lundi 2 juillet 2018

Le Retour du Grand Blond d'Yves Robert (1974) - ★★★★★★★☆☆☆



Si Pierre Richard n'a pas joué dans beaucoup d’œuvres réalisées par l'acteur et réalisateur Yves Robert, il a cependant participé à quelques-une des plus populaires, et a même véritablement débuté une vraie carrière d'acteur chez lui en incarnant le personnage de Colibert aux côtés de Philippe Noiret dans Alexandre le Bienheureux en 1968. 1970 marque un tournant déterminant pour Pierre Richard qui en ce début des seventies réalise son tout premier long-métrage, Le Distrait, dont le personnage de Pierre Malaquet qu'il incarne à l'écran façonnera la personnalité d'une partie de ceux qu'il incarnera chez les autres ainsi que dans ses propres films. Deux ans plus tard, il incarnera pour la première fois à l'écran le personnage de Francis Perrin (qu'il reprendra à l'occasion de la suite, Le Retour..., ainsi que dans On Aura Tout Vu de Georges Lautner, Le Jouet de Francis Veber et La Chèvre du même réalisateur. Deux ans après le premier volet, gros succès commercial dépassant le millions d'entrées à sa sortie, Yves Robert met en chantier Le Retour du Grand Blond, toujours scénarisé par ses soins ainsi que par Francis Veber, et toujours incarné par Pierre Richard, la sublime Mireille Darc, Jean Rochefort, Jean Carmet et Paul le Person, lesquels sont désormais accompagnés de Michel Duchaussoy dans le rôle du Capitaine Gaston Cambrai, de Jean Bouise dans celui du ministre de la défense et le duo qui à l'occasion de ce second volet remplacera les interprètes qui incarnaient le binôme Chaperon et Poucet, Maurice Barrier et Jean Saudray, les acteurs Henri Guybet et Hervé Sand qui eux, incarnent Charmant et Prince.

Pour cette seconde aventure du grand blond Francis Perrin, le personnage interprété par Michel Duchaussoy tente de faire tomber le Colonel Toulouse en cherchant à prouver qu'il est responsable de la mort du Colonel Milan, savoureusement interprété par Bernard Blier dans le premier volet. Plus court d'une dizaine de minutes, Le Retour du Grand Blond est également légèrement en deçà du Grand Blond avec une Chaussure Noire en terme de qualité. Ce qui ne l'empêche pas d'être une très bonne suite, remplie d'excellents gags, à commencer par le héros lui-même, Francis Perrin, contraint d'obéir aux ordres de Toulouse s'il veut revoir la toujours aussi sensuelle Christine que le colonel a fait enlever.
Citer les nombreuses situations prêtant à rire et sourire prendrait une pleine page. Mais comment oublier les nombreuses scènes de Perrin échappant à la mort, à ce faux enterrement, cette fausse famille qu'on lui fait endosser et ce prêtre efféminé. Le grand blond débarquant à l'aéroport dans son costume d'agent secret (occasion pour le toujours impeccable Paul Le Person de surnommer Perrin, le grand blond avec une chaussure rouge), la rencontre avec le ministre, Jean Carmet ne sachant plus à qui se fier, ou encore l'anthologique scène de la fusillade montée de toutes pièces...

Lors du final, Yves Robert fait acte de présence dans le rôle du chef-d'orchestre. Bien que le film ait été tourné deux ans après le premier volet, les aventures de cette séquelles se situent deux mois seulement après la fin du Grand Blond avec une Chaussure Noire. Des trois diptyques que réalisera Yves Robert durant sa carrière, c'est le seul dont les deux volets n'auront pas été réalisés consécutivement puisque entre les deux, il réalisera un hommage aux seconds couteaux du septième art à travers Salut l'Artiste. Si l'on tend bien l'oreille, et que les rires n'étouffent pas le son du film (le cercueil insuffisamment rempli de cailloux), on entend très clairement les cloches de l'église sonner le thème principal du film composé par Vladimir Cosma. Bien que son personnage soit mort à la fin du premier volet, Bernard Blier fit part à Yve Robert de son désir de ré-endosser le costume de Milan pour cette suite, demande à laquelle il obtint le refus catégorique de la part du cinéaste qui lui répliqua cette phrase imparable : 'Impossible, tu es mort !'
Le Retour du Grand Blond, quarante-six ans après sa sortie, a conservé toutes ses qualités. Un film que l'on prend toujours autant de plaisir à (re)découvrrir, la meilleure approche étant de regarder les deux volets à la suite...


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