Pour son premier et à
l'heure actuelle unique long-métrage réalisé en solo, Matt Devlen
a mis les petits plats dans les grands. Véhicules de luxe. Décors
époustouflants. Effets-spéciaux remarquables. Et surtout, présence
d'immenses interprètes au générique.... Humpf ! Vous y croyez
vraiment ? Avec un titre pareil, Ozone, Attack of the
Redneck Mutants
ressemble en réalité plutôt à un film fauché. Une série ultra Z
jouée par des amateurs du cru, sélectionnés parmi les habitants de
cette minuscule localité américaine où fut tournée cette
production à la réputation ô combien galvaudée. Le genre de film
qui du haut de ses quarante années d'existence (ou presque) n'a
jamais fini de faire fantasmer celles et ceux qui ne l'on toujours
pas vu. C'est donc des décennies après avoir bavé sur l'affiche
d'un double programme proposant Ozone, Attack of
the Redneck Mutants
ainsi que Abomination
de Bret McCormick que j'ai réussi à mettre la main sur l'un et
l'autre de ces deux longs-métrages gore dont le premier est très
loin d'atteindre les attentes qui furent les miennes. Le problème,
voyez-vous, n'est pas tant que le film soit mal joué, qu'il soit
visuellement atroce et que les effets-spéciaux gore soient
essentiellement constitués de scènes de vomi et de quelques
apparitions de mutants dont le visage semble avoir été passé à la
broyeuse à végétaux. Non, le principal soucis de Ozone,
Attack of the Redneck Mutants,
c'est son rythme. Le film de Matt Devlin ressemble davantage à
une trop longue séance de villégiature dans l'un des trous du cul
de l'Amérique profonde. Avec ses ploucs en chemise à carreaux et
leur visage de demeurés. Ici, pas une bimbo pour vous accueillir les
bras ouverts garnis de promesses humides ! Non ! Que des
vieilles dames plus ou moins fripées dont le réalisateur partage
avec le spectateur, leur quotidien. Tandis que l'une étend son
linge, son époux s'occupe d'aligner des pastèques. Puis c'est au
tour pour cette bonne ménagère de faire la vaisselle tandis que le
mari arrose le jardin. Après une séance de repassage, l'on passe à
une autre vieille dame dont l'âge semble presque canonique. Durant
de longue, trop longues secondes, la voilà qui nourrit ses poissons
avec tendresse et amour. Le spectateur ivre de pouvoir assister au
morne quotidien de celle-ci sera ravit d'apprendre qu'elle
réapparaîtra à de nombreuses reprises lors du déroulement du
récit. Une intrigue qui entre-temps nous aura malgré tout présenté
la véritable héroïne du récit : Arlene Wells (l'actrice Blue
Thompson).
Une
jeune femme venue dans la région afin d'enquêter sur les désastres
environnementaux provoqués sur la couche d'ozone par des compagnies
utilisant des produits chimiques qui la détruisent. La faune et la
flore étant les premières victimes de ce désastre écologique, les
répercussions sont rapidement visibles. Le film s'ouvre sur un type
qui se vide les tripes dans des toilettes avant de vomir le contenu
de son estomac. Tout au long de ce film abominablement bavard l'on
assiste à quelques scènes gore plutôt craspecs mais dont le nombre
relativement réduit gâche l'ensemble du long-métrage. En effet,
Ozone, Attack of the Redneck Mutants
est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop bavard. L'horreur étalée à
l'écran se contente parfois de quelques jets d'hémoglobine sur les
murs d'une cuisine sans que l'on assiste réellement à la boucherie.
Le maquillages des Mutants invoqués par le titre est vraiment
sommaire. Autant que ceux des zombies (à tronches de pizzas) du film
culte d'Umberto Lenzi Incubo Sulla Città
Contaminata (connu
chez nous sous le titre L'avion de l'apocalypse),
ils témoignent comme tout le reste d'un budget dérisoire et d'un
sens du bricolage franchement pas tout à fait aussi émérite que
celui de Sam Raimi lors du tournage de Evil Dead.
Ozone, Attack of the Redneck Mutants
bénéficie d'une aura culte qui retombe très vite dès lors que
l'on commence à visionner le film. Une impression de s'être
longtemps voilé la face au sujet de ce véritable fantasme pour
amateurs de cinéma gore. D'autant plus qu'à la même époque, Peter
Jackson avec Bad Taste
et Jim Muro avec Street Trash
s'apprêtèrent à marquer à tout jamais l'esprit des fans d'horreur
dégoulinante en proposant deux des plus grands monuments du cinéma
gore ! Bref, Ozone, Attack of the Redneck
Mutants
reste un objet de curiosité assez chiant à vrai dire. On en
retiendra surtout un sympathique arrachage de langue. Pour le reste,
le film est beaucoup trop mou, bavard, rallongé superficiellement
par de trop nombreuses séquences inutiles...
L'affiche fait déjà moyennement envie... :-)
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