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dimanche 4 juin 2023

Veneciafrenia d'Alex de la Iglesia (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 


Comment transformer une joyeuse soirée en instant de torpeur mal assumé ? En promettant à sa conjointe de découvrir la dernière comédie en date du réalisateur espagnol Alex de la Iglesia, Veneciafrenia. C'était il y a quelques jours, et j'avoue avoir été moi aussi surpris par son contenu. Car en effet, l'auteur des excellents Acción Mutante, El Día de la Bestia, La Comunidad ou Crimen Ferpecto change de ton et s'éloigne de la comédie trash à laquelle il s'est attaché depuis maintenant trente années pour explorer les sombres recoins du thriller et du slasher qui s'accouplent ici pour former un tout relativement homogène d'où l'humour parvient malgré tout à se faire une petite place. La conception du scénario n'est pas strictement due à l'imagination déliro-débordante d'Alex de la Iglesia mais à un fait-divers qui en 2019 fut à l'origine d'une vidéo virale qui survint en 2019 et dans laquelle un bateau de croisière hors de contrôle sema la panique à Venise en entrant en collision avec le port MSC Opera ainsi qu'un bateau de tourisme, causant ainsi plusieurs blessés. Un accident qui inspirera donc le réalisateur, au même titre que le phénomène d’afflux touristique qui dans cette ville voit de nombreux appartements se vider de leurs locataires au profit des vacanciers toujours plus nombreux. Un terrain fertile pour l'espagnol qui se voit donc à l'époque apparemment ''contraint'' d'adhérer à la cause vénitienne en intégrant dans son récit des touristes espagnols, héros d'un slasher certes original d'un point de vue géographique mais néanmoins très en dessous de ce qu'à pu nous proposer jusque là celui qui employait généralement son art dans le domaine de la comédie noire. Filmé en pleine pandémie du Covid-19, Veneciafrenia met donc principalement en scène trois femmes et deux garçons d'origine espagnole lors du carnaval de Venise. Une période durant laquelle les habitants de la ville portent sur le dos leurs plus beaux atours. De quoi noyer nos personnages au beau milieu d'autochtones tous plus menaçants les uns que les autres vis à vis de ces étrangers irrespectueux, bruyants, venus faire la fête au détriment de la valeur ''respect'' que l'on se doit en général de respecter. Quelques meurtres sanglants, voire même très gore, une mise en scène qui, comme à son habitude, ne fait pas l'économie d'une certaine énergie, et surtout, une Venise belle mais aussi parfois anxiogène...


Alex de la Iglesia semble prendre le parti de ces vénitiens littéralement envahis par le tourisme et parmi lesquels un groupe de certains représentants ont choisi de se révolter afin de terroriser les ''envahisseurs'' et les contraindre à l'avenir de choisir un autre lieu de destination. Le côté typiquement délirant de l’œuvre du réalisateur se ressent moins ici que dans ses longs-métrages précédentes. C'est à croire que lorsque Alex de la Iglesia ne tourne pas dans son propre pays, celui-ci semble moins à l'aise. C'est d'autant plus flagrant que son The Oxford Murders de 2008 était déjà porteur de faiblesses scénaristiques et de mise en scène malgré son sujet passionnant. Ici, le véritable héros du récit n'est certainement pas ce groupe de touristes venus faire la fête au détriment des éventuels dangers (quelle drôle d'idée que d'accepter de suivre cet inconnu affublé de l'inquiétant costume d'un docteur de la peste), ni même ce groupe de terroristes masqués beaucoup moins intéressés par les profits que pourrait générer le tourisme que par le bien-être de leurs concitoyens. Non, la véritable star de Veneciafrenia n'est rien moins que la ville de Venise elle-même. Ses ruelles, ses canaux et surtout, ce théâtre immergé, véritable fulgurance visuelle qui renvoie à certains grands noms du cinéma fantastique, et peut-être notamment au classique de Michele Soavi, Deliria (chez nous, Bloody Bird), qui sorti sur les écrans près de trente-cinq ans en arrière. Des meurtres et des courses-poursuites entraînants. Des assassinats qui réjouiront les amateurs de gore (la femme-pantin du théâtre abandonné reste anthologique), une Venise et des ''indigènes'' véritablement terrifiants, deux jumeaux frappadingues, une enquête policière bizarrement routinière, mais une fin qui déçoit. Une conclusion moins grand-guignolesque qu'elle n'y paraît. Le jusqu’au-boutiste réalisateur espagnol hésite... fait un pas en arrière... et plutôt que de réveiller les mauvais démons du terrorisme et leurs horribles exécutions mises en images préfère en ''adoucir'' le concept. Au final, on ne crachera pas sur le dernier long-métrage d'Alex de la Iglesia car même si en comparaison de la plupart de ses œuvres Veneciafrenia s'avère faiblard, il n'en demeure pas moins un sympathique divertissement...

 

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