Vous aimez The
Wicker Man
de Robin Hardy ? Alors peut-être détesterez-vous Get
Away de
Steffen Haars. Il s'agit de la seconde collaboration entre le
réalisateur néerlandais et l'acteur britannique Nick Frost après
Krazy House
l'année dernière. Pour quelle raison peut-on comparer le film culte
de Robin Hardy à celui de Steffen Haars ? Parce que dans un cas
comme dans l'autre, l'intrigue se situe sur une île, au milieu d'une
population on ne peut plus ''exotique'' et dont certains rites
ancestraux mènent ses héros à vivre une expérience à laquelle
ils n'étaient visiblement pas préparés. The
Wicker Man
demeure plus de cinquante ans après sa sortie comme l'une des œuvres
horrifiques parmi les plus dérangeantes. Le genre d'expérience qui
génère un profond malaise, surtout lorsque survient la terrible
conclusion. Proche de son idée tout en s'en éloignant drastiquement
lors du dernier acte, les auteurs du script de Get
Away choisissent
de traiter leur sujet de façon nettement moins anxiogène et par
conséquent, beaucoup plus démonstrative en terme d'humour. Nick
Frost n'étant bien évidemment pas étranger au mélange des genres
puisque depuis Shaun of the Dead
d' Edgar Wright qu'il interpréta notamment auprès de Simon Pegg en
2004, il n'a cessé de faire montre de son goût prononcé pour la
comédie horrifique. Sauf qu'à force d'enfoncer toujours un peu plus
profondément le clou dans le genre, le bonhomme finit par ne plus
vraiment trouver l'inspiration. Et ce, même si à l'origine le
script repose sur celui d'une œuvre qui au départ devait être
titrée Svalta.
Ils sont nombreux à s'être penchés sur l'écriture du scénario.
Outre Simon Pegg et Nick Frost, l'on retrouve notamment les
directeurs créatifs de Stolen Picture, James Serafinowicz et Nat
Saunders. Il va sans doute falloir approfondir les recherches pour
savoir dans quelles mesures les résumés dispersés sur la toile
sont volontairement trompeurs afin de noyer le poisson auprès des
spectateurs ou si l'amalgame entre le script de Svalta
et celui qu'il prit sous sa forme finale pour Get
Away
fut intentionnel. En effet, si l'on se réfère à la plupart des
sites et des plate-formes, le sujet tourne autour d'une famille
installée sur une île et dans une demeure qu'ils ont louée avant
d'apprendre qu'un tueur rôde aux alentours ! Sauf que, ben en
fait, le script définitif servant de récit à Get
Away
est bien différent.
Si
l'on retrouve effectivement Nick Frost, Aisling Bea, Sebastian Croft
et Maisie Ayres dans les rôles respectifs de Richard, Susan, Sam et
Jessie, l'on découvre rapidement qu'ils sont surtout confrontés aux
habitants d'une île assez peu en accord avec l'idée d'accueillir
sur leur territoire des étrangers. Surtout si ceux-ci sont d'origine
britannique. Il y a deux cent ans, l’île de Svalta s'est isolée
du reste du pays par crainte d'une pandémie. Alors que sur le
continent celle-ci fut interrompue au bout de deux ans, sur Svalta
elle continua bien plus longtemps. Les réserves de nourritures
s'étant affaiblies, les habitants de l'île furent contraints
de pratiquer le cannibalisme. C'est ainsi que depuis, tous les dix
ans, est fêté le karantän.
Une tradition très étrange que les personnages mettront en scène
durant la seconde partie du long-métrage. De prime abord, Get
Away
est plutôt encourageant. Avec sa flopée de gueules cassées,
inquiétantes, menaçantes, le spectateur se prépare à vive auprès
des quatre membres de la famille anglaise un épisode rude de leur
existence. Et pourtant, le tueur tant attendu n'apparaîtra pas à
l'écran. Pas même sous les stupéfiants traits de Eero Milonoff,
cet acteur d'origine finlandaise au visage très marquant et dont le
personnage ne semble pas moins ambigu ! En réalité, l'on prend
rapidement comme acquise l'idée que nos britanniques sont tombés
dans un piège tendu par leur propriétaire Matts (qu'interprète
justement Eero Milonoff). Et pourtant, un renversement de situatio va
se produire après une très pénible première partie, transformant
cette pâlotte comédie horrifique en festival gore. Pour être
honnête, Get Away
est raté ! On s'ennuie ferme durant une bonne partie de la
projection et une fois atteint le twist, les débordements sanglants
sont d'une tristesse et d'une banalité absolue. En outre, les
auteurs osent massacrer le génial Run
to the Hill
du groupe de Hard Rock Iron
Maiden
en le charcutant. Et tout ça pourquoi ? Pour rien ! Dans
l'univers de la comédie horrifique, Get Away
est un coup d’épée dans l'eau. Sur fond de vengeance séculaire
parfaitement incompréhensible dans son ensemble, l'humour ne
fonctionne que trop rarement. Quant aux scènes d'horreur, elles sont
rarement inspirées. Des dizaines de coups de couteaux répétitifs
et, il est vrai, une jolie décapitation..... malheureusement trop
vite expédiée. Visuellement ? Quelques jolis plans de l'île
mais pour le reste, c'est bof, bof !
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