Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


lundi 20 janvier 2020

La Chasse Sanglante de Peter Collinson (1974) - ★★★★★★★☆☆☆



Connu pour avoir distribué par l'entremise de la collection ''Les films que vous ne verrez jamais à la télévision'' des films tels que Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Maniac de William Lustig, Zombie de George Romero Inseminoid de Norman J. Warren ou le diptyque de Paul Morrissey Du Sang pour Dracula/Chair pour Frankenstein, René Château y distribua également Open Season (La chasse Sanglante) de l'américain Peter Collinson. Sorti la même année que le classique de Tobe Hooper et ayant lui-même connu des difficultés avec la censure française, le film sera le premier long-métrage hors pornographie à être orné d'un X le condamnant à une sortie dans les salles interdite aux moins de dix-huit ans en août 1982. Un moindre mal si l'on considère qu'avant cela, il fut tout simplement interdit pour incitation à la violence pendant une durée de sept années environs avant de pouvoir enfin éclore dans les salles de cinéma. Les possesseurs de magnétoscopes furent donc dans l'hexagone, les premiers à pouvoir profiter de ce Rape & Revenge tardif dans la chronologie des faits développés dans le récit lui-même. Tardif en effet, puisque l'intrigue ne se dénouera que durant la dernière demi-heure, l'heure précédente étant consacrée aux agissements de trois anciens combattants du Vietnam dont la passion première semble être devenue la chasse à l'homme...

Sans excuser ses personnages ni leur trouver une quelconque raison valable aux agissements dont ils se rendent responsables, Peter Collinson note que leur participation au conflit opposant les États-Unis au Vietnam a pu générer chez eux un traumatisme tel qu'ils en auraient perdu tout bon sens et une grande partie de leur humanité. Ce que semblent froidement étayer les événements, à peine supportables, décrits à la manière de La Traque de Serge Leroy dans lequel la pauvre Mimsy Farmer était de son côté en proie aux agissements d'une bande de chasseurs français, des notables qui la violèrent et finirent par l'assassiner. Le malaise chez Peter Collinson est peut-être encore plus grand que chez le français, du fait de cette nonchalance dont font preuve trois amis de toujours, acquittés il y a longtemps pour un viol qu'ils avaient pourtant bien commis, lesquels semble avoir perdu une partie de leur conscience, de leur morale et de leur humanité sur le champ de bataille. Ken, Greg et Art sont le reflet d'une guerre qui n'a pas fini de les tourmenter. Sue et Martin sont amants et ont le malheur ou la malchance de s'être arrêtés devant la même station-service que les trois anciens soldats. Dès lors, ces derniers vont les suivre, les kidnapper, les humilier, violer la jeune femme puis les libérer afin d'en faire leur proie lors d'une parie de chasse (in)humaine...

Quarante-six ans après, Open Season n'a rien perdu de son impact. Le fait même que Peter Fonda, John Philip Law et Richard Lynch incarnent justement ces trois monstres froids accentue le malaise. Ces fameux interprètes, stars du cinéma et de la télévision passent du statut de ''héros'' à celui de monstres sans pitié, sans âme et sans cœur. En s’appesantissant si longtemps sur les actes psychologiquement déstabilisant, Peter Collinson dérange, malmène aussi bien son couple adultère que les spectateurs, témoins/voyeurs d'un asservissement et d'une humiliation abjectes qui trouve l'un de ses points culminants lorsque Martin assiste aux ébats contraints et forcés entre Nancy et Ken. Autre élément déstabilisant : plus encore que l'explication d'un traumatisme liée au conflit vietnamien, c'est peut-être cette injustice qui a bénéficié au trois ''chasseurs'' qui se croient alors au dessus de la loi et revendiquent donc la possibilité de tuer en toute impunité qui dérange davantage. Qu'il est long à venir ce court instant où l'on aimerait croire que la situation va tourner en la faveur des victimes. Mais comme cela arrive dans la majeure partie des cas, leur sort est noué dès le début. Tout juste le spectateur pourra-t-il être comblé lorsque viendra la vengeance tardive et inattendue du père dont la fille fut violée au début du film... Radical, nihiliste, jusqu'auboutiste, difficile de choisir le camp de ces trois hommes tourmentant leurs victimes après l'avoir été eux-mêmes. Open Season demeure une valeur sûre dans le domaine du Rape & Revenge. Une œuvre choc qui ne peut laisser personne insensible...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...