul à montrer des
signes de débordements affectifs puisque l'intégralité du récit
ou presque s'intéresse à des personnages dont la description
déborde également du cadre. En outre, The
Luckiest Man in America
décortique les méthodes employées à l'époque par les chaînes de
télévision. Le spectateur devient donc témoin de ce qui se déroule
devant la caméra mais également de ce qui se ourdie dans les
coulisses. Et pour être plus précis, dans la salle de commande du
jeu télévisé où le producteur et les techniciens enregistrent
l'émission et indiquent à l'animateur ainsi qu'au public la manière
de réagir face aux situations qui se présentent lors du dit
enregistrement ! Découle de l'approche de ce fait-divers
pourtant authentique une œuvre plutôt curieuse. Qui se veut autant
une comédie acerbe du monde de la télévision qui ne fera pourtant
pas rire son public aux éclats que l'histoire incroyable d'un
américain moyen qui après avoir traversé moult difficultés dans
la vie va trouver le moyen de changer hypothétiquement d'existence.
Voire, se racheter auprès de son épouse et pourquoi pas, offrir
enfin le cadeau que sa petite fille mérite pour son anniversaire !
Si l'on ne sort pas de cette expérience aussi bouleversé que
l'aurait sans doute voulu Samir Oliveros puisque l'exubérance du
personnage interprété par Paul Walter Hauser entre malheureusement
en contradiction avec les failles qui émaillent son existence, d'un
point de vue strictement cinématographique, The
Luckiest Man in America
n'est absolument pas déplaisant à voir. Car si le jeu est dans son
approche du divertissement, tout à fait anecdotique dans sa
conception, il implique cependant des intrigues secondaires qui
auront une très grande importance par la suite. Bref, sans être un
film inoubliable, The Luckiest Man in America
est surtout le témoignage d'un événement réel qui marqua
l'Amérique de l'époque, débouchant même sur des événements
postérieurs dramatiques sur lesquels Samir Oliveros a choisi
pourtant de ne pas s'arrêter...
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